Devenir sophrologue : Sahar Lahab livre son parcours

Devenir sophrologue : Sahar Lahab livre son parcours

La sophrologie est une profession de soin et de santé qui commence à faire son trou bien que celle-ci ne soit pas totalement reconnue. Très peu d’hôpitaux en Belgique jouissent d’un service totalement dédié à cette thérapie. L’hôpital Saint-Jean fait partie des exceptions. Cette situation, il la doit à Sahar Lahab, une sophrologue qui a monté le projet.

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Sahar Lahabi est sophrologue depuis dix ans. Elle a d’abord suivi une formation d’ergothérapeute puis s’est formée à la sophrologie en parallèle de son activité d’ergothérapeute à l’hôpital bruxellois Saint-Jean. Intéressée par la relation corps-esprit, mais également poussée par l’envie de réfléchir plus profondément sur les notions de douleur, de peur ainsi que sur l’origine de ces maux, elle décide de consacrer plus de temps à cette discipline. Depuis maintenant cinq ans, elle pratique en tant qu’indépendante et depuis peu, elle a fait mettre en place un service entièrement dédié à la sophrologie à l’hôpital Saint-Jean. Avec elle, nous allons retracer son parcours.

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Les débuts

A l’époque où elle a commencé, elle a emménagé une partie d’une chambre de son domicile pour donner ses séances de sophrologie.

« J’ai commencé à monter mon cabinet dans un petit coin de chez moi, c’était très pittoresque mais ça suffisait pour mon activité à ce moment-là. Ensuite j’ai souhaité me développer. Et là il faut être accompagné d’un bon comptable, c’est important ».

En effet, elle ne connaissait pas le monde des indépendants et les nombreux papiers, formulaires et budget qu’il faut remplir. C’est aussi une partie importante de sa profession que de savoir gérer son indépendance. « Il est crucial de savoir combien d’argent rentre et combien il en sort. D’où l’argent provient et d’où il va. Si on veut s’installer, et continuer dans la voie de l’indépendant, il faut avoir de solides bases ou avoir un bon comptable. Vraiment c’est important pour se lancer. Ensuite il faut savoir où tu peux t’installer et où tu ne peux pas ».

Se former

Ergothérapeute de base à l’Hôpital Saint Jean, elle s’est formée en parallèle. Sahar Lahabi avait beaucoup de patients avec des douleurs chroniques, de patients à qui l’ergothérapie ne suffisait pas. Elle s’est donc intéressée de plus en plus à la sophrologie pour comprendre et à avoir une boite à outil plus large.

« Il y a encore trois ans j’étais ergothérapeute avec une casquette de sophrologue. C’est délicat, du moins à mon époque, de se lancer directement en tant que sophrologue. C’était mystérieux et encore peu connu. Les professionnels se cachaient comme moi derrière une double casquette de thérapeute. Alors je me suis formée et petit à petit j’ai commencé à mettre plus de sophrologie dans mes consultations. J’ai ensuite consulté chez moi avec cette unique caquette. Et puis, il y a quelque temps, j’ai monté mon dossier de sophrologie pour le présenter à l’hôpital. C’était un dossier conséquent avec des études, des témoignages de professionnels, de médecins…Ça a duré un an, et à la suite, ils ont accepté de dédier un service à la sophrologie ».

La profession passe par une formation complémentaire en sophrologie. Dans la plupart des cas, les sophrologues ont une formation de base et la sophrologie vient compléter bien après un circuit d’étude ou de professionnalisation.

« La formation n’est pas encore reconnue par l’Etat, il faut se battre et travailler pour être reconnu par les médecins et les patients. C’est une formation qui vient en complément d’un solide cursus. Pour la plupart cette formation vient après quelques années de travail. Elle nous permet d’acquérir des outils différents et d’appréhender d’une manière totalement différente notre façon de procéder. On apprend à comment détendre, relaxer, mettre en confiance. C’est très enrichissant même dans le cadre privé ».

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Les qualités

Les prérequis pour envisager cette profession sont l’écoute, le non-jugement, l’altruisme, l’ouverture d’esprit, le sens du contact et l’adaptation. Ce sont des caractéristiques profondément humaines, indispensables pour pouvoir comprendre et accompagner l’autre.

« Il faut surtout avoir aucune attente vis-à-vis des patients, je m’explique. Notre profession se base sur l’étude de la conscience, par conséquence elle ne peut avoir aucune attente envers l’autre. Si on a une attente de rendement ou de réussite, on perd l’écoute vis-à-vis de l’autre. C’est d’ailleurs souvent comme ça dans les échanges privés, dans une discussion on écoute à moitié car on a une attente précise qui nous fait perdre notre attention vis-à-vis de l’autre. Là en sophrologie, c’est l’autre qui parle et nous, nous devons ressentir ce que le patient vit et ensuite lui apporter des outils ».

Les débouchés

« A ma connaissance, il n’y a que Saint Jean qui a un réel service de sophrologie. Il y a dans les autres hôpitaux des sophrologues mais pas officiel, cela est plus officieux en général. C’est une double casquette. Les débouchés, c’est bien souvent l’indépendance et donc d’avoir son cabinet, mais c’est souvent long et on passe par différents chemins avoir de pouvoir se lancer totalement. Cela étant, il n’y a pas de reconnaissance encore donc un contrôle moins facile des différents professionnels. Je ne vais pas dire que tout le monde peut se lancer en tant que sophrologue, mais effectivement c’est un risque de tomber sur des personnes moins formées. Après c’est comme pour tout, il faut se lancer et travailler ».

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B.T.



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