Désintox' à l'héroïne médicale : le projet TADAM à Liège

Désintox' à l'héroïne médicale : le projet TADAM à Liège

A Liège, le projet pilote Tadam de traitement à l’héroïne médicale vient de se clôturer. Isabelle Demaret, coordinatrice de l’équipe de recherche TADAM à l’université de Liège, tire un bilan positif de l’expérience.

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Proposer un traitement par diacétylmorphine, appelée aussi «  héroïne médicale » à des personnes dépendantes de longue durée qui continuaient à consommer de l’héroïne malgré un traitement à la méthadone : c’était l’objectif de l’expérience clinique Tadam mise sur pied à Liège. «  La méthadone est la première solution recommandée, considérée comme le meilleur traitement. Mais on a constaté qu’une partie des usagers (entre 15 et 20%) continuaient à consommer de l’héroïne », explique Isabelle Demaret, psychiatre de l’université de Liège en charge du projet Tadam.

Des solutions adaptées à chaque personne

Partant de ce constat et des résultats positifs du traitement à l’héroïne médicale à l’étranger, le projet Tadam est lancé. A ne pas confondre, comme c’est parfois le cas dans l’opinion publique, avec les salles de consommation à moindre risque. « Contrairement aux salles de consommation où les gens sont libres de venir quand ils veulent et consomment leurs propres produits, le projet Tadam est très encadré et médicalisé insiste Isabelle Demaret, la personne doit venir régulièrement dans l’établissement et en cas d’absence, elle doit pouvoir la justifier. Le traitement est dosé selon chaque personne et une équipe d’infirmières et d’aide-soignants encadrent les patients ». Mais l’idée n’est pas de défendre un projet plutôt que l’autre, ni même de stigmatiser le traitement à la méthadone : «  Il faut des solutions adaptées à chaque personne. Dans ce sens, la Belgique, si elle est à jour au niveau des solutions globales, accuse un retard par rapport aux salles de consommation et du traitement par héroïne. »

Une décision politique attendue

L’expérience clinique, limitée dans le temps, s’est clôturée au début du mois de janvier. «  Un arrêt brutal qui a été difficile pour les patients », souligne Isabelle Demaret, qui note ses effets positifs : « Le traitement a permis de diminuer le recours à l’héroïne de rue. Nous avons aussi constaté que les personnes se sont stabilisées au niveau de leur addiction. D’autres effets, comme le fait de sentir qu’ils ne sont plus stigmatisés, ont aussi été observés ». Pour l’heure, l’équipe de recherche a remis ses conclusions.

Une décision politique suivra quant à la possibilité de poursuivre l’expérience. Celle-ci a déjà reçu le soutien de Willy Demeyer (voir ci-dessus). La ministre de la Santé, Laurette Onkelinx (PS), s’est dite favorable au projet sans en faire une priorité. Catherine Fonck, cheffe de groupe à la chambre, fermement opposée aux salles de consommation de drogue. (cfr article de la Libre du 5 décembre 2013 - Fonck : « Les salles de shoot : un mauvais signal du PS », s’est elle aussi déclarée favorable à ce type de traitement.

Ressources :

Le rapport du projet Tadam est à télécharger sur le site de l’Université de Liège.

Manon Legrand

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