L'accompagnement périnatal auprès du père lors d'une séparation

L'accompagnement périnatal auprès du père lors d'une séparation

Dans mon travail en périnatalité, il arrive que le couple parental soit séparé dès la grossesse. Le travail est donc plus compliqué et double puisque nous devons permettre à chacun d’y trouver sa place.

Quand un couple se sépare durant la grossesse, on a tendance à se centrer sur la mère. Pourtant, le père est bien présent malgré la séparation et a un rôle très important. Il faut donc trouver un juste milieu entre la place qu’on peut donner à la mère et la place du père tout en laissant le bébé au centre de notre intervention.

La séparation

Une séparation n’est jamais anodine, mais quand elle se fait durant une grossesse, elle est souvent vécue comme un abandon de la part de la future maman. Quand notre équipe intervient pour la première fois, la séparation a souvent déjà eu lieu. La femme que nous avons en face de nous est envahie par la colère et refuse tout contact avec l’homme qui l’a abandonnée. Elle souhaite même que le père ne puisse prendre aucune place auprès de son futur bébé. Notre rôle, en tant qu’équipe périnatale, sera de redonner la place au futur papa, d’amener cette maman à dépasser sa colère et penser aux besoins de son enfant et qu’il a besoin d’un père. Souvent, même si au départ elle refuse qu’on ait un contact avec le futur papa, petit à petit, nous pouvons prendre contact avec lui et lui redonner sa place de père.

Les droits et devoirs du père

Rencontrer le futur papa n’est pas toujours facile. Soit il travaille et nous ne savons pas le voir, soit il ne souhaite pas entamer un travail avec notre équipe et considère qu’il n’y a aucun soucis. Quand, au contraire, il est preneur de notre intervention, il est souvent inquiet par rapport à ses droits et ses devoirs. Il a peur de ne pas avoir sa place auprès de son enfant. Nous sommes donc là pour lui expliquer, dans un premier temps, les démarches qu’il va devoir entreprendre pour être reconnu comme le père de l’enfant. La reconnaissance de paternité entraîne des droits, mais aussi des devoirs. Il sera autant responsable de l’enfant que la maman, il devra peut-être payer une pension alimentaire, partager les frais médicaux ... Notre rôle sera de l’informer et de le guider.

La garde

Quand les questions sur la reconnaissance de paternité sont éclairées vient très vite la question du droit de garde. Les avis sont très divergents sur la question. Certains disent qu’un bébé ne peut pas être séparé de sa maman et d’autres vont dire que le père a autant le droit de garde que la mère. Notre équipe préconise pour un nourrisson et surtout si la maman allaite, que le père peut le voir tous les jours durant des petites périodes, mais surtout pas de nuitée. En fonction de l’ampleur des conflits dans le couple parental, nous conseillons vivement, soit de faire une convention à l’amiable, soit d’acter les accords ou d’obtenir des accords devant un juge. Pour le bon développement du bébé, une régularité dans les contacts est importante, mais aussi que l’organisation de ces contacts soit claire pour tout le monde. Cela évite des conflits et des disputes inutiles.

Place du travail avec le père en périnatalité

Quand les questions d’ordre juridique ont pu être éclaircies, le travail de soutien peut être entamé. Certains pères sont complètements démunis à l’idée d’avoir un bébé chez eux et ne savent pas ce qu’ils doivent avoir comme matériel, comment on change un lange, etc. Nous allons donc les guider dans le choix de ce matériel, dans les jouets à acheter, dans les gestes de la vie quotidienne qui peuvent paraître simples, mais qui pour ces papas représentent un stress. Nous leur montrons comment on joue avec un bébé, qu’il faut lui parler, que son enfant a déjà énormément de compétences et ce dès sa naissance. Tout ce travail lui permettra de prendre sa place auprès de son bébé, qu’il puisse acquérir une confiance en lui et en ses compétences de père.

Disponibilité du père

Certains papas ne sont pas disponibles en journée car ils travaillent et sont, malgré tout, preneurs de notre intervention. Pour eux, notre équipe a créé un groupe en soirée où les parents sont invités à se rencontrer autour de leur bébé. Jusqu’à présent, ce groupe a été proposé pour des familles qui ont déjà été suivies durant plusieurs mois et où le travail de fond a déjà été fait. Les deux parents doivent venir et avoir la possibilité de mettre de côté leurs conflits conjugaux pour pouvoir se centrer sur leur bébé. Il arrive aussi à notre équipe d’accepter de faire des consultations en soirée afin de pouvoir les rencontrer individuellement.

Et quand le père refuse notre intervention ...

Malheureusement, il arrive que le père refuse notre intervention. Dans ce cas, s’il est d’accord que nous continuions à intervenir auprès de son enfant, nous nous recentrons uniquement sur la mère. S’il refuse que l’on rencontre son enfant, nous devons arrêter notre intervention. Notre équipe ne peut pas rencontrer un enfant sans l’accord des deux parents. Quand cela arrive, soit l’équipe est inquiète pour l’enfant et nous devons passer le relais à un autre service comme le SAJ, soit l’enfant va bien, se développe correctement et nous arrêtons notre intervention.

CD, assistante sociale

[A lire]

- Les transports en milieu hospitalier, une chasse à la solution
- Organiser la sortie de l’hôpital avant l’entrée du patient
- Communication entre le service social et lechirurgien : en évolution ?
- Gérer l’agressivité en milieu hospitalier
- Indépendant hospitalisé : quelles solutions ?
- Aider une famille monoparentale, un leurre ?
- Le placement en urgence, décision difficile à prendre !
- Le placement en maison de repos après une hospitalisation
- Distribution de la pilule du lendemain au sein du planning familial.



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus