ASBL Le Bataclan : un combat pour l’autonomie des personnes handicapées

14/12/21
ASBL Le Bataclan : un combat pour l'autonomie des personnes handicapées

Le Bataclan est une ASBL qui propose des services pour personnes handicapées, depuis 1976, dans l’objectif de promouvoir leur autonomie. Afin de permettre l’utilisation “au mieux de leur potentiel en vue d’une participation plus active dans la société”, l’association agit au travers de plusieurs missions : Accompagnement, loisirs et éducation permanente. Anne-France Peyskens, directrice depuis un an, nous explique l’importance de ces services. 

Après le GAMP, ce sont dans les locaux de l’ASBL Le Bataclan que le Guide Social s’est rendu afin d’en savoir plus concernant ses services autour du handicap. A travers une vision globale de la personne, c’est l’autonomie maximale que cherche à générer l’ASBL. L’emploi et le logement sont les deux gros piliers de son activité avec aussi la proposition de loisirs pour tous et toutes. 

 - A lire : Les combats du GAMP : « Le handicap est le parent pauvre des politiques sociales ! »

Le service d’accompagnement  

Pour être suivi.e.s par le Bataclan, les personnes doivent être reconnues ou susceptibles de l’être par un organisme officiel tel que le service PHARE de la COCOF et/ou la direction générale Personnes Handicapées et être domiciliée ou en avoir le projet à Bruxelles. 

Les handicaps qui sont les plus représentés ici sont les handicaps mentaux légers. Mais notre public compte aussi des personnes avec des handicaps physiques et sensoriels” nous confie Anne-France Peyskens. Il y a également un service d’accompagnement des personnes sourdes composé d’interprètes en langue des signes pour des interventions en interne ou externe. 

La mission principale du Bataclan est le service d’accompagnement qui démarre dès l’âge scolaire jusqu’à 65 ans.” précise la directrice. “Nous aidons la personne à maintenir son niveau d’autonomie ou à la rendre encore plus autonome. Ce service fonctionne comme un service social avec un rendez-vous toutes les deux semaines.” Et les demandes peuvent être très diverses : besoin d’aide pour trouver un logement, un emploi ou une aide administrative pour comprendre un document du CPAS par exemple.  

Le manque de place : la plus grosse difficulté 

Lors de la recherche de logements, l’équipe du Bataclan doit faire face à des difficultés bien connues des ASBL dont l’objet social est le handicap : le manque de place et d’accessibilité. “ Sur le terrain, on se heurte au manque de place et de logements à prix démocratique ou adapté. Quand les personnes sont très précarisées avec des enfants, l’attente pour les logements sociaux se compte en années. La difficulté est de trouver un logement adapté à la situation familiale ou au handicap.” 
Ainsi, pour contrecarrer cette réalité, l’ASBL développe des partenariats avec d’autres structures  :  “Nous sommes en partenariat avec la fondation Portrait qui met à disposition un immeuble rénové avec 4 studios et une salle communautaire. Cette fondation aide les personnes handicapées à comprendre tout ce qui relève de la justice, à gérer le départ des enfants du domicile familial avec le projet “Après-parents” et met en place des logements communautaires.” 

L’éducation permanente : l’importance de sensibiliser 

Le deuxième agrément, de la Fédération Wallonie Bruxelles, dont jouit l’ ASBL est l’éducation permanente. Ce service permet la sensibilisation des bénéficiaires à tout un ensemble de faits de société, de normes et de règles permettant une meilleure inclusion. “Par exemple, on sensibilise à la manière de se présenter devant un employeur. Pour le COVID nous avons organisé des sessions autour de l’hygiène. On prévoit également un dîner-débat autour des élections (quels sont les différents partis  ? Pourquoi et comment voter ?)” ajoute Anne France Peyskens. 

C’est différents moments de sensibilisation des bénéficiaires sont couplés à des formations des futur.e.s employeurs. “On fait également des formations au sein d’ASBL ou auprès d’employeurs d’entreprises afin qu’ils.elles sachent quelles aides sont possibles à obtenir et comment adapter le travail pour les différents types de handicaps.“ 
Les structures les plus demandeuses sont les ETA (Entreprises de Travail Adapté) ou les services publics, comme les communes. La directrice ajoute : “On a aussi des écoles d’assistant.e.s sociaux.ales qui cherchent à connaître les différents services disponibles pour les personnes handicapées.” 

