Les logopèdes doivent-ils se redéfinir ?

Les logopèdes doivent-ils se redéfinir ?

Depuis l’émergence de l’orthopédagogie clinique, reconnue comme profession de soins de santé mentale, les logopèdes craignent de se voir éclipsés ou relégués au second plan. Selon L’Association Scientifique et Ethique des Logopèdes Francophones (ASELF) et l’Union Professionnelle des Logopèdes Francophones (UPLF), le cadre légal doit être revu.

Le logopède est un professionnel du paramédical, dont le travail est d’accompagner les personnes qui présentent des difficultés au niveau de l’expression et de la compréhension du langage. Particulièrement important dans les premières années de la vie, afin de détecter les éventuels troubles de façon précoce, ses compétences se chevauchent avec celles de l’orthopédagogue clinicien. Or, le second est lui reconnu comme profession de soins de santé mentale, ce qui pourrait amener le métier de logopède à devenir une profession secondaire. En tant qu’associations professionnelles, l’ASELF (pour Association Scientifique et Ethique des Logopèdes Francophones) et l’Union Professionnelle des Logopèdes Francophones (UPLF) s’inquiètent de cette évolution du paysage des soins et proposent de revoir le profil de compétences des logopèdes.

Des compétences en commun avec l’orthopédagogie

Aujourd’hui, les logopèdes partagent certaines compétences avec les orthopédagogues cliniciens. Elles se recoupent au niveau des actions de prévention, mais aussi du diagnostic et de la prise en charge des troubles du langage, ainsi que du suivi de l’intégration scolaire. Il existe ainsi une certaine inquiétude de la part du terrain, qui craint de se voir relégué au second plan. Si des réflexions ont lieu quant à la délimitation des profils de compétence, l’UPLF et l’ASELF regrettent d’en être écartées : « malgré nos demandes répétées, nous n’y sommes jusqu’à présent pas associés », affirment-elles.

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La double-formation, un frein de plus

Les deux associations professionnelles sont aussi inquiètes quant à la double-formation des logopèdes. En effet, il est possible d’exercer après un master, ou un simple bachelier. Le problème : les deux diplômes ne sont pas différenciés dans la mesure où ils donnent accès à des actes identiques en nomenclature. Dans le même temps, l’orthopédagogie clinique est définie comme une profession autonome, qui pourra superviser les professions qui lui sont liées. Or, cela pourrait mener au « risque inacceptable de devenir une profession support », selon l’ASELF et l’UPLF. Les associations plaident donc pour une uniformisation de la formation, un peu comme les ergothérapeutes le demandent au niveau national afin de prendre en compte les évolutions du métier.

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L’évolution comme solution

Afin de mieux définir les limites entre orthopédagogie clinique et logopédie, l’UPLF et l’ASELF demandent à ce que l’Arrêté Royal qui définit le cadre légal de la logopédie soit revu. En effet, celui-ci commence à dater quelque peu, puisqu’il est entré en vigueur le 20 octobre 1994. « Le métier évolue et son avenir doit être reprécisé », déclarent les associations. Selon elles, cette réforme devrait prendre en compte les avancées scientifiques dans le domaine, et intégrer par exemple les considérations de l’evidence-based practice.

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La rédaction



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