Affaire Kaat Bollen : "Qui bafoue la dignité des psychologues cliniciens ?"

Affaire Kaat Bollen:

ll y a peu nous rappelions dans nos vœux pour cette nouvelle année l’importance d’une solidarité forte entre tous les psychologues cliniciens pour faire face aux enjeux majeurs en matière de santé mentale dans notre pays. Suite à l’émoi suscité par le jugement de Kaat Bollen par les conseils disciplinaires de la Commission des psychologues, l’UPPCF ne peut rester indifférente.

[DOSSIER]
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Que nous soyons psychologues ou pas, nous sommes touchés par la décision des organes disciplinaires de la Commission des Psychologues de sanctionner une consœur « car son comportement peut nuire à la profession » et que « d’autres psychologues sont entrainés dans le même bain et la dignité de leur métier est ternie ».

Nous comprenons l’indignation que cet extrait confidentiel de la décision de ce dossier engendre et tentons d’y voir plus clair afin de proposer des actions concrètes, tout en nous affranchissant d’un discours qui résonne mais qui ne trouve pas écho dans nos pratiques. Secondairement, la commission des psychologues sensée protéger les usagers s’immisce dans la défense des intérêts des psychologues, une prérogative des associations professionnelles (art. 8/2 du code de déontologie des psychologues). C’est inacceptable.

Nous ne pouvons rester de marbre

La Commission des psychologues nous a rappelé dans son communiqué de presse l’importance de maintenir l’indépendance et l’objectivité du Conseil Disciplinaire. Nous les rejoignons sur ce point, tout en estimant que c’est dans la discussion, de concert avec les autres associations professionnelles que l’on pourra faire la lumière sur ce qui s’est joué ces derniers jours.

Néanmoins, lorsqu’il s’agit de défendre l’intérêt et les droits de nos psychologues, nous ne pouvons rester de marbre. Notre formation nous mène à être empathique, à comprendre, dans une attitude d’ouverture, sans juger l’autre, tout en s’éloignant des préjugés et autres stéréotypes. On accepte son patient/client tel qu’il est, dans sa différence mais l’on condamnerait nos collègues lorsqu’ils expriment eux-mêmes leur diversité ?

Il est impératif d’avoir un débat sain sur ce qui appartient à la sphère publique

Nous ne remettons nullement en cause l’idée de respecter un code de déontologie et d’adopter des règles de conduite communes. Il est impératif d’avoir un débat sain sur ce qui appartient à la sphère publique et d’être dans une réflexion autour d’une séparation de nos actions personnelles et professionnelles. Là où nous n’y voyons pas clair, c’est lorsqu’on nous renvoie que certains de nos comportements qui appartiennent à notre vie privée pourraient porter atteinte à la dignité de notre profession ou à l’image de nos consœurs et confrères !

Outre le fait que nous nous interrogeons sur la protection du titre et l’image qui y est associée, nous ne pouvons accepter le message suscité par une telle plainte, tant elle nous semble dangereuse. Si l’on part du postulat que l’on peut être jugé sur le plan professionnel pour ce que l’on fait durant notre temps libre, alors cela implique que notre vie privée est régie par le cadre professionnel auquel nous appartenons. Elle pose également question de savoir ce qui est « digne » d’un psychologue et surtout ce qui est indigne. Pouvons-nous décemment accepter cela, sans renoncer à notre liberté d’expression ? NON

Union Professionnelle des Psychologues Cliniciens Francophones (UPPCF)



Commentaires - 2 messages
  • Tout à fait d'accord, d'autant plus que la dignité ne peut se résumer à l'analyse de publications de photos, quoi qu'elles aient de choquant (pour certaines ou certains, mais pas pour d'autres...) ! Qu'en est-il de la dignité d'un ou d'une collègue qui affiche ouvertement son indifférence à, par exemple, la législation sur le mariage par ses aventures extra-conjugales connues de ses pairs et collègues, vues par ses pairs et collègues, souvent également connues de certain(e)s de ses patient(e)s lorsque l'on vit dans une petite ville, alors qu'en consultation, qu'en réunion, etc. toutes et tous peuvent admirer l'épaisseur de son alliance ? C'est un exemple très "bas de plafond", mais toute une série d'autres exemples pourrait être formulée si l'on veut confondre éthique professionnelle et gestion de notre vie privée. De ce point de vue, je me pose également la question de la mesure de la dimension digne et éthique de certaines suggestions, voire manipulations "psycho-corporelles", congitivo-comportementales, etc. faites au nom d'un principe thérapeutique : quid de la dignité tant de la patiente ou du patient que du psy dont on ne peut pas vraiment être certain que le choix de sa "technique" thérapeutique n'ait aucun effet sur son intime personnel et, donc, sur la question de sa dignité professionnelle (ex. Masters et Johnson) ?
    Fabian Cheret, psychologue.

    F. Cheret mercredi 13 janvier 2021 18:06
  • Je me joins à l'indignation. Comment pouvons-nous soutenir notre collègue ? Une pétition ou un courrier collectif circule ?

    Aurore Arnould vendredi 15 janvier 2021 16:42

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