Maison de repos : en finir avec la logique de vieillesse égale maladie

Maison de repos: en finir avec la logique de vieillesse égale maladie

Dans les colonnes du journal Le Soir, cinq éminents spécialistes ont uni leur plume dans une carte blanche pour alerter sur la logique des maisons de repos qui relègue au second plan les réels besoins des personnes âgées (sous couvert d’un lobbyisme des maisons de repos ?). Prônant la fin de cette pensée politique datant d’une trentaine d’année selon eux, ils préconisent d’entamer une nouvelle considération politique à l’égard de la vieillesse.

Il est grand temps que la Belgique se débarrasse de la logique de la vieillesse égale maladie. Voici en résumé la position défendue par Valentine Charlot et Caroline Guffens de « Le bien vieillir », Philippe Defeyt de l’institut pour un développement durable, Alain Legros de « Balder » et José Pincé, dans la carte blanche diffusée par Le Soir. Les personnes âgées recherchent autre chose que d’être seulement parquées en tant que malade dans des structures spécifiques. Les réponses amenées ne coïncident pas avec « la nécessaire indentification des besoins et des réponses diverses ». Par exemple, la promesse d’ici 2030 de créer plus de 11.000 places en maisons de repos est non seulement fausse mais ne répond pas aux besoins réels. D’un côté, il n’y a pas assez d’argent pour mener à bien cette annonce qui devient, de facto, la promesse du futur gouvernement. Mais surtout ce modèle de maison de repos et de soin est obsolète : « les attentes des personnes avançant en âge ont évolué et évolueront encore. […] les personnes accueillies y entrent de plus en plus tard dans un état de dépendance de plus en plus marqué », peut-on lire dans la carte blanche.

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Un plaidoyer pour une nouvelle pensée

La question du vieillissement viendra tôt ou tard dans la Communauté française tant celle-ci est cruciale dans le développement de nos sociétés. Elle est également nécessaire pour une question de démographie et de finance : « les coûts des hébergements institutionnels explosent, dépassant les revenus de nombreuses personnes âgées, aujourd’hui déjà et plus encore demain ».

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Les maisons de repos ne peuvent disparaître, il y a et il y aura toujours de la demande, mais les rédacteurs de cette tribune souhaitent porter le débat vers des alternatives qui sortent du paradigme de vieillesse égale maladie. Ils veulent rompre avec cette logique « qui a eu pour effet délétère d’associer vieillesse à maladie ». Pour ce faire, il faut adopter une matrice de pensée qui nous pousse à considérer les seniors « avec leurs forces, leur expertise, avec leurs difficultés et leurs besoins d’aides, où ils pourront profiter, décider, prendre des risques peut-être et ne pas être protégés, maternés et stigmatisés ». Il s’agit tout simplement de sortir l’hébergement et la prise en charge des aînés de l’institutionnel pour offrir un lieu de vie, qu’il s’agit idéalement de leur logement ou d’un espace familier où jeunes et personnes plus âgées cohabitent, les habitants s’entraident, les personnes dépendantes et leurs aidants proches sont soutenus. « Notre proposition suppose une implication collective de toute la société », rajoutent les auteurs de la carte blanche.

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Une expertise et une logique qui se tissent de plus en plus sous toile de fond d’urgence sociale. La crise sociale touche également les maisons de repos, cette problématique est au cœur également de ce plaidoyer.

B.T.



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