En Belgique, les bébés sont-ils en retard de langage ?

En Belgique, les bébés sont-ils en retard de langage ?

Au moins 4 à 6 mots à 15 mois. Au moins quelques phrases associant un sujet, un verbe, un complément et l’usage du « je » à 30 mois. Telle est la théorie. En pratique, de nombreux jeunes enfants sont à la traîne… Pourquoi ? Comment intervenir ? L’ONE a lancé une vraie recherche-action.

- Les premiers efforts pour remédier au retard de langage

- Retard de langage : le milieu socio-économique en cause

Les consultations sont régulières et les rapports de plus en plus complets… Depuis 2005, l’ONE ajoute aux informations liées au poids, à la taille, à la vaccination ou encore à l’alimentation de l’enfant, des notions sur son développement psychomoteur et langagier. Des observations précieuses rentrées ensuite à la Banque de Données Médico-Sociales (BDMS) de l’ONE…

Le retard se constate

Murielle Liegeois travaille à la BDMS depuis 9 ans. Épidémiologiste et statisticienne, elle fait partie de ceux qui analysent ces informations. « Nous avons remarqué que 50 % des enfants de 18 mois fréquentant les structures ONE disent moins de 6 mots. Quant à l’association d’un sujet, d’un verbe et d’un complément, 20 % des petits de 30 mois ne sont pas capables de la faire. Et 40% ne s’expriment pas encore en « je » à cet âge », explique-t-elle. Inquiétant ? Potentiellement lourd de conséquences en tout cas. « L’enfant en retard de langage peut ensuite développer des lenteurs à l’acquisition de la lecture ou encore de l’orthographe et donc des difficultés de scolarité. Il peut aussi se sentir moins à l’aise pour se sociabiliser », ajoute Murielle Liegeois.

Un rapport est en cours

Le rapport des données statistiques 2008-2009 est le premier dossier de l’ONE à pointer cette problématique. Dans la foulée, l’organisme a mis sur pied une recherche-action plus approfondie menée en partenariat avec les services universitaires de logopédie de l’ULg et de l’UCL. La démarche entreprise est double : «  le premier volet de l’étude consiste en une stimulation langagière par le biais d’une guidance parentale effectuée dans dix consultations différentes de l’ONE à raison d’une heure par semaine pendant quinze semaines. Le deuxième volet s’intéresse, lui, à chercher les meilleurs outils pour dépister les retards de langage », souligne Christelle Maillart, professeure de logopédie à l’université de Liège.

Des actions à venir

Les analyses de données sont en cours et un rapport devrait ponctuer l’étude dès la fin de l’année 2014. A côté de cela, l’Office ne perd pas de vue sa visée pratique. « On n’en restera pas là. Le but des études est bien souvent d’arriver à développer des actions afin d’améliorer la situation », précise Murielle Liegeois.

Fanny Leroy

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