Bataille : éducateurs et ergothérapeutes en maison de repos et de soins

Bataille : éducateurs et ergothérapeutes en maison de repos et de soins

Si certaines offres d’emploi et préjugés mentionnent que l’ergothérapeute a les mêmes tâches et missions que l’éducateur au sein des maisons de repos et de soins, ce n’est pas tout à fait le cas.

L’ergothérapeute a sa place dans une maison de repos et de soins depuis des années. Peu à peu, l’éducateur fait son entrée dans ce genre d’établissements. Beaucoup de préjugés les comparent et les confondent, voire les superposent. Petite mise au point entre le véritable métier d’ergothérapeute et celui d’éducateur.

Une stupide gue-guerre

Éducatrice de formation, lors de mes débuts en maison de repos et de soins, je travaillais en parallèle avec l’ergothérapeute de l’établissement. Elle accomplissait déjà des activités et prenait en charge les résidents autonomes lors des toilettes du matin. Ma première mission consistait à placer mes propres activités et de ne pas reproduire les objectifs de l’ergothérapeute. Elle se chargeait de la gymnastique et des ateliers de bricolage pendant que je gérais des ateliers sensoriels et de peinture. Pendant plusieurs mois, le personnel de la résidence comme les familles comparaient nos agissements jusqu’à créer entre nous une certaine compétition. L’activité de l’une était meilleure que l’autre « parce que... ». Au final, selon les dires des familles : « l’ergo fait la même chose que l’éduc et l’éduc copie sur l’ergo ». Il est certain que lorsque l’on demande simplement en quoi consiste les activités que nous menons, il peut y avoir des similitudes. Mais si on y regarde de plus près et que l’on prend le temps d’analyser, le déroulement et les objectifs à atteindre suivent une dynamique bien précise pour chaque métier.

L’ergothérapie traite le médical

L’ergothérapeute transforme l’environnement afin de contrecarrer les problèmes qu’engendre un handicap. Dans une maison de repos et de soins, l’ergo veille à ce que la personne âgée atteinte d’un handicap ou d’une déficience, physique ou psychomoteur, puisse continuer à vivre de manière autonome. Les activités menées cherchent la rééducation ou un plan « B » pour permettre une nouvelle indépendance. Par exemple, pour une personne âgée ayant des difficultés à se nourrir, les couverts sont contorsionnés et adaptés par l’ergo. La personne âgée peut ainsi s’en servir et se nourrir seule au lieu de dépendre d’une tierce personne ou d’un nourrissage médical. En activité, l’objectif principal se centre encore une fois sur l’autonomie de la personne âgée. Celle-ci réalise, par des jeux ou bricolages, des gestes à répétition destinés à lui réapprendre ce qui a été perdu ou lui enseigner une autre manière d’agir.

L’éducateur valorise le bien-être

En maison de repos et de soins, l’éducateur suit la même optique que l’ergothérapeute. Néanmoins, il n’est pas un expert du médical. S’il vise également l’autonomie, il cherche avant tout à répondre aux besoins de la personne âgée. C’est sa préoccupation. À travers un projet, l’éducateur va devenir un médiateur, utiliser des outils extérieurs et les mettre en place (garder le contact avec la famille, sorties culturelles, coiffeur et/ou soins esthétiques, horticulture...). Parfois pour une seule personne, parfois pour un groupe tout entier lorsque la problématique concerne plusieurs individus. Lors de ses activités, l’éducateur cherchera l’épanouissement des personnes âgées en atteignant divers objectifs qui répondent, indirectement, à leurs besoins. Une intervention externe n’est cependant pas toujours nécessaire. L’éducateur peut également se servir des points forts de la personne âgée et les mettre en avant (plaisir de vivre en communauté, talent artistique, désir d’une acquisition continue de connaissances, souvenirs positifs d’une vie passée...). Par exemple, une personne âgée à tendance agressive a trouvé l’apaisement à travers la peinture, un art qu’elle a exercé pendant longtemps et abandonné pour fonder une famille. L’éducateur observe, analyse et agit en fonction, dans le but premier de répondre aux besoins de la personne qu’il encadre.

Alors, qui est le meilleur ?

Personne n’est « le ou la meilleure ». Dans chaque établissement réside une équipe pluridisciplinaire composée de professionnels de métiers divers. Et si une telle équipe existe et que chaque métier porte un nom différent, c’est que chacun apporte ses bagages et sa manière de faire. Éducateurs et ergothérapeutes se ressemblent sans pour autant être identiques. Et leur travail en commun peut apporter beaucoup. Car tout n’est pas noir, pour ceux qui savent apporter des couleurs.

L’éduc Touche-à-tout



Commentaires - 2 messages
  • Merci pour cette précision qui vaut la joie d'être faite. Ce sont en effet des équipes pluridisciplinaires qui sont à l'oeuvre dans les maisons de repos et de soin. Que chaque professionnel puisse apporter sa propre contribution dans la complémentarité et l'harmonie avec ses collègues détenteurs d'autres compétences.

    Chris21 jeudi 2 mars 2017 08:56
  • malheureusement, l'ergo est souvent là pour faire les animations occupationnelles. Travaillant en MR/MRS depuis plus de 10 ans, je n'ai pas rencontré bcp d'ergos faisant leur "vrai" travail...
    Au contraire, j'ai rencontré bcp d'ergo ayant fait bcp de maisons de repos avant de trouver celle qui l'"autorisait" enfin à exercer réellement sa fonction.

    loutie mercredi 6 décembre 2017 23:14

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