Aide à la jeunesse, enfance... : les promesses de la nouvelle coalition

Aide à la jeunesse, enfance...: les promesses de la nouvelle coalition

Le Guide Social a épluché la déclaration de politique générale de la nouvelle coalition de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Développement de l’enseignement inclusif, soutien à la promotion sociale, création d’un bachelier en éducation et accueil du jeune enfant, renforcement de la prévention dans l’Aide à la jeunesse, création de refuges pour LGBTQI+ : voici ce que le secteur psycho-médico-social doit en retenir.

[DOSSIER]
- Fédération Wallonie-Bruxelles : Glatigny à l’Aide à la jeunesse, Linard à la Petite enfance
- Exécutif wallon : Christie Morreale à l’Action sociale et à la Santé

Consolider le rôle du secteur associatif

Le Gouvernement s’engage à utiliser les leviers dont il dispose pour consolider le rôle et l’autonomie du secteur associatif qui, à côté des services publics, est essentiel pour la cohésion sociale et la vitalité démocratique. La nouvelle coalition veut consolider le rôle et l’autonomie du secteur associatif en veillant à mettre en œuvre dans ses politiques les principes de la Charte associative.

Aide à la jeunesse : la prévention encore renforcée

- Pour le secteur de l’aide à la jeunesse, l’entrée en vigueur du code de la Prévention, de l’Aide à la jeunesse et de la Protection de la jeunesse a été un des événements importants de la précédente législature. Si l’on en croit la déclaration de politique générale de la nouvelle coalition, cette réforme d’envergure pourra être modifiée au cours de ces cinq prochaines années. Une chose est certaine : le Gouvernement veut renforcer toujours plus l’axe « prévention » de l’aide à la jeunesse.

- Pour le Gouvernement, chaque jeune en danger ou en difficulté grave doit pouvoir disposer d’une aide spécialisée adaptée. En conséquence, il s’engage à ce que les services proposés soient disponibles et équitablement fournis sur l’ensemble du territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il veillera aussi à réduire le délai de placement du jeune et à favoriser un retour plus rapide en famille.

- Finalement, le ou la ministre en charge de l’Aide à la jeunesse devra avoir une attention particulière aux jeunes « incasables ». La majorité s’engage en effet à « renforcer les capacités des services d’accompagnement et des services résidentiels, la couverture territoriale des services résidentiels d’urgence et l’offre de prises en charge en services résidentiels d’observation et d’orientation en vue de leur intégration dans les services compétents dépendant des Régions. »

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Fait qualifié infraction : un plan d’actions

Le Gouvernement veut accorder une attention particulière aux jeunes soupçonnés d’avoir commis ou ayant commis un fait qualifié infraction. Comment ?

- En renforçant et diversifiant les possibilités de prise en charge afin de répondre au mieux à la situation de chaque jeune.
- En améliorant l’offre alternative à l’enfermement pour les mineurs radicalisés soupçonnés d’avoir ou ayant commis un fait qualifié infraction, en concertation étroite avec le secteur de la justice et de l’aide à la jeunesse.
- En perfectionnant la formation continue du personnel des IPPJ, notamment en ce qui concerne la détection des comportements liés à la radicalisation violente, aux assuétudes et au risque de suicide.
- En mettant en place un statut administratif et pécuniaire au profit des conseillers laïques et religieux au sein des IPPJ.
- En reconnaissant davantage les difficultés spécifiques des métiers du secteur de l’aide à la jeunesse.

Maisons de justice : favoriser la désistance

Lors de la législature précédente, la Fédération Wallonie-Bruxelles s’est vu confier de nouvelles compétences : les maisons de justice, la surveillance électronique et les missions d’accompagnement et de prise en charge des justiciables. « Afin de mieux rendre compte de l’étendue de ces nouvelles compétences, un code de la justice communautaire sera élaboré, compilant l’ensemble des dispositions de droit positif en Fédération Wallonie-Bruxelles », annonce le futur Gouvernement.

Dans cette thématique, la coalition veut aussi mettre l’accent sur la lutte contre la récidive en favorisant la désistance. Un projet pilote de maison de désistance sera donc développé à Bruxelles et en Wallonie pour une durée de deux ans. Après évaluation, si le résultat est positif, l’initiative devrait être lancée dans d’autres arrondissements judiciaires.

