Le transfert, qu’est-ce que c’est ? A quoi ça sert ?

Le transfert, qu'est-ce que c'est ? A quoi ça sert ?

Ce mystérieux transfert, ce mot à la mode dans le milieu psy, parfois incompris, souvent galvaudé, que signifie-t-il exactement ?

Indispensable dans la relation thérapeutique, inévitable, le transfert est un levier puissant de mise au travail mais aussi une source de nombreuses résistances. Et même s’il existe dans toute relation humaine, il prend dans le cadre de nos consultations une importance spécifique et majeure. Voyons donc comment ce mystérieux transfert est bien au cœur du processus thérapeutique, mais aussi comment, pour le psychologue, il s’agira de trouver en la matière la « juste place » thérapeutique.

Un sujet supposé savoir

Pour le névrosé, le thérapeute sait, il connait les réponses, il détient la clé de ses impasses, il est un « sujet supposé savoir ». Le transfert, c’est bien cette demande éperdue qui s’adresse au thérapeute et qui attend de lui le salut espéré. Cette certitude lui permet ainsi une exploration psychique de son propre savoir inconscient, comme un leurre qui, tel un catalyseur, permettra que « quelque chose se passe » pour le patient.

Une réactualisation des désirs

Cette relation singulière, ces rencontres répétées et cadrées, vont être pour le patient l’occasion de rejouer d’autres relations, d’autres tranches de vie, qui permettront alors de revivre, d’analyser, de comprendre des mécanismes singuliers et subjectifs des modes relationnels entretenus jusqu’alors. Le transfert est précisément cette réactualisation relationnelle, avec les ressentis qui l’accompagnent, dans une conscientisation qui permet leur mise au travail.

Des résistances qui se font voir

Le patient va donc revivre, avec son thérapeute, des mécanismes inconscients qui vont alors être nommés, mis en mots, partagés et élaborés en séance. S’ensuit la possibilité de se décaler par rapport à ces solutions de toujours pour construire, peu à peu, un autre éclairage, une autre manière de penser son rapport à soi et à l’autre. Mais ce transfert pourra aussi être l’occasion de résistances massives, entravant cette levée de refoulé, bloquant dans l’ici et maintenant de la séance ce qui concerne finalement une question à la fois plus vaste et plus ancienne.

Une illusion qui se détache

Se dégager de cette certitude que le savoir est chez son thérapeute est finalement une visée importante du travail thérapeutique. Mais pour que le patient se libère de cette illusion, celle qu’un autre, en l’occurrence son « psy », connait les réponses et sait quelle décision prendre, pour qu’il se dégage de cette croyance première et qu’il reprenne une place de sujet, le thérapeute lui aussi doit « nettoyer son écran » et offrir à son patient un espace de mise au travail dans lequel ses propres ressentis sont suffisamment conscientisés pour ne pas perturber le travail de son patient.  

Pour conclure

Finalement, pour le thérapeute, il est question de trouver la juste distance. Le premier écueil serait effectivement de vivre une réponse émotionnelle non maîtrisée qui viendrait alors empêcher l’écoute thérapeutique et la curiosité clinique. L’autre serait de se priver d’un ressenti qui peut pourtant constituer un outil puissant du travail thérapeutique. Entre les deux se dessine la juste place thérapeutique.

DB, psychologue

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