Actes supplémentaires : infirmières versus aides-soignantes

Actes supplémentaires: infirmières versus aides-soignantes

Les aides-soignantes pourront bientôt poser des actes supplémentaires au bénéfice du patient. Une décision de la Ministre de la Santé, Maggie De Block, qui fait frémir l’association belge des praticiens de l’art infirmier. Du côté des aides-soignantes, la nouvelle est accueillie plutôt positivement.


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Vous verrez bientôt des aides-soignantes administrer des gouttes oculaires ou mesurer le taux de glycémie ou la tension  ! Contre une formation de 150 heures, ces professionnelles pourront poser cinq actes supplémentaires. Cette nouvelle disposition est, en fait, une expansion d’un arrêté royal de 2006, qui autorisait les infirmières à déléguer 18 activités aux aides-soignants, toujours sous la supervision d’une infirmière.

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Deux métiers, deux avis

Une décision qui ne plait pas à l’association belge des praticiens de l’art infirmier (acn)  ! Selon elle, la mesure de la ministre comporte un risque pénal trop important pour les infirmiers. Au vu des conditions de travail actuelles des infirmières, il lui semble impossible «  d’effectivement évaluer le patient avant toute délégation d’acte, puis de pouvoir contrôler si l’acte a été posé correctement  ».

Du côté de la CNE, qui compte beaucoup d’aides-soignantes dans ses rangs, on se réjouit plutôt de la nouvelle. «  C’est un bonne idée ce rajout d’activités aux aides-soignantes. Ce sont des actes qui peuvent être posés sans danger. Ils peuvent absolument être transmis aux aides-soignantes  », explique Yves Hellendorff, Secrétaire National CNE.

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Quid de la formation  ?

Des deux côtés, la formation ainsi que sa mise en place posent question. Pour l’instant, toute future aide-soignante pourra se voir déléguer 5 nouvelles activités par les infirmiers, la formation étant rajoutée dans son cursus. Quant aux anciennes, elles vont devoir suivre une formation complémentaire de 150 heures. Ces dernières ne recevront aucun visa supplémentaire ou un document de l’état. C’est à l’employeur de s’assurer si l’aide-soignante a été formée. Pour l’acn, cette impossibilité matérielle de vérification est trop risquée pour l’infirmière.

Pour Yves Hellendorf, il faut, avant tout, clarifier le fait de savoir si, à terme, cette formation sera obligatoire «  Cela va avoir un impact sur l’organisation de travail. Par exemple, prenons un service où travaille 4 infirmières et 4 aides-soignantes. Le fait qu’elles soient, ou non, formées change toute l’organisation de l’infirmière en chef  ».

Mais il faut aussi que tout soit mis en place afin que toutes les aides-soignantes puissent y bénéficier facilement. «  La formation doit pouvoir se faire pendant le temps de travail, évidemment, et dans des institutions accessibles. Nous avons donc interpellé les ministres de l’Enseignement de la Communauté Française, afin de connaitre leurs dispositions  », conclut le secrétaire.

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