Plan d'attractivité : la pilule passe mal chez les infirmiers

Plan d'attractivité: la pilule passe mal chez les infirmiers

Le plan d’attractivité infirmier lancé en 2008 par l’ex-ministre de la Santé, Laurette Onkelinx n’a pas eu l’effet escompté. Selon l’ACN (Association belge des praticiens de l’art infirmier), tout a basculé lorsque Maggie De Block a repris le dossier. A la veille des élections, le secteur veut du changement !

[DOSSIER]
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Le compte à rebours est lancé avant les élections fédérales de mai. Le temps est propice pour faire entendre ses revendications ! C’est au tour des infirmières et infirmiers de tirer la sonnette d’alarme. Mécontents du plan d’attractivité poursuivit par Maggie de Block, ils demandent la mise en place de nouvelles mesures afin de lutter contre le manque de ressources humaines infirmières.

2008 : les premières mesures

La saga commence dans les années 2000, lorsque l’ACN interpelle le Fédéral sur une pénurie d’infirmières et infirmiers dans les années à venir. Laurette Onkelinx, alors Ministre de la Santé, prend le problème à bras-le-corps.

En 2008, elle lance le plan d’attractivité, comprenant 4 grands axes : allègement de la charge de travail et du stress, reconnaissance des qualifications infirmières, amélioration des rémunérations, amélioration de la reconnaissance sociale et association à la prise de décision.

Selon l’ACN, ce plan parvient, à son échelle, à re-booster la profession.« En 2014,nous avons pu constater qu’en 6 ans le plan avait probablement eu un impact positif tant sur l’attractivité de la profession infirmière que sur sa rétention. Les inscriptions dans les écoles n’ont cessé d’augmenter, les difficultés de recrutement de manière globale se sont estompées, et les premiers départs importants en retraite ont été compensés », explique l’association.

2014 : la reprise du plan par Maggie De Block

En 2014, la poursuite du plan d’attractivité est prévue dans l’accord gouvernemental. Pourtant, il s’avère que, loin de poursuivre l’initiative, Maggie de Block a mis à mal plusieurs aspects du plan. Pour l’ACN, la ministre :

- n’a pris aucune initiative pour alléger la charge de travail des infirmiers, bien au contraire (par exemple en raccourcissant les durées de séjours hospitaliers, donc en augmentant l’intensité des soins et en déplaçant certains soins hospitaliers vers l’extérieur) ;
- n’a pris aucune initiative afin de renforcer la qualification des infirmiers de manière générale ou spécialisée (qu’elle a fortement mise à mal au contraire, par la suppression des primes), si ce n’est de transposer une obligation européenne sur la formation initiale (ce qui était obligatoire), et en se gardant bien d’indiquer clairement que le niveau bachelier en est le plus proche ;
- n’a pas pris de nouvelle initiative visant à renforcer les rémunérations des infirmiers, si ce n’est d’une minorité d’infirmiers dans le secteur privé via l’IFIC ;
- n’a pas pris de nouvelle initiative visant à améliorer la reconnaissance sociale ou à associer les infirmiers aux décisions les concernant, alors que par exemple avec sa réforme des réseaux hospitaliers elle en avait l’opportunité.

2019 : le changement, c’est maintenant ?

« Les dernières projections sur l’évolution des ressources humaines en Belgique montrent que l’effet du plan d’attractivité lancé en 2008 est en train de s’estomper, et que des difficultés sont à attendre vers 2025 », s’inquiète le comité d’ACN.

« Nous sommes impatients d’arriver à de prochaines élections, à la rédaction d’un accord de gouvernement que nous lirons attentivement et à la désignation d’un.e ministre fédéral.e de la santé qui, nous l’espérons, mettra réellement en œuvre un plan d’attractivité pour la profession infirmière », continue l’ACN.

Les infirmières et infirmiers seront-ils entendus par nos politiques ? Réponse le 26 mai !



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