Financements incertains, équipes fragilisées : les ASBL du secteur santé-social en tension à Bruxelles
Les plus de 600 jours d’absence de gouvernement bruxellois ont profondément affecté le tissu associatif de la Région. Blocages, licenciements, perte de subsides : en 2025, nombre d’ASBL ont vécu des heures sombres. Et malheureusement, l’horizon semble loin de s’éclaircir… Une enquête de MonASBL.be.
Le silence durant la (trop) longue absence de gouvernement laisse des traces. Partout, on tire la sonnette d’alarme. En octobre 2025, à travers sa campagne « Liquidation sociale », la Fédération des services sociaux (FdSS) recensait déjà les pertes d’emploi liées à cette crise majeure. Quelques mois plus tard, malgré le gouvernement en place, l’incertitude demeure...
Après avoir recueilli, durant cette véritable traversée du désert politique, les appels à l’aide du secteur associatif, MonASBL.be donne aujourd’hui la parole à de nombreux gestionnaires de structures en détresse. Qu’il soit social, culturel, environnemental ou éducatif, le Non-Marchand traverse une période de grande complexité. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quelles sont les pistes de solutions ? Est-il possible de rester optimistes dans le contexte actuel ? On tire le fil…
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Les plus précaires sur le carreau
La chute d’un acteur clé de l’accès aux soins
29 décembre 2025. Le Centre Athéna, pilier de l’accès aux soins dans la capitale, annonce sa fermeture. Une décision qui suscite l’indignation dans le secteur de la santé. « On nous avait dit en off qu’une tranche de subsides non structurels de 150 000 € serait assurée pour 2025 », explique le docteur Pierre-Louis Deudon, président de la Fédération des Associations de Médecins Généralistes de Bruxelles, ASBL membre de l’organe d’administration du centre. Les mois passent : rien. Silence du côté du cabinet en affaires courantes.
« Début décembre 2025, on nous a finalement répondu que nous n’aurions pas cette tranche de subside. Vu que cela représentait un cinquième du financement d’Athéna et que le centre fonctionnait à flux tendu au niveau de la trésorerie — ce qui était connu du politique —, en bons gestionnaires, nous avons dû déclarer la faillite. Une dizaine de personnes ont été licenciées. » Depuis la formation du gouvernement, des contacts ont été pris avec le cabinet d’Ahmed Laaouej (PS), ministre de l’Action sociale. « On attend. Athéna, c’était 6.000 bénéficiaires par an. On pense qu’il y a déjà un gros impact sur d’autres structures de soins comme l’hôpital Saint-Pierre, le hub humanitaire de Médecins du Monde ou la garde bruxelloise. Aussi, pour une partie de notre public, il y a désormais un risque accru de non-recours aux soins », constate le médecin.
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Tenir malgré tout, jusqu’à quand ?
Si le cas dramatique d’Athéna est l’un des plus éloquents, nombre d’associations qui viennent en aide aux populations les plus fragilisées voient leurs missions menacées.
Direction Saint-Gilles, à l’ASBL Dune. Au sein de ce dispositif de réduction des risques liés à l’usage de drogues en milieu précaire, on accueille depuis plus de 25 ans un public en situation de grande vulnérabilité. « On propose une approche globale de la santé en travaillant sur les différents déterminants de la santé », introduit Charlotte Bonbled, directrice opérationnelle.
Comme la plupart des ASBL, pour survivre Dune doit jongler avec les subsides. « On bénéficie de subventions structurelles et de subventions facultatives, annuelles ou pluriannuelles. L’ensemble des subventions facultatives a été raboté de 15 %. Nous avons eu deux départs volontaires que nous n’avons pas remplacés. Sans ces départs, nous étions à risque de nous séparer d’une partie du personnel faute de pouvoir garantir les salaires. »
En plus du soutien psycho-médico-social, l’association propose de l’insertion socioprofessionnelle. « On a lancé la boutique vélo Zélie, ouverte à toutes et tous. À l’arrière, on forme les usager·es aux métiers de mécanicien·nes vélo, un secteur en pénurie en Région bruxelloise. » Mais l’absence de gouvernement a mis — et continue de mettre — en danger la viabilité de cette initiative innovante. « Le plan financier qu’on avait créé se basait sur l’agrément que nous étions certain·es de recevoir. Aujourd’hui, nous n’avons toujours aucune visibilité quant à la réouverture de cette demande d’agrément. Depuis plus de 600 jours, on puise dans nos maigres ressources pour assurer le poste de responsable d’atelier. »
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La mobilité douce et la cohésion sociale mises à mal
Si la boutique Zélie est mise en péril, c’est loin d’être un cas isolé dans le monde de la mobilité douce. Mi-mars, l’ASBL CyCLO, qui gère six points vélo dans la capitale et emploie 40 personnes, alertait la presse sur sa situation financière. Dans l’attente des subventions 2026 de la Région bruxelloise, l’organisation a prévenu qu’elle serait bientôt à court de liquidités pour payer son personnel.
... Lire la suite de l’enquête sur le site de MonASBL.be.
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