Prise en charge renforcée des jeunes "incasables"

Prise en charge renforcée des jeunes

Le 15 janvier dernier, lors de la séance publique de la Commission de l’action sociale, de la santé et de la fonction publique, la députée Marie-Françoise Nicaise (MR) a interpellé la ministre wallonne Alda Greoli (cdH) au sujet de la prise en charge des jeunes dits « incasables ». Pour la parlementaire, il est urgent d’améliorer l’encadrement de ces mineurs qui cumulent les difficultés. La ministre affirme mettre tout en œuvre pour apporter des réponses adéquates à ce public frappé par des problématiques multiples, notamment via la nouvelle politique de santé mentale.

« Dans son dernier rapport, le délégué général aux droits de l’enfant, M. De Vos, aborde la problématique des jeunes dits « incasables », c’est-à-dire cumulant des difficultés touchant à plusieurs secteurs : l’aide à la jeunesse, le handicap, mais également la santé mentale. Nous savons que les choses évoluent positivement, notamment grâce à la préparation d’une réforme en santé mentale infanto-juvénile, mais le directeur général aux droits de l’enfant soulève néanmoins quelques questions », a pointé Marie-Françoise Nicaise, lors de sa question orale posée devant la Commission de l’action sociale, de la santé et de la fonction publique.

Et de poursuivre : « Il affirme que cette réforme en préparation nécessitera des places complémentaires, afin que les enfants concernés puissent se stabiliser. Selon lui, il faudrait pouvoir assurer des prises en charge organisées et cofinancées par les différents secteurs. Il serait essentiel de pouvoir actionner les dispositifs nécessaires en amont, avant que les enfants en question ne soient complètement détruits par des prises en charge chaotiques et inadaptées, comme c’est malheureusement encore souvent le cas aujourd’hui. »

Interventions innovantes

Face à ce constat pour le moins interpellant, la députée MR a donc souhaité savoir si la nouvelle politique de santé mentale pour enfants et adolescents tiendrait bel et bien compte de ces jeunes « incasables ».

En guise de réponse, Alda Greoli, ministre en charge de l’action sociale et de la santé, a tout d’abord témoigné sa grande préoccupation face à ces jeunes extrêmement fragilisés. « Ceux-ci présentent en effet des troubles multiples et nécessitent des interventions innovantes sortant des silos institutionnels habituels, car les structures existantes sont souvent démunies face à ces jeunes », a martelé la politique. Elle a rajouté : « Mes services s’investissent afin d’apporter des réponses adéquates aux jeunes à problématiques multiples, notamment via la nouvelle politique de santé mentale et via les Jardins pour tous, qui réunissent les secteurs de la Santé, du Handicap et de l’Aide à la jeunesse. »

Subventions augmentées

Pour appuyer ses propos, Alda Greoli a passé en revue une série d’actions qui ont été prises à son initiative afin de prendre à bras-le-corps cette problématique.

« Pour soutenir le travail en réseau, j’ai augmenté le financement de plusieurs services qui s’inscrivent dans cette transversalité, a-t-elle rappelé. J’ai ainsi accordé un subventionnement complémentaire au service La Porte ouverte. Mon collègue, ministre de l’Aide à la jeunesse à la Communauté française, a emboîté le pas en finançant également cette institution. »

A Charleroi, la ministre subventionne également des places de crise au sein du service Corto. Des places destinées aux jeunes atteints de troubles du spectre autistique, qui ont généralement un parcours psychiatrique ainsi qu’un dossier à l’Aide à la jeunesse. « La Wallonie a également renforcé l’ASBL EntreTemps, qui travaille avec les trois secteurs que sont le Handicap, la Santé mentale et l’Aide à la jeunesse via une subvention de 200.000 euros pour aider, en ambulatoire, ces jeunes à besoins complexes », a-t-elle détaillé.

Notons également que son cabinet travaille en étroite collaboration avec celui de Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la Jeunesse à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le but ? Développer des solutions résidentielles spécifiques répondant aux besoins de ces mineurs exclus de l’aide classique. « Ces jeunes sont peu nombreux – quelques dizaines tout au plus – mais ils mettent en échec la plupart des équipes et ont besoin d’un soutien très spécifique et individualisé », a précisé Alda Greoli. Et de rajouter : « Le ministre Madrane a lancé une structure résidentielle pour huit filles et, de mon côté, je travaille à la création d’un projet pour aider dix jeunes garçons dans une situation particulièrement difficile et qui ont déjà été exclus de l’aide classique, à de multiples reprises, notamment pour une question de comportement. »

Alda Greoli a conclu son intervention en rappelant sa ferme volonté de lutter contre la stigmatisation de ces jeunes « incasables ».



Commentaires - 1 message
  • Avec ces jeunes qui mettent en échec les équipes thérapeutiques, avez-vous déjà essayé "la thérapie par le mandala ou le dessin centré" ou encore le chant personnel et/ou en groupe?
    Voir C.G. Jung pour la théorie en Psychiatrie.
    Voir aussi "art thérapie" pour autres apports en général.
    Bien à vous,
    Une liseuse occasionnelle de votre site

    mseent jeudi 31 janvier 2019 23:05

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