Des licenciements abusifs dans les maisons de repos ?

Des licenciements abusifs dans les maisons de repos ?

Des licenciements au sein des maisons de repos ont été annoncés par deux de leurs sociétés gestionnaires. En contrepartie, le PTB plaide pour que ces multinationales restituent les aides financières accordées par la Région pour faire face à la crise sanitaire.

Déjà en première ligne dans la lutte contre la propagation du virus, les employés des maisons de repos font désormais face à la menace du licenciement. Les 108 travailleurs de la maison de repos Sebrechts, à Molenbeek, et 15 employés des homes Romana et Saint-Ignace, à Bruxelles, sont concernés. Armonea, la multinationale qui finance la maison de repos de Molenbeek, avance des raisons de sécurité liées à l’état du bâtiment sans qu’aucun rapport confirmant les craintes exprimées n’ait été rédigé par une autorité compétente (pompiers, bourgmestre...), confirme le quotidien La Capitale. Le Senior Living Group, qui gère les structures bruxelloises, évoque de son côté un manque à gagner flagrant généré par le faible taux d’occupation des lits.

Pas de licenciement sans remboursement

Le PTB a déposé la semaine dernière une proposition de résolution au parlement bruxellois ayant pour objectif d’imposer des sanctions à ce genre de sociétés en cas de licenciements massifs. “Les groupes commerciaux qui licencient des membres de leur personnel de maison de repos, alors qu’ils ont fait des bénéfices ou distribué des dividendes en 2020, doivent rembourser les aides financières régionales qu’ils ont reçu”, peut-on lire dans la résolution. Pour rappel, les maisons de repos ont bénéficié pendant la première vague d’une subvention facultative de 250 euros par lit occupé.

- Lire aussi : Maisons de repos : entre professionnalisation et marchandisation

“On ne peut pas laisser les multinationales du secteur des maisons de repos qui ont reçu des milliers d’euros d’aide publique pendant la crise du Covid licencier des travailleurs sans rien faire”, s’indigne Françoise De Smedt, élue PTB au Parlement bruxellois, dans les colonnes de La Capitale. Les groupes Armonea et Senior Living Group sont dans le collimateur : “Les sociétés-mères de ces multinationales ont fait des millions de bénéfices en 2020, en plus de toucher des aides financières pour faire face à la crise du Covid. Ce qui se passe aujourd’hui, c’est que la famille Wallenberg, première fortune suédoise qui a racheté Armonea en septembre, ne trouve pas son investissement assez rentable et c’est la raison pour laquelle le groupe ferme la maison de repos Sebrechts à Molenbeek”, poursuit-elle.

Un effet boule de neige ?

Le PTB craint que ces premiers licenciements ne soient que le début d’une vague importante : ”A Bruxelles, le secteur des maisons de repos est particulièrement touché par la commercialisation. (…) Le risque est grand de voir d’autres groupes suivre l’exemple d’Armonea et de Senior Living Group, prenant prétexte de la pandémie pour licencier, à un moment où les besoins en personnel sont toujours aussi importants. Licencier maintenant, c’est inhumain !”, lance-t-elle à La Capitale.



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