Covid-19 et institutions spécialisées : “Le secteur de la débrouille”

Covid-19 et institutions spécialisées :

La situation préoccupante des institutions spécialisées pour les personnes handicapées pendant cette pandémie a fait l’objet d’une discussion jeudi dernier lors de la commission spéciale Covid de Bruxelles.

La commission spéciale Covid-19 du Parlement bruxellois, chargée de surveiller la gestion de la crise, a repris ses travaux jeudi passé. Sophie Vankrienge, présidente de l’association bi-communautaire de Bruxelles-Capitale travaillant en faveur des personnes handicapées, est intervenue pour rendre compte des enjeux auxquels ont été confrontés les professionnels des centres spécialisés pendant cette crise sanitaire.

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La réalité des acteurs de terrain

Sophie Vankrienge a d’abord tenu à rappeler les efforts monumentaux du personnel pendant la première vague quand les bénéficiaires ne pouvaient pas fréquenter les centres : “Les travailleurs sont des personnes aux valeurs fortes. Notre secteur est le secteur de la débrouille. Ils ont pris constamment contact avec les bénéficiaires et leurs proches par les moyens technologiques mais aussi sur place.”

Lors de cette deuxième vague, les centres d’hébergement étaient ouverts et fréquentés. Voilà la réalité des travailleurs en confinement avec des personnes handicapées : "Notre quotidien, c’est d’entrer dans la chambre de quelqu’un et de découvrir des excréments partout sur les murs, des lits démontés, des dépressions terribles quand ces personnes sortent de l’isolement", explique la présidente de l’association pendant la commission.

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Les institutions ignorées

Sophie Vankrienge expose la procédure du testing pour le personnel et les bénéficiaires. Iriscare a fourni des tests pour les usagers mais la plupart des structures, qui n’ont pas de médecins référents, ont dû se débrouiller seules et faire appel à des maisons médicales pour réaliser les tests.

Les institutions spécialisées, de petite taille, se sont vu refuser des testing. “On ne va pas faire déplacer un médecin pour 6 travailleurs ? Vous n’avez qu’à tous les mettre en quarantaine.” C’est ce que la médecine du travail répondait à des employés ayant été en contact avec une personne Covid. Au final, il n’y a eu qu’un seul testing réalisé pour tous les professionnels et les résidants. Cela a coûté une fortune : plus de 2 500€ pour 20 travailleurs.

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Comment répondre à la surcharge de travail ?

Aujourd’hui, les travailleurs des centres d’hébergement sont surchargés, en raison des normes d’encadrement obsolètes aux réalités actuelles mais aussi à cause de la crise sanitaire. La fermeture des centres de jour et la quarantaine de certains membres des équipes n’arrangent pas les choses.

Pour pallier le manque de personnel, la présidente de l’association ne s’oppose pas à l’idée de faire appel à des bénévoles, mais elle explique que ceux-ci devront faire face à des situations difficiles à gérer. Elle appelle plutôt les autorités à mettre en place un système pour échanger le personnel des institutions afin de répondre à la demande.

Pour conclure ses propos à la commission, elle rappelle que les acteurs de terrain “sont aujourd’hui confrontés à la réalité sanitaire et à la réalité du bien-être de leurs bénéficiaires. Ils font tout ce qu’ils peuvent pour faire attention à leur santé mais aussi à leur qualité de vie.”

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