Les nouveaux enjeux du métier d'ergothérapeute

Les nouveaux enjeux du métier d'ergothérapeute

Le métier d’ergothérapeute se développe et se diversifie, notamment grâce à la recherche en ergothérapie. Marc-Eric Guisset, président de l’Union Professionnelle des Ergothérapeutes (UPE), revient sur les évolutions à envisager.

L’ergothérapie est un métier complexe, malheureusement pas toujours considéré à sa juste valeur. Elle couvre pourtant une multitude de domaines et tient une place importante dans le secteur du psycho-médico-social belge, puisqu’elle est reconnue comme profession paramédicale. En conséquence de cette reconnaissance et des nombreuses évolutions de la discipline, la législation autour du métier d’ergothérapeute pourrait être modifiées. Marc-Eric Guisset, président de l’Union Professionnelle des Ergothérapeutes (UPE), éclaircit ces nouveaux enjeux pour la profession.

[DOSSIER]

- De la psychomotricité à l’ergothérapie, concrètement
- L’ergothérapie, un métier en plein développement

Redéfinir les actes

Le premier point sur lequel la profession d’ergothérapeute pourrait évoluer est son profil de compétences. En effet, la description des actes de l’ergothérapeute date de l’Arrêté Royal du 8 juillet 1996. Or, depuis, les connaissances et les pratiques, notamment grâce à la recherche en ergothérapie, ont évolué. Le développement des nouvelles technologies, qui bouleverse déjà le secteur de la santé, change aussi la donne en ergothérapie. Pour Marc-Eric Guisset, "ces descriptions de nos actes demanderaient une révision urgente."

Lorsque la ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block, en a fait la demande comme à toutes les professions de santé, la Fédération Nationale Belge des Ergothérapeutes (FNBE) a ainsi réalisé un profil de compétences du métier d’ergothérapeute. Pourtant, l’association, composée de l’Ergotherapie Valaanderen (VE) et de l’UPE, a choisi de ne pas le communiquer pour le moment. Le président de l’UPE explique ce choix : " Nous attendons toujours de savoir à quoi vont servir ces profils. Est-ce pour dispenser des compétences lors de la formation qui semblent identiques entre professions, est-ce pour que les professionnels sur le terrain qui ont des compétences communes soient choisis en fonction de leur barème, de leurs disponibilités ? Vu le manque de communication à ce sujet, il est difficile d’envisager ce qu’il apporterait."

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De nouveaux champs d’action

Si une nouvelle description des actes de l’ergothérapeute est nécessaire, c’est aussi que les domaines dans lesquels il intervient se diversifient. Dans les années à venir, l’UPE espère ainsi que l’ergothérapie sera inscrite dans les nouvelles législations en matière de réintégration au travail pour les malades chroniques. "De par sa formation, sa vision au carrefour des domaines psycho-sociaux-(ré)éducatif, l’ergothérapeute est l’un des professionnels qui a naturellement le plus de compétences pour l’accompagnement à la reprise du travail", poursuit Marc-Eric Guisset.

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Bientôt un Code de déontologie belge

Preuve de l’implantation de l’ergothérapie dans le secteur paramédical belge, la rédaction d’un Code de déontologie est actuellement en cours. En effet, les ergothérapeutes dépendent pour le moment du Code Ethique de la Fédération Mondiale des Ergothérapeutes (WFOT en anglais). "Depuis quelques années un groupe de travail bilingue travaille sur l’adaptation de celui-ci au contexte belge. Ce code éthique belge est aujourd’hui en finalisation de rédaction et devrait apparaitre d’ici la fin de l’année sur les sites internet de la FNBE, la VE et l’UPE" affirme le président de l’UPE. Actuellement, il appartient aux commissions médicales de sanctionner les ergothérapeutes en cas de non-respect de la déontologie, mais un Ordre des ergothérapeutes pourrait être envisagé. En effet, Maggie De Block a évoqué, suite à la réforme de l’Arrêté Royal 78, la mise en place d’un Ordre pour chaque profession de santé. Sur cette question, Marc-Eric Guisset demeure circonspect : "A l’heure actuelle nous n’en savons pas plus pour les ergothérapeutes."

La rédaction



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