Ministre Désir : “L’enseignement spécialisé au cœur de mes réflexions”

Ministre Désir:

Au bord du gouffre, les directeurs de l’enseignement spécialisé se sentent ignorés par les autorités publiques. La ministre de l’Education, Caroline Désir, a tenté de rassurer le secteur en apportant quelques éléments de réponse lors d’une commission permanente.

Lors de la commission du 9 décembre, la députée Mathilde Vandorpe (cdH) a fait part de ses inquiétudes face à l’inaction des autorités concernant l’enseignement spécialisé. Elle a rappelé le “sentiment d’oubli” des directeurs, d’être “laissés pour compte” et “l’impression que rien n’est prévu pour eux”. Vu la situation actuelle, “ils se retrouvent parfois fort seuls pour gérer cette crise, avec trop peu d’aide administrative ou éducative et ils font avec les moyens du bord, ils bricolent et s’adaptent jour après jour”, a-t-elle insisté. Lors de ce débat, Caroline Désir a apporté quelques précisions sur les avancées concernant le secteur du spécialisé.

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“Ne croyez pas que j’oublie ce public”

Suite à l’inquiétude de la députée, Caroline Désir s’est empressée de la rassurer : “Ne croyez pas que j’oublie ce public : il est au cœur de mes réflexions. Je comprends que les différentes directions ont régulièrement l’impression d’être les oubliées de la gestion de la crise. J’insiste sur le fait qu’il n’en est rien !” La ministre a d’ailleurs ajouté que ses deux collaboratrices, des anciennes enseignante et directrice de l’enseignement spécialisé, apportent leur expertise du terrain lors de chaque concertation sur les mesures prises relatives à la crise.

Si les mesures pour ce secteur prennent plus de temps, indique Mme Désir, c’est parce que la situation de l’enseignement spécialisé est complexe comme elle recouvre différents types d’enseignements. Cela complique donc l’application des mesures sanitaires.

Rencontre avec les représentants des associations des directeurs du spécialisé

Autre point rassurant, Caroline Désir a rencontré à plusieurs reprises les directions d’école de l’enseignement spécialisé lors de visites d’école mais aussi dans un cadre plus formel, en visioconférence surtout, où ils ont discuté de sujets “tels que la mise en œuvre des pôles territoriaux, les transports scolaires et l’avenir de l’enseignement spécialisé”. Elle a ajouté que ses collaboratrices les rencontrent encore plus souvent.

La tension barémique : une question transversale

Du côté de la question sur la tension barémique, les nouvelles sont moins bonnes. Selon Mathilde Vandorpe, la tension barémique entre les directions et leurs enseignants, qui est la même pour tous les autres directeurs aujourd’hui, est un enjeu crucial pour assurer l’attractivité du métier. Une problématique à laquelle la ministre n’a pu donner de réponse car c’”est une question transversale qui fait l’objet d’une réflexion plus globale.” Pour la députée, vu la situation actuelle, il faut malgré tout avancer dans ce dossier “sans attendre de la lier à la formation initiale des enseignants.”

L’accès à la formation au tronc commun

Comme l’a signalé Mme Vandorpe, les directeurs de l’enseignement spécialisé n’ont pas accès à la formation liée au futur tronc commun. Cela devrait cependant changer puisque la ministre souhaite “que les membres du personnel de l’enseignement spécialisé titulaires d’une fonction de recrutement ou d’une fonction de promotion puissent bénéficier de telles formations.”

Elle a proposé au gouvernement d’intégrer d’abord comme bénéficiaires de ces formations “les enseignants de l’enseignement spécialisé qui sont impliqués dans l’enseignement maternel dans un dispositif d’intégration” ainsi que “les membres du personnel actifs en première et deuxième années primaires.” Ensuite, elle prévoit d’ouvrir l’accès à ces formations aux directions de l’enseignement spécialisé. L’Institut de la formation en cours de carrière (IFC) y travaille d’ailleurs actuellement, indique-t-elle.

L’exclusion au décret sur la différenciation des apprentissages

La députée a pointé du doigt une autre problématique : l’exclusion des écoles spécialisées dans le décret sur la différenciation des apprentissages. Ce décret, qui assure une égalité des chances en termes d’émancipation sociale, représenterait une aide supplémentaire propice à l’heure actuelle, ajoute-t-elle.

A cette critique, Caroline Désir répond simplement que ces écoles n’ont pas été reprises dans ce décret car “elles bénéficient d’un encadrement adapté aux besoins des élèves qu’elles accueillent en fonction du type d’enseignement qu’elles organisent.” La crise sanitaire a également poussé la ministre à garder le système de l’année scolaire précédente et à ne tenir compte que d’un recomptage à la hausse.

Le diplôme d’orthopédagogie pas intégré

Enfin, Mme Vandorpe soulève la question du diplôme d’orthopédagogie. Aujourd’hui, il n’existe pas de formation spécifique pour l’enseignement spécialisé, mais seulement un stage de quelques heures et quelques cours dessus. La députée rappelle pourtant que “l’orthopédagogie est un élément essentiel dans l’enseignement spécialisé et devrait être reconnue à sa juste valeur.”

En réponse, Carole Désir admet que bien que le diplôme soit organisé en haute écoles et soit reconnu par la Fédération Wallonie-Bruxelles, “il n’est effectivement pas repris comme constituant du titre pour aucune des fonctions organisées dans le cadre de l’enseignement spécialisé. À ce jour, aucune demande d’intégration de ce titre dans le régime des titres et fonctions n’a été introduite auprès de la Commission interréseaux des titres de capacités (CITICAP).”

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