De la psychomotricité à l'ergothérapie, concrètement

De la psychomotricité à l'ergothérapie, concrètement

Les psychomotriciens n’ont pas la vie facile depuis la décision de Maggie De Block de ne pas reconnaître leur métier comme profession paramédicale. Pour les étudiants qui souhaitent se réorienter, une passerelle vers l’ergothérapie a donc été créée.

La décision de Maggie De Block de ne pas considérer la psychomotricité comme profession paramédicale n’empêche pas les étudiants de se diriger vers cette filière. Pourtant, une solution devait bien être trouvée pour ceux qui désiraient se réorienter vers un métier reconnu. Une passerelle a donc été créée vers l’ergothérapie, qui a quelque peu inquiété le secteur lors de son élaboration : en cause, un nombre de crédits insuffisants par rapport aux standards internationaux. Aujourd’hui, les modalités de la passerelle ont été revues. Marc-Eric Guisset, président de l’Union Professionnelle des Ergothérapeutes (UPE), fait le point sur cette mesure.

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Une passerelle adaptée

L’Académie de Recherche et de l’Enseignement Supérieur (ARES) a proposé à la fin de l’été dernier une passerelle entre les études de psychomotricité et d’ergothérapie de 102 crédits ECTS. La plupart des écoles ont pourtant choisi de la réaliser en plus de 108 crédits, "ce qui garantit la validité du diplôme aux futurs ergothérapeutes non uniquement au niveau régional mais surtout au niveau national et international", souligne Marc-Eric Guisset. Cela met donc fin à la polémique autour d’une passerelle à 90 crédits. Selon le président de l’UPE, malgré cette augmentation des exigences, "tous les étudiants diplômés en psychomotricité intéressés par la formation en ergothérapie ont pu intégrer une école et disposer d’un programme adapté à leurs compétences acquises."

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La reconnaissance internationale en jeu

Si le nombre de crédits ECTS - ces points octroyés à une formation proportionnellement au volume de travail - demandés pour la passerelle vers l’ergothérapie a augmenté, c’est que la proposition d’une passerelle à 90 crédits n’était pas suffisante pour une reconnaissance à l’international des professionnels. "L’UPE a interpellé le ministre de l’Enseignement supérieur dans une optique constructive en tant que ’lanceur d’alerte’. En effet, 108 crédits étaient un minimum demandé par la Fédération Mondiale des Ergothérapeute (WFOT) pour la reconnaissance internationale du diplôme", explique Marc-Eric Guisset. Les ergothérapeutes ont donc eu peur de voir leur métier dénigré par une passerelle incomplète. Une inquiétude qui se comprend d’autant mieux au regard des évolutions de l’ergothérapie. En effet, depuis plusieurs années, le métier se développe et se diversifie, posant même la question de la création d’un Master en ergothérapie en Belgique francophone.

Se réorienter, vraiment une solution ?

La passerelle étant désormais disponible et mieux adaptée, la cohérence d’une réorientation reste à questionner. En effet, les métiers de psychomotricien et d’ergothérapeute restent bien différents. Ils partagent bien des prestations techniques, mais c’est aussi le cas avec les kinésithérapeutes ou les logopèdes. En ce sens, le psychomotricien et l’ergothérapeute ont des approches complémentaires, mais qui restent bien différentes, notamment du point de vue de leurs finalités. Ainsi, on peut comprendre qu’un étudiant qui a choisi la psychomotricité ne souhaite pas changer de filière, puisque cela correspondrait à modifier véritablement son plan de carrière.

Les psychomotriciens continuent le combat

Afin de ne pas rapprocher de manière superficielle deux métiers différents, le combat des psychomotriciens reste donc entier. A ce sujet, l’UPE précise qu’elle ne prend pas part au débat. "Nous ne sommes en rien actifs dans le dossier de la psychomotricité", souligne son président. Suite au rejet des premiers recours des psychomotriciens, l’Union professionnelle belge des psychomotriciens francophones (UPBPF) et la Fédération des Etudiants francophones (FEF) ont repris les armes cette année pour des actions de fond. Une stratégie qui semble d’ailleurs payer, puisque qu’ils ont remporté en mars dernier une première victoire : la Cour Constitutionnelle et la Cour de Justice de l’Union Européenne devraient examiner certaines questions du dossier prochainement. En attendant, leur diplôme reste bien accueilli dans le secteur de l’Education et de l’Enfance et la demande demeure.

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La rédaction



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