Handicap : "La France se débarrasse de ses cas les plus lourds en Belgique"

Handicap:

En France, la Conférence Nationale du Handicap a réalisé le rapport « Prévention des départs non souhaités en Belgique ». On y apprend notamment qu’une majorité des départs dans notre pays est causée par un manque de places adaptées dans les structures françaises mais aussi par des refus de prise en charge par les professionnels. L’AFrESHEB, association par et pour les Français en situation de handicap et leur famille, a analysé ce précieux document. Éclairages.

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Comment expliquer les départs des Français en situation de handicap vers la Belgique ? Pour le rapport, la cause centrale est le manque de places dans les structures françaises, spécialement pour les personnes atteintes de troubles de l’autisme, de handicap rare mais aussi plus largement pour les citoyens handicapés avec des troubles cognitifs et du comportement. Nous y apprenons également que la Wallonie accueille sur son territoire des réponses soit de proximité soit éloignées, « pour des personnes qui ne trouve pas en France des solutions adaptées à leur handicap souvent grave, cumulant plusieurs pathologies et troubles psychiques voire physiques après des ruptures de parcours. »

Un autre élément interpellant ressort de ce rapport : une grande partie des départs vers notre pays serait causée par le rejet de prise en charge par les professionnels dans l’Hexagone ou par des échecs successifs. Par exemple : refus des cas très lourds, problématique des personnes avec des troubles du comportement très importants. Face à ce constat, difficile de ne pas remettre en cause les pratiques d’admission, l’adaptation des structures et finalement la formation des professionnels en France. « C’est bien que le rapport le reconnaisse », note Isabelle Resplendino, présidente de l’AFrESHEB. « Enfants comme adultes, la France se débarrasse de ses cas les plus lourds en Belgique. »

La Belgique, dernier espoir pour les aidants épuisés

Toujours selon l’analyse de la Conférence Nationale du Handicap, ces familles françaises se tournent vers la Belgique, quand elles sont épuisées d’avoir tout tenté dans leur propre pays. « Nous confirmons : les familles qui s’adressent à l’AFrESHEB ont tout essayé en France, et sont au bout du bout », pointe la présidente de l’asbl. « La solution belge est pour elles le dernier espoir, non pas qu’il n’y ait pas de solution en France, mais celles-ci répondent bien moins aux besoins rencontrés : pas d’enseignement spécialisé dépendant du ministère de l’éducation en France, et souvent internement psychiatrique pour des personnes en situation de handicap autistes et/ou avec troubles du comportement. Les PCPE sont, d’après les témoignages de professionnels et de parents, une solution provisoire pour ces cas compliqués : au bout de 6 mois de prise en charge, les PCPE orientent… vers la Belgique ! C’est en quelque sorte reculer pour mieux sauter. »

La qualité des prises en charge proposées par les établissements wallons est également épinglée dans le rapport. Les familles auraient ainsi tendance à franchir la frontière afin de bénéficier d’un accompagnement qu’elles jugent meilleur. Elles pointent notamment l’aspect éducatif qui est privilégié sur l’aspect sanitaire et l’investissement important sur les relations. Autres avantages : une meilleure formation des professionnels et une plus grande tolérance des structures face aux problématiques lourdes de certains patients. « Qu’attend donc la France pour rattraper son retard en la matière ? », s’insurge Isabelle Resplendino. « Ce n’est pas avec le bricolage institutionnalisé que sont la RAPT et son PAG, la mainmise de la psychiatrie et surtout de la psychanalyse sur le soin, la préséance du médico-social sur l’éducation nationale, qu’elle va pouvoir le faire. Tant qu’elle ne refondera pas entièrement son système, rien ne changera vraiment. »

Découvrez la totalité de l’analyse de l’AFrESHEB.



Commentaires - 1 message
  • Et la Belgique en profite bien ??? le filon d or, malheureusement. Trop facile d ouvrir une institution pour pph en Belgique du coup, c est bien souvent au détriment des bénéficiaires mais aussi celui de notre beau métier d éducateur... La France "paie bien" pour se débarrasser de ces personnes mais ici en Belgique peu voir très peu de contrôles au niveau des conditions de vie et de travail, du coup les directeurs (investisseurs) qui ouvrent asbl, sprl,.... Se remplissent les poches facilement pendant que ces personnes subissent les nombreux manquements auxquels elles devraient avoir droit..... Bravo la Belgique ????????

    Oeilouvert jeudi 24 octobre 2019 11:34

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