Personnel soignant en colère : heures supplémentaires taxées à 70%

Personnel soignant en colère : heures supplémentaires taxées à 70%

Jusqu’à présent, aucune nouvelle concernant la prime Covid. Du côté de la défiscalisation des heures supplémentaires ? Encore moins ! Pour le personnel soignant, cette absence de réponse est une forme de mépris de la part des autorités publiques.

La colère gronde chez le personnel de la santé. La défiscalisation des heures supplémentaires pour trois mois annoncée lors de la première vague ne s’est toujours pas concrétisée. Or, la taxation s’élève en moyenne à 70%, un chiffre excessif quand on sait le salaire modique des soignants par rapport à leur travail titanesque, surtout en cette période d’épidémie.

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“Le mépris de la part des autorités”

Avec 25 ans d’expérience dans le secteur des soins, une infirmière explique son ressenti face à l’inaction du gouvernement à la RTBF : "Je ressens cela comme un véritable mépris de la part des autorités. On pense encore qu’on est au temps des nonnes, que l’on fait tout par esprit de sacrifice, par vocation. Sauf que l’on a aussi une famille, et que notre salaire, sans les prestations inconfortables, il est minable. Avec ces prestations, on s’en sort." Comparé à d’autres qui vivent dans la pauvreté aujourd’hui, elle se dit être chanceuse d’avoir un salaire. Toutefois, elle considère que “la défiscalisation des heures supplémentaires serait un minimum".

Des promesses sans lendemain ?

Lors de la première vague, le gouvernement avait annoncé différentes mesures pour soutenir le secteur de la santé dont la rémunération nette pour 120 heures de travail supplémentaire dans les secteurs cruciaux d’avril jusque juin. Il semblerait que ces promesses n’ont pas été tenues : "Comme cette prime Covid qui serait octroyée aux soignants, ou la défiscalisation des heures supplémentaires. Tout cela n’a jamais été mis en place, et n’est pas d’application actuellement, en tout cas dans les hôpitaux publics de Bruxelles. Si cela s’était fait, on le saurait ", dénonce Carine Rosteleur à la RTBF, secrétaire régionale de la CGSP à Bruxelles et responsable technique pour les matières fédérales de la santé auprès du syndicat.

Pour la secrétaire syndicale, "il faut vraiment prendre des mesures pour que les prestations inconfortables et les heures supplémentaires soient mieux rémunérées. Et que cela participe à une augmentation du salaire poche ". Malheureusement, la suppression de la taxation pourrait bien être abandonnée, faute d’un consensus entre les partenaires sociaux, comme l’explique le ministère de l’économie.

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Une motivation à travailler

A l’heure où le taux d’absentéisme du personnel pèse davantage chaque jour dans les hôpitaux et maisons de repos, la suppression des taxes motiverait les travailleurs à revenir selon l’infirmière. “Défiscaliser, ce serait vraiment un incitant supplémentaire pour faire revenir tout le monde dès que possible”, déclare-t-elle à la RTBF. Cependant, la perspective d’une défiscalisation définitive ne semble pas faire partie de l’agenda des autorités.



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