Travailleur social sous pression : Comprendre le stress pour mieux le gérer

Travailleur social sous pression : Comprendre le stress pour mieux le gérer

C’est le mal du siècle, voire même du millénaire : le stress, tueur silencieux qui affecte bien des travailleurs d’univers variés. Les travailleurs sociaux ne sont pas en reste face à ce fléau et, comme beaucoup, ils sont tout aussi démunis. Gérer son stress au travail n’est pas une mince affaire, surtout lorsque la pression professionnelle et psychologique ne diminue pas. Quel est exactement ce fameux stress et quels sont les mécanismes qu’il met en œuvre chez ceux qui en sont victimes ?

[DOSSIER]

- Travailleur social sous pression : gérer son stress
- Travailleur social sous pression : le stress que l’on s’inflige

Un mécanisme d’adaptation naturel

Nous sommes tous soumis au stress, toutes professions et tous secteurs confondus. Certains diront que c’est une question de personnalité, mais de mon point de vue, il n’en est rien. Notre société est orientée vers la performance et ce, dans tous les secteurs professionnels. Le secteur social n’y fait pas exception. Et, nous le savons tous, être sous pression en permanence ou quasi, engendre un stress important chez le travailleur, qui n’est pas sans conséquences en termes de santé physique et psychologique. Alors, comment faire ? Premièrement, il importe de comprendre ce qu’est le stress, afin de mieux le gérer.

- [A lire] Travailleur social sous pression : gérer son stress

Nous l’avons peut-être oublié, mais nous sommes des mammifères et, à la base, nous vivions dans un environnement naturel hostile. Face à une situation perçue par notre cerveau comme étant de danger, ou, du moins, de demande inhabituelle, nous allons déclencher toute une série de mécanismes. C’est cela le stress : une réaction physique complexe, une mobilisation involontaire de l’énergie vitale de la personne, dont le but est de l’aider à réagir dans une situation exigeante. Le stress est donc tout à fait sain, naturel et normal : son absence serait même dommageable ! Cette réaction d’adaptation est stéréotypée, ce qui signifie que quel que soit l’élément déclencheur (le stresseur), les mêmes mécanismes seront déclenchés, c’est un réflexe.

Différencier les stresseurs dommageables

Nous sommes soumis à énormément de stresseurs tout au long de notre vie, voire simplement au cours d’une journée. Après tout, un stresseur est un élément qui vient perturber une routine, donc cela peut aller d’un changement de température à la perte de ses clés, en passant par un mariage ou le décès d’un parent proche. Certains stresseurs sont internes : ce sont nos petites pensées parasites ou nos tendances au perfectionnisme … Selon chacun, la dose de stress générée sera différente, mais certaines caractéristiques permettent d’identifier les stresseurs les plus dommageables pour l’organisme : ce sont ceux qui

- Ne sont pas reconnus ou identifiés,
- Se prolongent dans le temps,
- Sont répétitifs
- Portent atteinte à l’intégrité physique et / ou morale de la personne.

En effet, la réaction physiologique de notre corps en situation de stress est intense et n’est donc pas prévue pour des situations prolongées.

Adaptation à la situation

On appelle la réponse d’adaptation au stress le syndrome général d’adaptation. Les symptômes sont variés et leur intensité dépend de l’intensité de la situation : augmentation du rythme cardiaque, sensation de nœud à l’estomac, bouche sèche, mains et pieds froids, transpiration, montée d’adrénaline, etc. Ce qu’il faut comprendre, c’est que nous sommes biologiquement identiques, à peu de choses près, à nos ancêtres d’il y a 5000 ans. Et il y a 5000 ans, les stresseurs auxquels nous étions soumis exigeaient souvent des réponses physiques : fuir, se battre, se mettre en sécurité, etc. Notre organisme nous prépare donc à de telles réactions, difficiles à mettre en œuvre de nos jours, au travail ou à la maison.

Du stress au burn out

Après une telle décharge d’énergie, notre corps a besoin de repos, impératif pour reconstituer les réserves. Or, dans les cas les plus problématiques, les situations de stress se prolongent dans le temps, forçant notre organisme à rester sur le qui-vive. Dans ces cas, les organes sont trop fortement sollicités et des troubles, voire des maladies, peuvent apparaître : problèmes cardio-vasculaires, troubles digestifs (ulcères, etc.), risques de développement de diabète, troubles hormonaux, etc. Si l’organisme est usé par une somme importante d’adaptations, il peut atteindre le stade d’épuisement, autrement dit, le burn out.

Que faire concrètement ?

Maintenant que les mécanismes du stress sont compris, il devient plus facile de s’en prémunir autant que faire se peut. Des adaptations sont possibles afin de rendre les choses au moins gérables, dans les situations ou le stress est inévitable. Dans un prochain article, nous aborderons différentes stratégies de gestion du stress à mettre en place, adaptées au travailleur social.

MF - travailleuse sociale



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