L'ergothérapie, un métier en plein développement

L'ergothérapie, un métier en plein développement

L’ergothérapeute est un acteur du secteur paramédical qui s’adresse aux personnes présentant un dysfonctionnement physique, psychique ou social. Aux vues des évolutions du métier, la formation pourrait bien changer. Explications avec Marc-Eric Guisset, président de l’Union Professionnelle des Ergothérapeutes (UPE)

L’ergothérapeute, souvent confondu avec l’éducateur ou avec le kinésithérapeute, est un professionnel du paramédical. Il s’adresse à des patients porteurs d’une affection psychique, physique ou sociale et tente d’optimiser leur vie personnelle, mais aussi leurs occupations personnelles et loisirs grâce à des activités adaptées aux capacités de chaque personne. Suite aux évolutions dans la recherche scientifique qui entoure l’ergothérapie, l’Union Professionnelle des Ergothérapeutes (UPE) souhaite revaloriser le métier en allongeant sa formation.

[DOSSIER]

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- Les nouveaux enjeux du métier d’ergothérapeute

Une formation différente selon les communautés

En Belgique francophone, les étudiants doivent suivre un Bachelier professionnalisant de 3 ans en Haute Ecole pour devenir ergothérapeute. En revanche, en Flandre, le Bachelier peut être suivi d’un master en un an, qui permet aux étudiants de développer leurs compétences. Pour l’UPE, la formation francophone n’est pas suffisante, elle serait "trop étriquée, ce qui entraîne le ’rabotage’ des matières". Pour rappel, les cours sont composés de matières scientifiques comme la chimie ou l’anatomie, de sciences humaines (psychologie, pédagogie...) et de cours plus pratiques sur les techniques d’expression, l’aménagement de l’environnement ou encore des mises en situation. La formation propose aussi une part importante de stages, surtout en troisième année.

Le président de l’UPE, Marc-Eric Guisset, déclare ainsi qu’il espère "que comme de nombreux pays européen, la Belgique francophone reverra à la hausse le temps de formation."

Enrichir la formation de la recherche scientifique

Si l’UPE souhaite se créer un master pour les ergothérapeutes, c’est que la recherche en ergothérapie s’est beaucoup développée ces dernières années. Ainsi, selon son président, le fait de ne pas avoir accès à un master en ergothérapie "limite la possibilité de développement du métier qui ne peut montrer ses apports à la société par des écrits scientifiques". Ainsi, une formation plus longue permettrait à la fois de développer une approche plus large de l’ergothérapie, mais aussi d’accorder la possibilité aux professionnels de faire de la recherche.

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Des compétences qui s’étendent

Avec l’avènement de la recherche scientifique en ergothérapie, les champs d’action et les compétences des professionnels s’étendent. En effet, Marc-Eric Guisset explique que l’ergothérapie "tend vers un nouveau paradigme qui se veut plus biopsychosocial". Cela signifie que le praticien a pour objectif de créer pour le patient (et avec lui) une nouvelle relation avec son environnement physique, social et culturel.

Ce nouveau paradigme élargit la pratique du métier. Si l’ergothérapeute exerce traditionnellement en pédiatrie, en médecine physique, en psychiatrie, en gériatrie ou encore dans les milieux scolaires, les étudiants doivent aussi se préparer aux nouveaux enjeux de la profession. Le président de l’UPE cite ainsi "la réintégration au travail pour les malades chroniques, l’accompagnement de l’enfant dans sa scolarité, l’approche en santé communautaire ou l’action sur l’Occupation Humaine" comme les nouveaux champs d’action auxquels seront confrontés les ergothérapeutes.

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La rédaction



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