Handicap : la campagne "JE CRAQUE" pour libérer la parole

Handicap: la campagne

Cela fait maintenant deux mois que les parents de personnes en situation de handicap voient leurs enfants confinés, soit en centre et donc sans leur famille, soit au sein de ces dernières. Mais les conditions de confinement de ces citoyens peuvent induire des conséquences graves pour leur santé physique et psychologique, et ce, quel que soit leur lieu de confinement.

« Confinés à la maison, ils ont perdu leurs repères et activités habituelles qui leurs permettaient de continuer à progresser ou de maintenir leurs acquis. Confinés dans leurs centres de vie, ils sont aussi en perte d’activités et surtout, ne peuvent plus revoir leurs familles ! » Cela, c’est la situation que vivent les enfants en situation de handicap et leurs parents, depuis deux mois. Ces mots, ce sont ceux du GAMP (Groupe d’Action qui dénonce le Manque de Places pour les personnes handicapée de grande dépendance).

Le collectif va plus loin : « Confinés avec nos enfants…. Nous l’étions déjà avant ! Nous étions confinés depuis que l’entrée à l’école ordinaire leur était refusée, lorsque les plaines de jeux, les activités sportives ou les camps d’été ne leur étaient pas accessibles, lorsqu’aller faire les courses ou prendre les transports en commun devenaient des corvées presque insurmontables, lorsque le simple fait de se promener dans les rues attirait des regards surpris ou, pire, les détournaient ».

« Quand allons-nous être entendus ? »

En clair, l’isolement, ces personnes connaissent. Et encore une fois, elles se sentent abandonnées par les pouvoirs publics. C’est pourquoi le GAMP a décidé de créer la campagne « JE CRAQUE », afin de crier leur existence. Une campagne dont le succès est fulgurant, utilisant les réseaux sociaux et encourageant les parents et les personnes handicapées à se prendre en photo, le masque déchiré.

« A ce jour, une semaine après le début de la campagne, nous comptabilisons sur notre seule page Facebook plus de 147.000 vues et près de 22.000 interactions (partages, réactions…). Le flux est organique, sans sponsoring. » Les témoignages affluent. Parmi eux, une maman relate les problèmes de comportement de son fils autiste et écrit : « J’ai peur, je craque, depuis maintenant 2h tout au long de la rédaction de ce texte je n’ai cessé de pleurer ». Sonja, elle-même en situation de handicap, s’interroge : « Quand allons-nous être, tous, entendus et aidés selon nos propres besoins ? » Personne ne le sait mais une chose est sûre, ce genre d’actions pourrait accélérer le processus.

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