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Enseignement : décloisonner ordinaire et spécialisé

Rayon enseignement, le Gouvernement souhaite décloisonner enseignement ordinaire et enseignement spécialisé. Il propose notamment de mettre en place une table ronde de l’enseignement spécialisé afin d’analyser globalement le système en réunissant les spécialistes du secteur. Cette initiative aura pour but de réformer l’enseignement spécialisé en concertation avec les acteurs de l’enseignement. Autre engagement : diminuer le nombre d’élèves fréquentant l’enseignement spécialisé en favorisant l’inclusion dans l’enseignement ordinaire chaque fois que cela s’avère possible et en dégageant les moyens nécessaires à leur inclusion. Notons encore cette autre promesse : la majorité veut encourager le développement de classes d’enseignement spécialisé au sein d’établissements de l’enseignement.

Notons encore que dans la thématique de l’enseignement, Ecolo, PS et MR s’engage à réformer les centres psycho-médico-sociaux afin d’offrir un meilleur soutien aux élèves dans toutes les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Promotion sociale : soutenir les équipes éducatives

Le Gouvernement souhaite s’attaquer à la promotion sociale. Concrètement, il entend renforcer son accessibilité, soutenir les étudiants et les équipes éducatives. Pour y parvenir, il a énuméré une série de priorités. Il est notamment question de mener un réel pilotage de la filière afin de mieux percevoir les meilleures politiques à mettre en place et lui permettre de répondre aux nombreux défis actuels. Le futur exécutif veut aussi soutenir les enseignants et répondre aux besoins des équipes éducatives concernant leurs conditions de travail et leurs pratiques pédagogiques quotidiennes.

Nous avons aussi détecté cette volonté : « Encourager les coopérations et fusions sur base volontaire entre établissements d’enseignement de promotion sociale pour harmoniser l’offre de formation et renforcer les moyens administratifs et pédagogiques des établissements, tout en veillant à conserver une offre de proximité. »

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Bachelier en éducation et accueil du jeune enfant

Le Gouvernement promet d’offrir à chaque enfant un accueil de qualité. Dans cette perspective, il veut mettre en œuvre progressivement la réforme des milieux d’accueil en collaboration avec les acteurs de terrain (pouvoirs locaux, milieux d’accueil, etc.), les régions et la Cocof. Dans ce cadre, il veut accroître la qualité de formation du personnel. Comment ? En créant, outre les formations existantes, une formation de bachelier en éducation et accueil du jeune enfant. Elle sera accessible aussi en formation continue. Le gouvernement veut intégrer une sensibilisation à la pauvreté infantile dans le cursus de toutes les formations initiales des métiers de la petite enfance

Notons encore que PS, MR et Ecolo désirent poursuivre la réflexion visant à augmenter les places disponibles dans les différents types de milieux d’accueil. « Après évaluation, poursuivre et généraliser la mise en place du statut des accueillants et accueillantes d’enfants en ce compris pour la situation des co-accueillants conventionnés et des co-accueillantes conventionnées », lit-on dans la déclaration de politique générale.

Un coup de pouce aux familles

Pour soutenir les familles, le Gouvernement a mis en place un plan d’actions. Il prévoit notamment d’augmenter les services d’accompagnement des familles : en période périnatale, en service de liaison à la maternité ou ailleurs, en fonction du choix d’accouchement, en consultations pour enfants ou en visite à domicile, équipes SOSEnfants, les espaces pour les parents dans la séparation... Il veut aussi développer davantage les consultations prénatales de l’ONE et en assurer la gratuité.

La nouvelle majorité promet de renforcer l’accompagnement dans les prisons des femmes enceintes ou avec leur enfant. Elle souhaite mener une réflexion, en concertation avec l’autorité fédérale, sur l’opportunité de systématiser le recours aux milieux d’accueil pour les enfants des détenues.

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Garantir le droit des femmes

Le Gouvernement entend mener une politique exemplaire dans toutes les matières qui relèvent de sa compétence pour garantir les droits des femmes. Il s’engage tout d’abord à pérenniser et renforcer le Ministère des droits des femmes en garantissant la prise en compte de la dimension de genre dans la confection des budgets et dans l’élaboration de toutes les politiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Autre objectif : réaliser les assises des droits des femmes associant les parlements et tous les actrices et acteurs concernés et concevoir un « plan égalité » identifiant les mesures qui permettent de renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes. Finalement, la nouvelle majorité veut généraliser l’éducation à la vie relationnelle sexuelle et affective (EVRAS) et veiller à ce qu’elle soit donnée par des opérateurs labellisés.

LGBTQI+ : soutenir la création de refuges

Finalement, pointons un autre engagement des trois partis qui formeront la nouvelle majorité : défendre les droits des personnes LGBTQI+ à travers une série d’initiatives. Il est notamment question de soutenir structurellement les associations actives dans la défense et l’accompagnement des personnes LGBTQI+, en particulier par la création de refuges. Le Gouvernement veut aussi intégrer la dimension LGBTQI+ dans les formations d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS).

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