Les freins à l’intégration vers l’emploi  

Après 10 ans d’expérience et de rencontres d’acteur.rice.s sociaux.ales, les difficultés qui perdurent sur le terrain pour Anne-France Peyskens sont : “ Le temps et le manque de service de référence au sein des structures. Je pense qu’il faut désigner un.e référent.e pour la personne handicapée vers le.laquel.le elle peut se tourner en cas de difficultés. C’est ce qui va permettre une meilleure inclusion de la personne dans son environnement de travail. Le.la référent.e permet de se sentir écouté.e, considéré.e et rassuré.e par rapport aux missions à accomplir.” 
Par manque ou inexistence de ce genre de poste au sein des entreprises ou ASBL, l’accompagnatrice emploi de l’ASBL joue souvent le rôle de référente pour les personnes handicapées qui intègrent une structure.  

“Le manque de place encore une fois” 

Et qu’en-est-il des employeurs ? Quels freins identifient-ils.elles à l’embauche de personnes en situation de handicap ? Pour la directrice, le constat est triste et redondant : ”Le manque de place encore une fois. Malgré les avantages pour l’employeur d’embaucher une personne en situation de handicap, il n’y a pas toujours la place.”  
Le handicap joue également un rôle : “Parfois, les personnes ne sont pas assez autonomes ce qui amènent des difficultés de maintien à l’emploi, s’il n’y a pas de suivi régulier au sein de la structure.” 

Et enfin  : “Le manque de débouchés comme pour tout le monde. Mais dans les ETA, c’est encore plus bouché que dans le milieu ordinaire.” 

Une évolution positive ? 

Les lignes n’ont pas beaucoup bougées en 10 ans” regrette la directrice. Malgré une sensibilisation à l’emploi, de plus en plus présente, remplir les objectifs de logements et d’emplois restent compliqués à atteindre. D’autant plus que le Covid a marqué un réel coup d’arrêt dans les projets entrepris dont les répercussions en termes de précarités sont lourdes. :  “Il y a de plus en plus de demandes, avec une précarité toujours plus importante... Après le combat continue.” 

En effet, la situation sanitaire et sociale n’a en rien entaché la motivation de l’équipe du Bataclan qui développe des partenariats afin de répondre le plus rapidement possible aux demandes : “ On crée des partenariats pour améliorer les conditions d’existence des personnes handicapées, par exemple avec BruforHome qui possède un bâtiment avec quatre studios priorisés pour les personnes handicapées. C’est d’ailleurs un de leur cheval de bataille. Ils.elles cherchent à rendre prioritaire les personnes handicapées pour un certains quota de logements sociaux.” 

Anne-France Peyskens ajoute : “Comme pour beaucoup de chose, le terrain identifie des problèmes et trouvent des solutions assez rapidement mais nous ne sommes pas les seul.e.s décisionnaires et ça prendre donc du temps. Peut-être que dans 10 ans, ça aura bougé.” 

L’importance de l’entourage 

L’accès à l’autonomie passe par un réseau élargi. La directrice a pu identifier que plus une personne est entourée, plus elle sera autonome. L’aide que peut apporter l’ASBL n’est que ponctuellement toutes les deux semaines. Ce qui peut se révéler insuffisant pour des personnes avec peu d’autonomie : “ Pour chaque bénéficiaire, nous avons une carte réseau avec la personne au centre et toutes les catégories de réseaux qui gravitent autour d’elle  : les parents, les fratries, les centres et les professionnel.le.s de la santé. Au plus, il y a de personnes autour, au plus le travail va être riche et au plus la personne pourra gagner en autonomie. Quand on voit les personnes isolées, sans famille, ce sont souvent les dossiers les plus lourds car ils n’ont que nous.” 

Plus d’interprètes 

Le service d’accompagnement des personnes sourdes fait face à un problème récurrent : le manque d’interprètes, alors qu’ils.elles sont la clé de leur autonomie  : “ Nos revendications concernent en majorité le public sourd. Ces personnes se sentent fortement discriminées. Pour chaque démarche administrative par exemple, elles ont besoin d’un.e interprète. Malheureusement, il y en a très peu. Donc, les personnes sourdes se retrouvent souvent seules à devoir gérer sans accès à la communication. Par exemple, il y a quelques mois, plusieurs accompagnatrices en langue des signes ont été absentes. Cette situation nous a montré le décalage entre la faiblesse des ressources disponibles et la demande très importante.” 

Projets futurs  

L’ASBL déménage d’Etterbeek vers Schaerbeek : “dans un immeuble plus adapté aux bénéficiaires, activités et accompagnements.” 

Enfin, le service d’éducation permanente a mis en place un projet sous le nom de GreenDeal. Il consiste en la création de produits ménagers biologiques par les personnes handicapées. “Nous cherchons des partenaires pour vendre nos produits” précise Anne-France Peyskens. Enfin, un projet repoussé plusieurs fois à cause de la crise Covid devrait voir le jour ces prochains mois. Il s’agit d’un outil de sensibilisation autour des handicaps à travers une BD.  



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