Le secteur de l’Aide à la Jeunesse également touché par la crise

Le secteur de l'Aide à la Jeunesse également touché par la crise

Depuis le refus du président du cdH, Benoit Lutgen, de continuer à former une majorité avec son partenaire socialiste, suite aux révélations concernant le Samusocial, le monde politique est en émois. Plusieurs secteurs, dont celui de l’Aide à la jeunesse, glissent peu à peu dans la crise que connait la Belgique actuellement.

Il y a à présent 2 mois que le président du cdH, Benoit Lutgen, a appelé les différents gouvernements à rediscuter des majorités en place. En cause : la série de révélations sur la gestion du Samusocial. Depuis, c’est la crise. Pour le secteur associatif, cela se traduit par différentes situations : l’abandon des accords avec le non-marchand, ainsi que le blocage de plusieurs réformes en cours. C’est le cas du Décret Code de l’Aide à la jeunesse, initié par le ministre socialiste Rachid Madrane, qui a été reporté au Parlement. Le secteur, fraichement refinancé à la hauteur de quelque 11,3 millions d’euros en novembre dernier, allait enfin voir des places d’hébergement créées et certaines de ses actions concrétisées. Oui, mais…

Un financement bloqué et la guerre est déclarée

A la fin du mois de juillet, le Cabinet Madrane a envoyé un communiqué de presse faisant état d’un blocage de la part du cdH du financement de places d’hébergement pour les jeunes. D’après le ministre socialiste «  … le CDH prend aujourd’hui en otages des enfants en grande difficulté. Manifestement, l’envie de gouverner avec une autre majorité semble faire perdre le sens des responsabilités au CDH. Par ailleurs, l’argument de Madame Greoli pour justifier ce blocage consistant à dire que certaines structures seraient trop politiquement orientées ne tient pas la route. Je me permets de lui rappeler que nous avons reçu trop peu de projets que pour avoir à favoriser quiconque ; tous les projets répondant à des besoins importants dans les zones géographique prioritaires ont été acceptés… »

Un réel conflit d’intérêt

La réponse du cdH, face à ces accusations, est très claire : le Cabinet Greoli confie à Belga être « "écœuré" par l’attitude "ignoble" des socialistes dans ce dossier ». Et réplique que « Les 11,3 millions ont été votés par les ministres cdH aussi. Nous sommes donc pour l’aide à la jeunesse et certainement les plus vulnérables. Nous accuser du contraire avec un pareil tire-larmes est ignoble. C’est à la lecture de ce dossier que nous ne pouvons laisser passer vu le soupçon de délit d’initié flagrant, de procédure opaque, voire de conflit d’intérêt dans le chef de cabinet adjoint du ministre Madrane. Enfin, il y en a pour plusieurs millions. Peut-on jouer avec autant de légèreté avec l’argent du contribuables [sic] ? »

Le Cabinet Greoli précise également qu’après avoir analysé la liste des bénéficiaires du refinancement de l’Aide à la jeunesse, il s’est rendu compte qu’elles étaient toutes liées à des associations socialistes, des majorités socialistes ou des membres du Cabinet du ministre Madrane. Pire, certaines associations contactées par la ministre Alda Greoli n’avaient jamais eu vent des appels à projet émanant du Cabinet de Rachid Madrane. Alda Greoli demande dès lors une relance de procédure, en s’assurant d’une publicité suffisante. Autre point soulevé par le Cabinet : le refus de la part du PS de soumettre les PV de réunions ayant conduits le Cabinet Madrane à octroyer les divers subsides. Du côté d’Alda Greoli, on précise « que les projets qui ressortiraient d’un appel à projet enfin transparent, avec une publicité suffisante, seraient bien sûr soutenus. »

Un problème déjà soulevé auparavant

Dans un de ses articles, le magazine Alteréchos faisait déjà état d’un conflit d’intérêt flagrant au sein du Cabinet du ministre socialiste. En cause : le directeur de la Cité de l’Enfance, Alberto Mulas, qui avait été détaché par le Cabinet du ministre en tant qu’expert de l’Aide à la jeunesse. Fort de sa position, M. Mulas « …utilisait à ce point sa place dans un cabinet ministériel pour étoffer ses services. On nage ici en plein conflit d’intérêts ». Directeur de la Cité de l’Enfance, faisant partie du mastodonte qu’est l’Intercommunale de Santé Publique du Pays de Charleroi (ISPPC), Monsieur Mulas aurait donc vu plusieurs de ses services généreusement subsidiés par Rachid Madrane. Voire, lui-même, puisqu’il siégeait dans la Commission d’agrément des subsides.

L’ISPPC plusieurs fois pointée du doigt

L’Intercommunale de Santé Publique du Pays de Charleroi avait déjà fait l’objet de soupçons ces derniers mois. Entre rémunérations excessives et abus de biens sociaux de la part de son directeur, Philippe Lejeune, la structure avait déjà essuyé plusieurs accusations. Sauf que l’organisation est gigantesque et donc, peu facile d’accès pour ceux qui tentent d’avoir des informations. Le Cabinet Greoli, lors de ses recherches, a également relevé que plusieurs fois, l’ISPPC s’était vue octroyer des sommes importantes (entre 500.000 et 700.000 euros), pour des projets relatifs à l’Aide à la jeunesse.

Si à l’époque, le ministre Madrane niait tout favoritisme envers l’ISPPC et dans l’octroi des subsides par le directeur de la Cité de l’Enfance, Alberto Mulas, il semblerait cependant que les recherches effectuées par le cdH démontrent le contraire…

[A lire]

- Un changement de majorité qui profitera à l’Aide à la jeunesse ?
- L’aide à la jeunesse, un secteur aussi en manque de visibilité
- Bruxelles-Ville vise la gouvernance exemplaire…vraiment ?
- La Samusocial, une machine à capter des subsides bien huilée



Commentaires - 1 message
  • En ce qui concerne le nouveau CODE (décret Aide à la jeunesse), cela n'a rien à voir avec du favoritisme politique mais concerne le citoyen dans son ensemble. Je ne comprends donc pas pourquoi le projet est bloqué vu tout le travail que cela a demandé aux personnes du secteur et vu le nombre d'années depuis lequel nous attendons cette réforme...

    VL - Assistante sociale jeudi 24 août 2017 11:28

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