Les maraudes de nuit du Samusocial compromises

Les maraudes de nuit du Samusocial compromises

L’ASBL Samusocial a expliqué à Bruzz qu’elle ne pourrait plus garantir les maraudes tous les soirs. Suite au scandale traversé par l’association, les dons se sont amenuisés et une partie du personnel a dû être licencié.

Le Samusocial, mais surtout ses bénéficiaires, est en train de subir les conséquences du scandale qui l’a secoué, au début de l’été 2017. Pour rappel, début mai, la presse a mis en lumière la mauvaise gestion de l’association par l’ex-bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur et la présidente Pascale Peraïta, qui avaient tous deux reçus des sommes astronomiques pour des réunions auxquelles ils n’avaient pas assisté. S’en est suivi une crise politique au sein du gouvernement, après que le président du cdH, Benoît Lutgen, eut refusé de continuer à gouverner avec son partenaire de majorité, le PS. Mais c’est sur le terrain que les conséquences se sont le plus fait ressentir : licenciements, diminution des dons… Cette semaine, le Samusocial, par le biais de sa porte-parole, Marie-Anne Robberecht, vient d’annoncer ne plus être en mesure d’assurer les maraudes tous les soirs. En cause : un manque de personnel.

Un manque de moyens

Suite au scandale du Samusocial, les donateurs ont peu à peu délaissé l’ASBL. Une subvention du fédéral a également été supprimée en juin 2017 (déjà prévue avant la crise) et plusieurs partenariats privés ont été abandonnés. Cela explique que plusieurs contrats n’ont dès lors pu être renouvelés et que certaines maraudes de nuit aient souffert du manque de personnel.

Une mise en garde

Déjà, en octobre dernier, les travailleurs de l’ASBL priaient d’éviter de faire des raccourcis très (trop) faciles. "On fait l’amalgame entre les travailleurs et le scandale qui a secoué le Samusocial. Cette situation est très difficile parce que notre travail n’a pas changé. Nous sommes des travailleurs sociaux et de nombreuses personnes ont besoin de nous", expliquait Gaby, un délégué syndical FGTB, au Soir. Depuis les révélations des rémunérations touchées par Peraïta et Mayeur, le scandale s’est répercuté sur les travailleurs. En effet, plusieurs contrats n’ont pas été renouvelés. " Cela date du scandale. Nous travaillions avec le double d’effectifs auparavant. Le moral étant entamé, certains ont pris des congés maladie. Ce qui résulte sur un manque d’effectifs alors que l’affluence dans les centres ne change pas", regrettait Gaby.

Plus tôt dans l’année, quelques jours à peine après la révélation du scandale, des fédérations du secteur exprimaient leur point de vue et prévenaient des conséquences que ce scandale pourrait avoir pour les autres associations d’aide aux sans-abris. Concernant les problèmes de gouvernance qui ont été mis en lumière, les fédérations sectorielles tiennent à souligner que cette situation est préjudiciable pour l’ensemble des associations travaillant avec les personnes sans abri. En effet, la gestion des associations, qu’elles soient constituées en asbl ou dépendant directement d’un pouvoir public (CPAS, commune, région), ne peut être réalisée qu’avec la plus grande rigueur, dans le respect des réglementations en vigueur et avec une éthique de gestion qui soit cohérente avec les missions des services. Le sérieux qui préside aux travaux des administrateurs des services doit être garanti. La transparence dans la gestion doit être à l’ordre du jour, tant vis-à-vis des pouvoirs subsidiants, que vis-à-vis des citoyens, que vis-à-vis des donateurs et, surtout, vis-à-vis de notre public-cible : les personnes sans abri, expliquaient-elles dans un communiqué.

Un secteur en pleine réforme

Au lendemain du scandale, il n’était plus possible pour les ministres en charge de faire l’impasse sur une réforme en profondeur du secteur. A la capitale, Céline Fremault souhaite plus de transparence et la gestion du secteur par une association publique (le Samusocial étant une ASBL privée). Fin décembre, le gouvernement bruxellois validait l’ordonnance sans-abri. Outre la reconnaissance des nouveaux services d’aide aux sans-abri (Housing First, les centres de jour, travail de rue …), deux asbl de droit public vont voir le jour. D’une part, une asbl coupole nommée « Bruss’help » chargée de la coordination, de l’orientation des sans-abris vers les différents services, et de l’analyse des causes du sans-abrisme pour une meilleure prévention. D’autre part, une seconde asbl nommée « New Samusocial » sera chargée de mettre en œuvre un accueil d’urgence inconditionnel et gratuit. La composition de son conseil d’administration sera paritaire et un contrat de gestion sera établi. L’objectif de cette nouvelle ordonnance est d’accompagner vers le logement durable et l’insertion sociale.

La rédaction



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