Gouvernance en Wallonie : réforme ou fièvre électoraliste ?

Gouvernance en Wallonie : réforme ou fièvre électoraliste ?

Les affaires politico-judiciaires au sein des structures parapubliques locales ont mis la transparence au centre du jeu politique. À quelques mois des élections communales et provinciales, l’exécutif wallon a voulu frapper vite et fort, au risque de jeter le bébé avec l’eau du bain... [Un article de Monasbl.be]

Après des années de laisser-faire et de dérives au sein des structures parapubliques locales en Wallonie (création à tout-va d’intercommunales et d’ASBL paracommunales « coquilles vides », mise en place de conseils d’administration XXL, course au cumul de mandats, rémunérations excessives, copinages et parachutages politiques, favoritisme, etc.), on attendait légitimement une réponse rapide et un changement de cap radical de la part des exécutifs à tous les échelons.

Le parlement wallon a ainsi adopté le décret du gouvernement sur la nouvelle gouvernance dans le secteur public en mars dernier. Trois mois plus tard, comme le révèle Le Soir Plus, sa mise en œuvre se fait dans la douleur et suscite de nombreuses critiques.

De la vitesse à la précipitation

Avant même le contenu du décret, c’est le train d’enfer imposé aux autorités locales, et aux ASBL, régies et intercommunales dans leur giron, pour se mettre en ordre qui laisse pantois.

Réponses politiques aux différents scandales ou conflits d’intérêts impliquant des mandataires publics dans des structures liées aux pouvoirs publics (Publifin, Centre d’informatique du Hainaut, ISPPC, etc.), les dispositions du décret en matière de gouvernance locale doivent impérativement être appliquées d’ici le 30 juin (à minuit). Or, il faut rappeler que :

• le texte est entré en vigueur assez tard, le 24 mai 2018 (soit à peine un mois avant la date butoir), d’une part ;

• la concrétisation des règles en matière de rémunérations, d’incompatibilités ou de contrôle, ainsi que la mise en conformité des statuts de ces organismes paralocaux et le renouvellement de leurs instances qui en découlent, exigent un minimum de préparation, d’autre part.

En effet, il y a du pain sur la planche. En outre, il s’agit de ne pas se louper sur le plan juridique :

• la révision des statuts et leur publication ;

• la convocation et l’organisation des assemblées générales ;

• le renouvellement des CA, après dégraissage, et la désignation des administrateurs qui impliquent de faire des choix et de mettre les bonnes personnes aux bonnes places en termes de compétences.

Sans compter les équilibres politiques à respecter dans les instances de décision de toutes ces entités.

Frapper vite et fort, mais pas forcément juste...

L’application du décret met en évidence une série d’incohérences et de failles.

À quelques mois d’un retour aux urnes, on a voulu montrer aux citoyens (plutôt aux électeurs) qu’on savait poser des actes forts, au détriment de la préparation.

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