L'art délicat de la prise en charge d'un bébé placé

L'art délicat de la prise en charge d'un bébé placé

Yapaka.be a publié un ouvrage concernant le soin tout particulier à donner aux bébés séparés de leur cocon familial. Ecrit par la psychologue Geneviève Bruwier, il a pour but d’apporter des pistes de réflexion aux professionnels engagés auprès des bébés négligés ou traumatisés.

La sortie du bébé de son milieu familial, la place des parents, les traumatismes relationnels précoces… autant de thèmes qui sont abordés dans «  Prendre soin du bébé placé  », de Geneviève Bruwier. «  Si la séparation est nécessaire, elle ne soigne pas  », explique l’auteure. Néanmoins, des conditions sont nécessaire à son bon développement, qu’il grandisse dans une famille ou en institution. L’ouvrage retrace, dans les grandes lignes, les choses à savoir lorsqu’on travaille avec ces petits-bouts.

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L’impérieuse nécessité du care

La décision d’un placement d’un bébé relève toujours d’une nécessité de sauvegarde à la fois physique et psychologique. Les conditions de son placement doivent se penser dans la continuité de son histoire, en prenant en compte les difficultés et les souffrances vécues. Mais, selon l’auteure, il s’agit aussi de porter attention aux parents, afin d’apaiser les inquiétudes inhérentes à la séparation.

Pour Geneviève Bruwier, la prise en charge doit être réalisée le plus vite possible, avant que les troubles psycho-affectifs, psychiques et développementaux du bébé deviennent irrémédiable. Plus un enfant négligé ou maltraité est placé tôt, plus vite il retrouve des compétences interactionnelles et améliore son développement. «  Il est acquis que permettre précocement à un bébé de faire des expériences interactives de qualité soutient plus rapidement et plus facilement une reprise de son développement  », explique la psychologue.

Le milieu d’accueil pour le tout-petit

Enlevé de son milieu familial, l’enfant va se retrouver, parfois, en milieu institutionnel, où il devra s’adapter aux règles et être pris en charge par différents soignants. Une situation pas simple, ni pour le bébé, ni pour les travailleurs. Souvent, "les soignants ont l’impression de devoir « tout supporter » en parlant de ces bébés « écorchés »", raconte Geneviève Bruwier. Cris, pleurs, agressivité… des comportements de souffrance qui ne sont pas rares chez les enfants ayant vécus des choses difficiles. Des comportements que le soignant ne comprend pas toujours, ce qui peut susciter, chez lui, «  des sentiments d’échec, d’impuissance, d’incompétence et de culpabilité  ».

La psychologue prend aussi le temps de mettre en garde sur le placement d’un tout-petit, dans un service de pédiatrie hospitalier. «  Le bébé hospitalisé, gravement négligé et traumatisé, est à haut risque de développer des troubles graves de l’attachement, un retard du développement psychomoteur, des troubles affectifs, émotionnels et cognitifs  ». Des troubles qui rendront encore plus difficile la prise en charge, par après, par l’institution ou la famille d’accueil.

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La place des parents

Dans le chef de l’auteure, la mise en place d’un projet d’aide adressé autant à l’enfant qu’au parent est absolument nécessaire. Il faut, pour cela, que les professionnels tiennent compte de l’ensemble de la situation et impliquent le parent dans l’élaboration de ce projet. Lors d’un placement, les parents auront généralement comme première revendication le retour de l’enfant à la maison. Dans ce cadre, le professionnel doit se poser les bonnes questions  : «  Est-ce que le dispositif mis en place représente une aide réelle pour le parent  ? Le souhait énoncé du parent de vouloir récupérer son enfant s’étaye-t-il sur un réel désir de changement  ? Quels sont les aspects qui doivent être modifiés  ? Et si une mobilité psychique du parent est possible, dans quelle temporalité peut-elle s’inscrire ?  »... .

Les visites parentales ont pour but de maintenir le lien entre les parents et leur enfant. Pour Geneviève Bruwier, elles peuvent être aussi bien bénéfique que désastreuse pour le bien-être de l’enfant. Il est donc important, pour les professionnels, de prendre en compte plusieurs éléments  : le contexte et le lieu de la rencontre, la durée de la visite, leur attitude comme professionnels, le nombre et la durée du (ou des) placement(s), l’âge de l’enfant, la fréquence des visites, l’état psychique de l’enfant, la période passée chez les parents et la qualité de la relation parents-enfant lors de la visite.

Pour retrouver l’intégralité de l’ouvrage «  Prendre soin du bébé placé  », rendez-vous sur le site de Yapaka  !



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