Bruxelles mise sur l’alternance

Bruxelles mise sur l'alternance

Elle est un des fers de lance de la politique de Didier Gosuin, en charge à la Région bruxelloise : l’alternance. Considérée à tort comme une « formation de la dernière chance », la capitale met à l’avant-plan un procédé dont la réussite n’est plus à prouver : 82% des « formés », trouvent un emploi. Bruxelles continue donc de booster la formation en alternance, notamment grâce à diverses primes, contrats uniques, simplifications, nouvelles formations.

L’alternance, c’est du concret. L’alternance est une manière d’apprendre, qui articule la théorie à la pratique. Il s’agit d’un mode de formation qui permet de combiner compétences et savoirs théoriques et expériences professionnelles au sein d’une entreprise. Une formation en alternance impose donc un rythme exigeant et une importante motivation. Ce dispositif de formation est donc unique. Il permet aux employeurs de former leurs futurs collaborateurs sur mesure et aux jeunes d’acquérir des compétences qui correspondent à la réalité du marché du travail. Résultat : 82% des personnes qui sortent de l’alternance trouvent un emploi. Cependant, elle est souvent considérée à tort comme une voie de garage pour les mauvais élèves. Elle a cette image de formation « au rabais » qui lui colle à la peau. Alors que chez nos voisins, l’alternance est devenue la norme. C’est pourquoi depuis 2015, la capitale tente de redorer le blason de l’alternance. Tour d’horizon des nouvelles mesures prévues par le ministre en charge, Didier Gosuin.

Une prime unique dès 2018

La Région bruxelloise offre de nombreuses mesures aux entreprises qui souhaitent accueillir des jeunes en alternance, comme une prime unique, à hauteur de 1750 euros par an. Seules conditions : le jeunes en alternance doit avoir entre 15 et 25 ans, la formation en entreprise doit durer au minimum 6 mois et l’entreprise doit être agréée. En mettant en place cette prime, le Gouvernement bruxellois entend soutenir les entreprises qui s’engagent dans une dynamique formatrice et ainsi augmenter le nombre de places disponibles pour les jeunes qui choisissent ce parcours de formation. Par ailleurs, le Gouvernement bruxellois a également supprimé les frais de dossiers de 128€ qui étaient réclamés aux employeurs. La prime Alternance entrera en vigueur au 1er juillet 2018 afin de pouvoir être pleinement opérationnelle pour la rentrée académique de septembre. De plus, les employeurs qui souhaitent engager le jeune au terme de sa formation peuvent bénéficier directement du dispositif Activa.brussels. 15.900 € de réduction sur 30 mois pour tout engagement d’au moins 6 mois.

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Renforcer les opérateurs de formation en alternance

Afin de combattre l’image d’une formation de dernier recours, la Région souhaite renforcer les divers opérateurs de formation. Ainsi, un nouvel organisme verra le jour : l’OFFA (Office francophone de la formation en alternance) dont l’objectif principal de l’OFFA est d’harmoniser les différents aspects de la formation en alternance. Une mission nécessaire si l’on considère la diversité des structures et pratiques existantes dans le secteur. Un nouveau contrat de gestion sera également mis en place, pour une durée de 5 ans, avec l’EFP. De manière très concrète, ce contrat intègre une augmentation de 800 apprenants en formation en alternance à Bruxelles ; l’articulation avec les différents partenaires : l’OFFA, Actiris, le Bassin EFE, Syntra, l’enseignement, etc. et le développement et les synergies entre tous les opérateurs.

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Attendu depuis pendant plus de 10 ans, le contrat commun d’alternance est entré en vigueur en septembre 2015. L’utilisation du Contrat Commun d’Alternance à tous les opérateurs formant des jeunes en alternance génère une plus grande clarté pour les entreprises, une plus grande lisibilité pour les publics concernés mais aussi un rapprochement entre les opérateurs. Mieux encore, il garantit une sécurité juridique de manière transparente et sûre. Il permet aux apprenants de bénéficier de toutes les garanties en matière de protection sociale comparables à celles d’un salarié. Pour permettre aux jeunes bruxellois d’acquérir les qualifications suffisantes, la Région bruxelloise a débloqué 300.000 € pour équiper les centres de formation en alternance EFP et Syntra en infrastructures susceptibles d’améliorer la formation des jeunes en relation avec les besoins des entreprises bruxelloises.

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Quid du futur ?

L’alternance est un dispositif spécialement adapté à la réalité des besoins tant des apprenants que des patrons. Elle offre un accès à une qualification, une maîtrise des compétences d’un métier et une solide expérience en entreprise. C’est une formule win-win. C’est pourquoi, la Région bruxelloise a initié en 2017 un premier Master en alternance avec l’ICHEC et l’ECAM pour le métier de business analyst. A terme, le projet veut diplômer chaque année une trentaine d’étudiants. Ces informaticiens de gestion seront alors à même de formaliser les besoins des entreprises, de concevoir et construire les systèmes d’information qui répondent à ces besoins.

Le principal bémol de la formation en alternance reste son image de filière de formation choisie par dépit. Cela lui colle à la peau. Or, ces métiers techniques sont des métiers d’excellence qui nécessitent de nombreuses compétences. Il est donc important de revaloriser l’image de la formation en alternance et de ses métiers. Cela passe notamment par la sensibilisation des jeunes à des métiers porteurs d’emploi. Une initiative intéressante menée par l’EFP, Le Défi des Talents. Ce projet consiste à des activités de découverte des métiers des élèves de 1re et 2e secondaire. Ils peuvent, le temps d’une journée s’essayer à différents métiers : chocolatier, toiletteur canin, mécanicien ou encore coiffeur.

L’alternance en chiffres

Au 31 décembre 2017, 5.778 personnes étaient inscrites à l’EFP, l’opérateur francophone en charge de la formation en alternance dans plus de 75 métiers. Depuis dix ans, la formation de chef d’entreprise (pour les plus de 18 ans) connaît une évolution annuelle continue de 5 % tandis que l’apprentissage (de 15 à 18 ans) a connu une augmentation des inscriptions de l’ordre de 12 % cette année après une baisse importante au cours des 10 dernières années. On constate également que plus de la moitié des personnes inscrites dans une formation en alternance ont moins de 25 ans (56%) et sont des hommes (57%).



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