Un collectif dénonce le flicage des aînés à travers la Grapa

Un collectif dénonce le flicage des aînés à travers la Grapa

La réforme de la garantie de revenus aux personnes âgées anime les débats depuis quelques semaines. En effet, un collectif de citoyens a signé une opinion, dans le Vif, pour la justice sociale et la sérénité des aînés. Un texte qui fait suite de la réforme de la Grapa. A l’initiative de la mesure, le ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine, a réagi aux attaques. Le collectif citoyen lui a répondu ce jeudi 22 août par l’intermédiaire d’une nouvelle carte blanche.

« Monsieur le Ministre, merci pour votre réponse. En revanche, nous maintenons. La réforme des contrôles de la Grapa va fragiliser des personnes déjà vulnérables vu leur âge et petit revenu. C’est une lamentable régression. Elle vaut au moins une réprobation », pouvons nous lire dans cette carte blanche, publiée dans le journal le Vif.

La garantie de revenus aux personnes âgées, dont les bénéficiaires sont les personnes de plus de 65 ans avec de faibles revenus, est au centre d’une polémique. Depuis le 1er juillet, l’obtention et la pérennisation de ce revenu sont soumises au contrôle d’un facteur de la poste qui a pour charge de vérifier si la personne touchant ce revenu est bien domiciliée en Belgique. Depuis le 1er juillet, il faut donc signaler le moindre déplacement au service Fédéral Pensions sous peine d’être victime d’une suspension d’un mois de son allocation. Pour des personnes vivant avec des revenus modestes, cette décision a des relents de ticket de rationnement.

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Les réponses du collectif au ministre

Le collectif pointe du doigt les modalités du contrôle ainsi que les sanctions pesant comme une menace pour les retraités. La réforme pour lui représente plus une pression politique qui vient s’ajouter à la pression sociétale plutôt qu’une simplification administrative comme le défend le ministre, Daniel Bacquelaine. Pour ce dernier, sa proposition n’a pas pour but de porter atteinte au deuxième pilier de pension engendré sur une base collective. « Il vise essentiellement à offrir un outil supplémentaire permettant aux nombreux travailleurs dont l’employeur ou le secteur d’activité ne prévoit pas de pension complémentaire, de s’en constituer une », a-t-il déclaré au Vif.

De son côté, le collectif ne comprend pas la logique de la surveillance et de la sanction qui se cache derrière cette réforme. Rappelant que le retraité est un citoyen comme un autre avec ses besoins, ses nuances et ses spécificités.

« La réforme vise officiellement la simplification administrative. Un des principes de la simplification administrative est celui de confiance. Pourquoi ne pas l’appliquer en l’espèce ? Une fois que la condition de résidence a été avérée, serait-ce trop demander la confiance à l’aîné et un contrôle "par coup de sonde", fait aléatoirement par les agents de quartier ? Nos aînés qui nous ont tant donné, et en tout premier lieu la vie, ne sont-ils point dignes d’un peu de confiance ? », pointent les signataires de la carte blanche.

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Les premières dénonciations

Pour rappel, le collectif avait pointé du doigt plusieurs facteurs interpellant dans leur première carte blanche. Il jugeait que cette mesure sonne comme un flicage des aînés et regrettait que dans ce dossier, l’argent passe avant l’humain.

« C’est une intrusion dans la vie privée, une pratique presque infantilisante. La prochaine étape, ce serait quoi ? Une demande préalable d’autorisation de quitter sa maison pour voir ses semblables ? Une puce électronique qui géolocalise toutes les personnes bénéficiant d’une allocation sociale », écrivait le collectif dans sa première carte blanche dénonçant la chasse systémique au pauvre dans le modèle social libéral.

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