Aide à la jeunesse : le désarroi d’une juge et renfort annoncé par Glatigny

Aide à la jeunesse: le désarroi d'une juge et renfort annoncé par Glatigny

Une juge de la jeunesse se sent impuissante face à la situation des mineurs en danger qui se retrouvent abandonnés à leur sort, faute de places dans les institutions. Pour répondre aux besoins du secteur, la ministre de l’Aide à la jeunesse annonce des ressources financières et humaines.

Il n’y a jamais eu autant d’enfants victimes de maltraitance familiale du côté francophone du pays, indique la DH. Or, les institutions spécialisées sont saturées. La juge Catherine Anthonissen raconte les implications pour son métier tandis que Valérie Glatigny, ministre de l’Aide à la jeunesse, s’engage à un soutien financier et un renfort en personnel pour faire face à la situation critique.

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“Je suis obligée de laisser des enfants dans la souffrance”

Catherine Anthonissen est juge de la jeunesse depuis un an. Ce métier implique une responsabilité qui pèse sur ses épaules : devoir laisser des enfants en danger dans le noyau familial car il n’y a pas assez de places dans les établissements adaptés. “Moralement c’est très dur d’encaisser ce genre de choses”, confie la juge à la DH au bord des larmes. “On fait son possible […] mais je ne peux pas inventer des places, inventer des institutions et concrètement je suis obligée de laisser des enfants dans la souffrance, clairement.”

Un temps d’attente de deux ans

Pour placer un enfant en danger, Catherine Anthonissen doit l’inscrire sur une liste des capacités réservées. Or, aujourd’hui, “le temps d’attente de cette liste est de pratiquement deux ans. L’année passée, il était d’environ un an”, déplore la juge à la DH. Comme beaucoup d’autres, elle doit faire preuve d’ingéniosité pour trouver des solutions d’urgence.

Une aide financière

Consciente de la problématique liée à ces enfants, la ministre Glatigny a obtenu un financement de 300 000€ pour soutenir le secteur. La prise en charge des enfants en danger sera également prise en considération dans le plan de relance européenne. A cet effet, une partie du budget sera allouée à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Un renfort humain

Jusqu’à présent, “39 places supplémentaires d’hébergement temporaires ont été ouvertes durant la première vague et 50 équivalents temps plein ont également été engagés”, précise la ministre à la DH.

En manque de personnel, les 4 services d’hébergement spécialisés pour les enfants de 0 à 6 ans se verront octroyer un montant de 500 000€ pour augmenter leurs effectifs. 500 000€ supplémentaires seront débloqués pour engager des travailleurs qui effectueront des missions de coordination dans le secteur de l’Aide à la jeunesse.

Vers une prise en charge plus rapide

Quant aux délais de placement, Valérie Glatigny promet de faire du mieux qu’elle peut. Comme certains jeunes ont recours à plusieurs secteurs à la fois (ex : handicap, santé mentale...), les temps d’attente sont parfois encore plus longs. Pour plus d’efficacité, les autorités ont “mis sur pied un groupe de travail rassemblant les administrations en charge de la gestion du handicap et de l’aide à la jeunesse”, déclare-t-elle.

Parmi les projets en cours, la ministre s’attaque à la création d’une IPPJ à Bruxelles ainsi qu’un programme contre le décrochage scolaire.

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