Élèves à besoins spécifiques : logopèdes, les grands oubliés du décret

Élèves à besoins spécifiques : logopèdes, les grands oubliés du décret

L’Union Professionnelle des Logopèdes Francophones dénonce l’avant-projet d’arrêté du Gouvernement de la Communauté française concernant les aménagements raisonnables dans l’enseignement primaire ou secondaire ordinaire. La raison de son indignation ? Les logopèdes ne sont pas repris dans la liste exhaustive des professions officiellement reconnues pour poser le diagnostic invoqué pour la mise en place des aménagements raisonnables. Voici leur communiqué de presse :

Les logopèdes sont en première ligne pour les demandes d’aménagements raisonnables des élèves à besoins spécifiques : environ 7 demandes sur 10 concernent des troubles d’apprentissage ou du langage. Pourtant, dans l’avant-projet d’arrêté du Gouvernement concernant les aménagements raisonnables dans l’enseignement primaire ou secondaire ordinaire, les logopèdes ne sont pas repris dans la liste exhaustive des professions officiellement reconnues pour poser le diagnostic invoqué pour la mise en place des aménagements raisonnables. Les logopèdes n’y figurent qu’à l’Article 2, en tant que profession établissant un rapport permettant d’affiner le diagnostic posé par les autres professions officiellement reconnues à l’Article 1er, telles que les neuropsychologues, neuropsychiatres, orthopédagogues cliniciens ou psychologues.

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Parcours allongé et complexifié

Cette décision va allonger et complexifier inutilement le parcours à réaliser pour obtenir des aménagements raisonnables. Concrètement, un patient devra réaliser un bilan logopédique chez un logopède pour attester des difficultés rencontrées en langage écrit ou oral, prendre un deuxième rendez-vous chez un professionnel reconnu par le décret, par exemple un psychologue, qui va établir le diagnostic d’aménagement sur base du premier rapport, puis ce patient devra enfin retourner chez le logopède pour la mise en place de ces mêmes aménagements raisonnables. Ce parcours pourrait être sensiblement raccourci et simplifié si le logopède faisait partie des professionnels reconnus pour poser le diagnostic invoqué pour la mise en place des aménagements raisonnables, au même titre que le sont les spécialistes figurant déjà dans l’article 1er de l’avant-projet de décret.

Rappelons que plusieurs milliers de logopèdes sont actuellement titulaires d’un master universitaire en logopédie, soit d’une formation strictement équivalente, au niveau scientifique, à celles des personnes détentrices d’un master en psychologie. De plus, l’ensemble des acteurs de formations (Universités et Hautes Ecoles) ont recommandé récemment à l’ARES d’harmoniser le niveau de formation minimale en logopédie au niveau Master.

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Une revendication : changer l’article 1er

Selon L’UPLF, et en concertation avec l’ASELF, les conditions de la reconnaissance de la logopédie comme profession pouvant poser le diagnostic invoqué pour les aménagements raisonnables sont complètement et valablement réunies, raison pour laquelle les associations professionnelles demandent avec insistance d’ajouter explicitement les logopèdes à l’Article 1er, et ce, afin de simplifier le parcours des élèves à besoins spécifiques.



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