Distribution de la pilule du lendemain au sein du planning familial

Distribution de la pilule du lendemain au sein du planning familial

Le communiqué de Maggie De Block interdisant la distribution de la pilule du lendemain par un non-médecin ou un non-pharmacien a permis d’ouvrir le débat au sein du planning familial où je travaille. La façon de la distribuer doit s’améliorer.

L’interdiction de distribution de la pilule du lendemain par un non-pharmacien ou un non-médecin a fait l’effet d’une bombe sur mon lieu de travail, mais a aussi permis d’ouvrir le débat. Les médecins, au sein du planning où j’exerce, ne sont présents que 4 demi-jours par semaine et en leur absence, on m’autorise à distribuer la pilule du lendemain alors que je suis assistante sociale. Dès lors, la question de la continuité de cette pratique se pose.

Distribution de la pilule du lendemain

Je ne travaille pas depuis très longtemps en planning familial et dès mon arrivée, on m’a montré le protocole à suivre avant de donner la pilule du lendemain. Il est simple, il se compose d’une série de questions telles que Prenez-vous la pilule contraceptive ? Quand avez-vous oublié de la prendre ? Il y a aussi des conseils à donner pour la suite : se protéger pour les futurs rapports sexuels, prendre sa pilule oubliée, rappeler que la pilule de contraception ne protège pas des maladies sexuellement transmissibles ... Sauf que début mai 2017, une jeune fille m’a demandé la pilule du lendemain. Me basant sur la situation personnelle de cette jeune fille, la date du rapport risqué qu’elle a eu, je lui conseille de s’adresser à un médecin d’urgence, afin de garantir l’efficacité du médicament prescrit par ses soins.

Réunion d’équipe

Quelques jours plus tard, le communiqué de Maggie De Block tombe, interdisant aux non-médecins et non-pharmaciens de distribuer la pilule. Une réunion d’équipe a lieu. La question est simple : « Continue-t-on à distribuer la pilule du lendemain ? ». Si l’équipe est majoritairement d’accord, j’ai cependant souhaité nuancer ma réponse «  Oui, je veux bien distribuer la pilule du lendemain mais j’aimerais être mieux informée ». S’en est suivi une discussion sur la formation du personnel qui tient l’accueil, sur les risques médicaux et sur les risques juridiques si une patiente à des complications. L’avantage étant qu’en planning l’équipe est pluridisciplinaire, le débat peut dès lors intéresser plusieurs professions. Aucune décision n’est prise et je propose donc que l’on puisse y réfléchir individuellement.

Missions du planning familial

Ma réflexion démarre sur les missions du planning familial. Selon le décret du 5 mars 2009 relatif à l’offre de services ambulatoires dans les domaines de l’action sociale, de la famille et de la santé en section IV, article 12 : « Le centre de planning familial est un service ambulatoire extra-hospitalier ayant pour objet l’accueil, l’information et l’accompagnement des personnes, des couples et des familles dans le cadre de la vie affective et sexuelle ». Il n’est pas spécifiquement dit que nous devons distribuer la pilule du lendemain, mais informer et accompagner dans le cadre de la vie affective et sexuelle. Je me dirige donc vers l’idée que le planning est un espace d’écoute, de conseil et d’aide. La pilule du lendemain ne peut pas attendre, elle doit être prise au plus vite et donc doit être donnée en planning afin de pouvoir aider.

L’aspect médical et juridique

Il y a des contre-indications à la pilule du lendemain, je pense donc qu’un questionnaire médical à lire avec la patiente me paraît essentiel afin d’éviter toutes complications. Peut-être qu’elle pourrait le signer afin d’éviter toutes représailles judiciaires, si toutefois cela peut suffire à éviter une condamnation. En effet, en cas de complication, la responsabilité civile voire pénale du travailleur et de l’employeur peuvent être engagées.

En conclusion

La distribution de la pilule du lendemain doit se faire avec une très grande vigilance. Je m’assure que la patiente est bien dans les conditions pour la recevoir. Je rappelle aussi que la pilule ne protège pas contre les rapports sexuels qui suivent la prise du médicament, qu’elle ne protège pas contre les infections sexuellement transmissibles et qu’elle n’est pas un moyen de contraception régulier. De plus, la patiente devra être au courant des contre-indications et un rendez-vous médical devra être fixé. Avec tout ça, je pense que je peux distribuer la pilule du lendemain sans porter préjudice à personne, mais en aidant la patiente dans un moment de stress où il faut agir en urgence.

Alors, à quand la légalisation pour la légalisation de la distribution de la pilule du lendemain en planning familial ?

CD, assistante sociale



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