Aide à la jeunesse : de nouvelles prises en charge annoncées face aux milliers de jeunes en attente
Face au déficit structurel de prises en charge pour les mineurs en danger ou en difficulté, la Fédération Wallonie-Bruxelles annonce un renforcement de l’Aide à la jeunesse. Création de nouvelles places, revalorisation de l’accueil des tout-petits et élaboration de balises communes pour les pratiques : ces mesures visent à mieux soutenir les services et les professionnels confrontés à une demande croissante sur le terrain.
Le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles vient d’adopter trois mesures structurantes destinées à renforcer les dispositifs d’accompagnement des jeunes en danger ou en difficulté.
Première mesure
Elle concerne la création de 316 nouvelles prises en charge en 2026 et 2027, dans le cadre de l’objectif de 500 prises en charges supplémentaires sur la législature, dont 250 à Bruxelles. Deux appels à projets sont lancés sur la base d’un outil de programmation pluriannuelle, intégrant le taux de couverture, les observations de terrain et les besoins exprimés par les juges et professionnels de terrain. En 2026, 229 mandats seront créés, dont 145 à Bruxelles : Accueil familial et Accompagnement (psycho)socio-éducatif.
Notons également qu’en 2027, 87 nouvelles prises en charge sont prévues : 39 places résidentielles supplémentaires, dont 27 à Bruxelles, et l’accompagnement intensif en famille sera renforcé avec 48 mandats.
Deuxième mesure
Elle vise la protection des tout-petits. "Une montée qualitative de l’existant est engagée afin de mieux encadrer l’accueil des enfants non scolarisés", annonce le gouvernement de la Fédération Wallonie‑Bruxelles. "Les SRPE (Services Résidentiels de la Petite Enfance) sont revalorisés : les normes d’encadrement et frais de fonctionnement sont revus à la hausse, l’alignement avec la logique des SASPE (Services d’Accueil Spécialisés de la Petite Enfance de l’ONE) est ainsi assuré. Cette réforme renforce le lien entre les compétences Enfance et Aide à la Jeunesse portées par la Ministre Valérie Lescrenier. Elle concerne 150 enfants au sein de cinq services établis à Namur, Charleroi, Molenbeek et Uccle."
Troisième mesure
Structurelle, elle vise à mettre en œuvre une méthodologie partagée : balises communes de prise en charge, analyse coût-efficacité. Cette démarche intégrera notamment la notion de coparentalité comme concept fort, afin de maintenir le rôle des parents et de renforcer une parentalité partagée entre familles et institutions. Deux conseillers pédagogiques mèneront la concertation, la rédaction et l’implémentation progressive de cette méthodologie dans l’ensemble des services.
Aide à la jeunesse : des milliers de jeunes toujours en attente d’un accompagnement
Chaque année, 44.000 jeunes sont pris en charge, dont 94 % en situation de danger ou de difficulté. En 2024, cela représentait 43.634 jeunes, dont 23.691 simultanément. Pourtant, la Fédération Wallonie-Bruxelles fait face à un déficit structurel de prises en charge.
Au 1er février 2025, 5.689 jeunes étaient en attente d’une prise en charge adaptée : 3.548 en attente d’un accompagnement en milieu de vie, 1.581 en attente d’une place en service résidentiel général et 629 en attente d’un accueil familial. 2.210 jeunes sont donc en attente d’une option résidentielle, soit environ 40 %. Certains jeunes pouvant bénéficier de l’un de ces dispositif, le nombre effectif de jeunes concernés est inférieur à 4.000.
"Ces chiffres prennent une dimension particulière lorsque l’on sait qu’un jeune mis en attente d’un accompagnement a 85 % de risques d’être ensuite placé, contre 15 % lorsqu’il en bénéficie immédiatement. L’enjeu d’une réponse rapide et adaptée est donc central", poursuit l’exécutif.
Une politique articulée autour de quatre axes
L’action de la Fédération Wallonie-Bruxelles en matière d’Aide à la jeunesse s’organise autour de quatre axes principaux. Le premier concerne la prévention, avec l’objectif d’intervenir le plus tôt possible afin d’éviter que certaines situations de vulnérabilité ne se dégradent ou ne mènent à des parcours marqués par la délinquance.
Le deuxième axe porte sur la protection des mineurs en danger, qu’il s’agisse de jeunes en rupture, victimes de maltraitance ou de négligence familiale, ou encore exposés à des situations de danger dans l’espace public. L’accompagnement se fait d’abord sur une base volontaire avec les familles. Lorsque la situation met gravement le jeune en danger et qu’un travail avec l’entourage n’est plus possible, un juge de la jeunesse peut intervenir et décider d’une mesure contraignante, comme un placement.
Le troisième axe concerne les mineurs en conflit avec la loi, avec la volonté de proposer des parcours individualisés tenant compte des besoins et de la situation de chaque jeune.
Enfin, l’approche se veut également intersectorielle, en articulant l’Aide à la jeunesse avec d’autres domaines comme la santé mentale, l’enseignement, le logement ou encore le sport, afin de mieux répondre à la diversité des situations rencontrées.
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