La santé mentale, pas un critère de fragilité ?

La santé mentale, pas un critère de fragilité ?

Dans le cadre du décret Centre de Jeunes (CJ), les institutions peuvent demander un dispositif particulier égalité des chances. Les CJ doivent identifier et analyser leur public sur la base de critères de fragilité sociale pour recevoir le subside. Mais la santé mentale n’en fait pas partie.

Nombre de Maison de Jeunes demandent un subside supplémentaire dans le cadre de dispositifs particuliers. Certains d’entre eux se sont vus refuser leur première demande dans le cadre de l’égalité des chances car ils mettaient en avant les problématiques de santé mentale récurrente chez leurs usagers ou ils présentaient un projet en lien avec des centres spécialisés. Difficile de trouver l’équilibre entre les grilles de lecture de l’administration, la formulation de l’argumentaire et les missions de l’institution.

Santé mentale et CJ

De fait, il n’y a pas de lien particulier entre les Centres de Jeunes (CJ) et les questions de santé mentale. Néanmoins, les CJ travaillent à l’altérité et au développement d’une citoyenneté qui se veut inclusive et bienveillante. Les missions sont tournées vers la rencontre, la mixité et la découverte de l’autre. Comme dans le reste de la société, la santé mentale concerne tout le monde, chaque individu étant plus ou moins fragile selon les moments. Plusieurs problématiques sont couramment rencontrées au sein des institutions (assuétudes et troubles adolescentaires pour exemples) et de nombreuses associations reçoivent des jeunes médiqués ou suivis.

« C’est pas dans la liste... »

Le problème ne vient pas spécialement du fait que la santé mentale ne soit pas prise en considération, mais plutôt du fait qu’une liste de critères a été établie. Cette liste sert de référence et ce qui n’en fait pas partie peut être refusé comme argument dans la demande de subside. De multiples facteurs peuvent jouer dans l’obtention ou non d’un tel subside et il serait réducteur de ramener les refus à une seule question de procédure ou de sous-entendre que le secteur ne s’intéresse pas aux problèmes de santé mentale. Néanmoins, dresser une liste de critères balisant le cadre présente toujours le risque que les points repris deviennent une série exhaustive de ce qui fait ou ne fait pas la fragilité des personnes.

On en fait quoi ?

La vraie question qui demeure est la suivante : Que fait-on de ce constat ? Quelle place y-a-t-il pour souligner cette particularité ? A quel point les secteurs se rencontrent-ils ? Suite à une interpellation, combien d’entre nous ont entendu cette réponse : « D’accord mais c’est pas nos missions ». Comme si cela nous interdisait de (se) poser des questions, de créer des synergies et de considérer que nous agissons aussi sur certaines problématiques, même si elles ne font pas partie de notre mission principale. En l’occurrence, les questions de santé mentale sont transversales et dès lors que l’on travaille au bien-être et à l’émancipation des individus, on ne peut ignorer leur rôle. S’il est vrai que les aspects thérapeutiques et les accompagnements quotidiens doivent être la charge des spécialistes, il est nécessaire de prendre en compte ce facteur comme existant et potentiellement fragilisant.

Perceval CARTERON, éducateur.

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