Maisons de repos : entre professionnalisation et marchandisation

Maisons de repos: entre professionnalisation et marchandisation

Les maisons de repos bruxelloises ne sont pas toutes complètes. Les personnes âgées y rentrent toujours plus tard, lorsqu’elles y sont obligées. Une situation qui impacte leur organisation de soins et la charge de travail des employés.

L’asbl Infor-homes, conseiller personnalisé pour les personnes âgées à Bruxelles, a sorti son rapport annuel où elle émet différents constats récoltés au gré de ses entrevues avec résidents, directeurs et services de maisons de repos. Un secteur qui se marchandise toujours plus où les soins sont, chaque jour, plus professionnalisés.

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Une mutation de la demande et des services

C’est une tendance qui se confirme au fil des années, les personnes âgées ont tendance à rester plus longtemps chez elles qu’auparavant. Selon les statistiques, la principale tranche d’âge faisant appel au service d’Infor-homes sont les 80-89 ans. Ils vivent encore chez eux ou ont été hospitalisés et cherchent, en urgence, une maison pouvant les accueillir. Très généralement, la dégradation de l’état de santé est la raison de leur entrée dans une maison de repos. Mais, les homes hébergent aussi de plus en plus de personnes pour de courts séjours, après une hospitalisation, en vue de rentrer chez elles par la suite.

Une cartographie qui a induit une mutation de ses structures bruxelloises. De plus en plus grandes et fonctionnelles, elles ont professionnalisé leurs soins afin d’accueillir des personnes fortement fragilisées au moment de leur entrée, voire en stade de soins continus ou en fin de vie. Soins de conforts ou palliatifs, liens créés avec des équipes mobiles et des hôpitaux, accompagnement de personnes aux troubles cognitifs… Les initiatives ne manquent pas.

De nouvelles conditions qui impactent fortement l’organisation de travail de ces structures. «  Les équipes et responsables des maisons de repos travaillent souvent à flux tendus. Leurs métiers passionnants sont aussi parfois sources de souffrance, de par leur nature, mais aussi par les conditions actuelles de travail  », expliquent Infor-homes.

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Une marchandisation du secteur

De manière générale, le secteur des maisons de repos tend à se marchandiser. A Bruxelles, 70% des structures seraient privées. Généralement de grandes structures, comptant plus 100 lits. Mais «  qui dit gros groupe ne dit pas nécessairement mauvais soin  », explique Amandine Kodeck, directrice de l’association, interrogée par la RTBF. Dans son rapport, Infor-Homes tient tout de même à préciser que cette marchandisation du secteur influe sur la relation entre le personnel et les résidents. «  Le résident est aujourd’hui en position de client, payant souvent cher des services, et ayant des attentes et exigences liées à ce fait. Cette relation plus commerciale peut s’avérer délicate pour les professionnels des maisons de repos, pour les résidents et pour leurs proches  ».

En Région bruxelloise, 60% des lits en maisons de repos coûte 1700 euros/mois ou plus. Un luxe que 38% des personnes âgées ne peuvent s’offrir, faute de budget. La conséquence  ? Des structures qui peinent à remplir leur chambre.

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