8.000 places menacées : les milieux d’accueil de la petite enfance en crise

8.000 places menacées: les milieux d'accueil de la petite enfance en crise

La menace plane sur les milieux d’accueil du secteur de la petite enfance. Un millier de places disparaîtront d’ici la fin de l’année scolaire selon la Fédération des milieux d’accueil de la petite enfance (Femape).

Plus de 8 000 places menacées d’ici la fin de l’année scolaire pour les milieux d’accueil pour les tout-petits. Voilà les résultats de l’enquête menée en mai dernier par la Femape sur 435 structures d’accueil, principalement des crèches non subventionnées et des accueillantes indépendantes ou conventionnées. Cela représenterait 17% de capacité en moins pour une offre de 46 315 places à Bruxelles et en région wallonne, soit la disparition d’une place sur six.

Sur les 8 000 places, 1 000 vont certainement disparaître d’ici juin prochain selon Alan Keepen, représentant de la Femape. Les 7 000 autres correspondent à une estimation réalisée à partir des réponses à l’enquête. En trois mois, il y a eu 338 places supprimées, ce qui représente plus du double de ce que les participants de l’étude avaient prévu. Or, “ce nombre augmente chaque semaine, voire chaque jour”, estime M. Keepen au journal La Libre. Plusieurs crèches ont déjà fermé leur établissement mais ce n’est que le début... La situation va encore s’accélérer car certaines structures ont décidé de fermer à la fin de décembre ou lorsque leur contrat arrivera à expiration.

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“Le Covid-19 a eu un effet accélérateur”

Les crèches et les accueillantes d’enfants se trouvaient déjà dans un état critique depuis la réforme Milac (pour milieux d’accueil de la petite enfance). La crise sanitaire a été la goutte d’eau de trop. En effet, “le Covid-19 a eu un effet accélérateur” sur la fermeture des places, annonce M. Keepen à La Libre. Pour la Femape, les autorités politiques et l’ONE (Office de la naissance et de l’enfance) ont mené une gestion désastreuse de la crise. Par exemple, des mesures de soutien avaient été annoncés le 18 mai mais elles n’ont abouti à rien de concret.

Financièrement, c’est une catastrophe. Alors que de nombreuses accueillantes indépendantes ont dû fermer pour cause sanitaire, elles n’ont jamais reçu les aides qui devaient soulager leur perte économique. “Certaines sont dans une situation dramatique, comme cette maman qui doit chercher des colis alimentaires pour que sa famille puisse manger”, explique la Femape au quotidien La Libre. Sur le plan psychologique, les équipes sont aussi sur le point de craquer, surtout dans le secteur privé de l’accueil. Sur les accueillantes interrogées dans l’étude, 50% se sentent découragées, 29,1% un peu découragées contre seulement 17,6 % qui restent motivées (10,8%) ou très motivées (6,8%).

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La réforme Milac en cause ?

Entrée en vigueur le 1er janvier 2020, la réforme Milac serait pour la Femape une des causes majeures à ces fermetures. Les différentes mesures adoptées comme la simplification des types de milieux, le changement dans la formation ou encore les nouvelles normes de subsides suscitent désapprobation et colère dans les milieux d’accueil de la petite enfance, surtout dans le secteur privé. La fédération alarme : non seulement des accueillantes ne pourront plus exercer leur métier à cause du rehaussement des qualifications mais l’interdiction de recourir à des puéricultrices indépendantes dans les crèches pénalise aussi fortement les milieux d’accueil non subventionnés. Pourtant, le secteur privé de l’accueil, qui compte 13 375 places, forme 29% des structures, soit presque un tiers de l’offre totale.

Les craintes de la fédération ? Une flambée des prix et un accès moindre pour les parents. Autrement dit, les crèches privées deviendront soit trop coûteuses, soit non viables. Si aucune modification n’est apportée, les milieux d’accueil non subventionnés fonceraient droit dans le mur.

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