Un nouveau CA pour le Samusocial, mais… la même directrice ?

Un nouveau CA pour le Samusocial, mais... la même directrice?

Suite aux révélations sur les rémunérations des administrateurs du Samusocial, la Région bruxelloise a décidé de réformer la structure, en la transformant en un organisme régional public. Dans la foulée, un nouveau CA, composé principalement de membres de l’associatif, a été désigné. L’ancienne directrice, Pascale Peraïta, au cœur du scandale, a elle fait savoir qu’elle reprendrait le chemin de l’asbl ce vendredi. C’est l’effarement.

Pascale Peraïta manque-t-elle de décence ou de lucidité ? C’est la question qui est sur toutes les lèvres, à l’heure où, après les révélations des rémunérations plus qu’astronomiques qu’elle a perçues par le Samusocial pour un travail non fourni, l’ASBL essaye de garder la tête hors de l’eau et d’organiser le prochain Plan hivernal. La Région avait enfin décidé de transformer la structure, privée à la base, en organisme régional public et de mettre un nouveau CA sur pieds. L’ancienne directrice et ex-membre du PS (exclue suite au scandale), qui s’est montrée tout sauf coopératrice pendant les différentes Commissions parlementaire, a fait savoir, par le biais de son avocat, qu’elle reprendrait la direction de l’ASBL ce vendredi. Un des objectifs de cette manœuvre, même si personne ne le dit ouvertement, serait de toucher des indemnités de départ.

Le nouveau CA s’entoure d’un avocat

Le nouveau CA du Samusocial a été désigné cette semaine. Composé principalement de membres du monde associatif, il compte 5 personnes : Christophe Happe, directeur général de l’hôpital psychiatrique Jean Titeca ; Stéphane Heymans, directeur opérationnel de Médecins du Monde ; Christine Vanhessen, directrice de la fédération des maisons d’accueil et des services d’aide aux sans-abri (AMA) ; Bruno Vinikas (PS), vice-président du forum Bruxelles contre les inégalités et Nick Van Craen (étiqueté sp.a), professeur à la VUB et membre du comité belge d’aide aux réfugiés.

Après l’annonce de l’avocat de Mme Peraïta à la RTBF, « de se présenter ce vendredi pour assumer pleinement sa fonction de directrice du Samusocial. Madame Peraïta considère être apte à exercer sa fonction le plus sereinement possible », le CA a désigné un avocat spécialiste en droit social afin d’analyser le contrat liant l’ancienne directrice à l’ASBL. Pour la ministre en charge de l’Aide aux Personnes à la Région bruxelloise, Céline Frémault, c’est « inadmissible, après tout ce qui s’est passé au cours des derniers mois, que Pascale Peraïta n’ait pas la lucidité de se tenir à distance d’un organisme dont la Région gère la transition ». La ministre a également précisé à La Libre « regrettable, sur le plan moral et à titre personnel, que Pascale Peraïta continue à vouloir prendre toute une institution et ses travailleurs en otages... La seule question qui mérite toute notre énergie est la sortie de la rue des sans-abris et leur accompagnement pour une réinsertion rapide et efficace. Vouloir se maintenir à tout prix dans ce contexte frôle l’indécence. »

Toucher des indemnités ?

Madame Peraïta bénéficiait, depuis 2013, moment de son accession à la présidence du CPAS de la Ville de Bruxelles, d’un congé sans solde. La volonté de cette dernière, est d’y mettre un terme en revenant ce vendredi en tant que directrice. Ce à quoi se refuse unanimement la sphère politique bruxelloise. De plus, il semblerait y avoir une démarche plus pragmatique derrière : en effet, juridiquement, Madame Peraïta pourrait demander à bénéficier d’indemnités de licenciement.

Les réactions

Plusieurs élus ont évidemment condamné cette décision de Madame Peraïta et y font blocage. Les MR Vincent De Wolf et Viviane Teitelbaum, membres de la Commission d’enquête précisent à La Libre « Le retour de Pascale Peraïta reste choquant et inenvisageable. Il ne fait nul doute que Pascale Peraïta a gravement porté atteinte à l’image de l’institution d’aide aux personnes sans-abri, laquelle tente, tant bien que mal, de tourner la page et de préparer sereinement le prochain accueil hivernal. »

Déjà en septembre 2016, M. de Wolf avait enjoint le gouvernement bruxellois a entamer des procédures juridiques contre le retour de Madame Peraïta et le paiement d’indemnités de départ. A l’heure actuelle, rien n’a encore été concrétisé. « Une étude juridique a-t-elle été commandée par le Collège réuni ou par la direction du Samusocial ? » et « Quel est le mandat donné au nouveau Conseil d’administration du Samusocial ? »

Défi, quant à lui, invitent les nouveaux dirigeants de l’ASBL à prendre des mesures concrètes pour empêcher Pascale Peraïta de reprendre ses fonctions.

Le PS, parti de cœur de Madame Peraïta a , quant à lui, par le biais du député Ridouane Chaïd, demandé une réunion d’urgence avec les nouveaux membres du CA, en vue, précise-t-il à La Libre de « prendre une décision donnant un signal clair allant vers le changement voulu, en faveur du Samusocial et de ses travailleurs. » Pour Ecolo, la crédibilité et les missions de l’ASBL seront grandement touchées si l’ancienne directrice venait à y remettre les pieds. Alain Maron explique « Ni l’affairisme, ni le cynisme ne peuvent gagner, encore moins dans cette affaire ». Tout doit être fait « pour qu’elle ne puisse prétendre à des indemnités, sous peine, là encore de mettre à mal le Samusocial, qui sera bien en peine de les financer. »

A suivre ce vendredi…

Finalement, Pascale Peraïta ne se sera pas présentée ce matin. A 10h, une action du personnel et des délégués syndicaux prenait place à Bruxelles, pour protester contre ce retour. Les négociations avec l’avocat de Madame Peraïta et l’avocat choisi par le CA se poursuivent.

La rédaction

Crédit photo : Samusocial

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