Quid de l’« après » Samusocial ?

Quid de l'«après'' Samusocial ?

Le secteur du sans-abrisme est en crise depuis plusieurs mois, notamment en Région bruxelloise. La situation au Samusocial a déclenché une véritable onde de choc dans la population. Mais à travers cette crise, c’est tout un système, un mode de fonctionnement qui est remis en question. A l’heure où la ministre en charge de l’Aide aux personnes, Céline Frémault, annonce vouloir mettre sur pieds une structure publique, sorte de Samusocial 2.0, le secteur lui s’interroge sur les moyens injectés et les méthodes, qui, selon eux, manquent de coordination entre les gouvernements en charge.

A l’aube du Plan hivernal, d’habitude porté par le tristement célèbre Samusocial, le terrain s’interroge. Si la ministre en charge de l’Aide aux personnes en Région bruxelloise, Céline Frémault a promis que le secteur du sans-abrisme allait être « réformé », avec notamment la mise sur pieds d’un BAIS (Bureau d’Aide et d’Insertion Sociale) pour remplacer le Samusocial, qu’en est-il de l’aide réelle apportée ? Le Plan hivernal de cette année, lui, verra heureusement le jour comme prévu de novembre à mars, mais d’autres initiatives doivent également voir le jour, pour le secteur, si les politiques souhaitent réellement lutter contre le problème. Bx1 recevait la ministre Céline Frémault et le terrain pour un débat autour de ce sujet assez sensible.

Un avenir incertain

Le secteur du sans-abrisme, surtout depuis les révélations faites sur le Samusocial, est en crise. Tant au niveau de l’accueil et l’aide aux personnes que du personnel même du Samusocial, les initiatives existent, mais elles manquent de concret. Les conditions de travail laissent à désirer, plusieurs licenciements ont dû s’opérer au sein des structures et l’avenir est incertain. « Les équipes sont diminuées parfois de moitié. Certains travailleurs commencent leur journée à 16h et les finissent à 8h du matin. C’est très compliqué, nous sommes dans une tournante qui ne nous permet pas de travailler en toute sérénité », explique un travailleur du Samusocial.

Au niveau des petites associations, c’est surtout un manque de moyens financiers qui empêche de réalise le travail au mieux. « On est pas oublié, il y a certaines initiatives qui sont soutenues, mais proportionnellement à l’argent que reçoit le Samusocial, on est pas beaucoup subsidiés. Le Samusocial fait du bon travail pour une partie du travail qu’ils font, mais ne donner de l’argent qu’à l’accueil d’urgence, des repas, des lits pour la nuit, oui c’est important, mais on ne peut pas limiter l’aide à ça. On doit étendre cette aide là » précise David Desmet, Directeur du pôle logement de l’ASBL L’ilôt.

Également pointée du doigt, l’organisation des missions accordées au Samusocial. Pour David Desmet, la multitude des missions dont a la charge le Samusocial fait qu’il n’est pas possible de les étendre. Il suggère donc de donner les missions à d’autres associations, avec les financements adéquats.

Le BIS ?

La mise sur pieds d’une nouvelle structure au sujet des initiatives futures, des moyens nouveaux alloués et les enseignements à tirer de la crise du Samusocial, Céline Frémault a répondu : « Depuis 3 ans, les acteurs le savent bien, j’ai veillé à implémenter à Bruxelles toutes une série de mesures innovantes autour de la table notamment par rapport au Housing First. On a dégagé des moyens, on est passé de 400.000 euros à 1.200.000 euros. […] On va consacrer les moyens qui sont nécessaires à l’urgence. On a un dispositif hivernal qui va démarrer au 15 novembre et se terminer au mois de mars. On a toujours voulu pratiquer un accueil inconditionnel depuis maintenant 3 ans, à Bruxelles. Ces moyens sont donc là, mais ils vont être effectivement plus contrôlés. »

Des débats qui cachent le réel problème

Si la ministre reconnait que le Samusocial était un « acteur hégémonique » du sans-abrisme et sa chute a plus que certainement engendré une profonde remise en question de l’aide à apporter, une des inquiétudes du secteur est aussi que ces débats sur les grosses structures (Samusocial, BAIS…) détournent l’attention du réel problème rencontré par le terrain. «  J’ai peur que le débat autour de toutes ces structures, le débat autour de l’organisation du secteur ne gâche un peu la vraie problématique et les vraies demandes qu’on a pour le moment qui sont de pouvoir offrir des portes de sortie aux personnes qui sont dans la rue ou qui sont dans des maisons d’hébergement. Ça manque grandement », explique Pierre Ryckmans, de l’ASBL Infirmiers de rue.

Vidéo du débat

La rédaction



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