Encadrement des résidents en maisons de repos : la LUSS dénonce de graves lacunes

Encadrement des résidents en maisons de repos: la LUSS dénonce de graves lacunes

La Ligue des Usagers et des Services de Santé (LUSS) révèle dans un plaidoyer des pratiques abusives envers les résidents de maisons de repos. Au-delà de la dénonciation, elle présente une liste de recommandations en faveur du respect de la dignité et des droits fondamentaux des seniors.

[DOSSIER]
- Commission COVID : le bilan du personnel des maisons de repos
- Rapport d’Amnesty : le personnel des homes abandonné à leur sort

Il y a 2 ans, des proches de résidents de maisons de repos se sont adressés à la Luss pour dénoncer des actes de maltraitance envers les aînés institutionnalisés. A partir des témoignages et des analyses récoltées, la Ligue a alors rédigé un plaidoyer en faveur d’une meilleure qualité de vie et de soins des résidents.

Il faut noter que les manquements commis sont liés à un sous-effectif et à des conditions de travail pénibles du personnel : “La volonté, à travers ce plaidoyer, n’est pas de stigmatiser le personnel soignant mais de mettre en lumière des conditions de travail subies qui sont difficilement compatibles avec un accompagnement de qualité pour le résident”, précise la Luss dans un communiqué.

Atteinte à la dignité humaine

La Luss dénonce notamment une communication violente de la part de certains soignants vis-à-vis des résidents : “Certains s’adressent à eux de façon infantile, bêtifiante, impolie, autoritaire, blessante. D’autres les ignorent ostensiblement tout en les manipulant, les rabrouent s’ils demandent de l’aide.”

Les proches mentionnent “un manque de respect de l’autonomie des personnes et un manque de stimulation de celles-ci". Faute de temps ou de réflexion, le personnel effectue des actes quotidiens à la place de l’aîné alors qu’il est capable de les réaliser lui-même (s’habiller, manger...) Les témoins rapportent aussi un usage fréquent des protections hygiéniques et du fauteuil roulant dû à manque de temps pour accompagner l’adulte âgé aux toilettes ou l’aider à se déplacer à pied.

Atteinte à la qualité des soins

La Ligue constate des états de dénutrition et déshydratation chez les résidents et observe que les “soins annexes” (brossage des dents, nettoyage des prothèses auditives...) sont souvent délaissés. Ces situations résultent en général d’un manque de temps causé par la pénurie du personnel.

Quant aux médicaments, les proches évoquent une surmédication, l’absence d’explication sur les traitements prescrits aux résidents, un usage excessif de calmants ainsi qu’une administration problématique (médicaments inadaptés, erreurs d’attributions...). Ils observent aussi une négligence par rapport à la souffrance et aux plaintes des seniors.

Les témoins déplorent un défaut de communication. Les données sur l’état de santé de leur parent sont souvent incomplètes tandis que les informations transmises par les proches ne sont pas toujours partagées à l’ensemble de l’équipe professionnelle.

Recommandations

Parmi les différents conseils, la Luss met l’accent sur le devoir d’améliorer la qualité de vie et de soins des résidents. Les normes d’encadrement doivent être renforcées afin de mieux répondre aux besoins des personnes âgées mais aussi de mieux prendre en compte la pénibilité du travail des soignants.

Selon la Luss, la formation de base du personnel soignant doit inclure les notions spécifiques à la prise en charge de l’adulte âgé tandis que celle de la direction doit être centrée “davantage sur la question du vieillissement et sur l’éthique".

L’amélioration de la qualité de vie des seniors nécessite une revalorisation des métiers du secteur des maisons de repos (hausse des salaires, contrat de travail juste...) Les professionnels travaillent dans des conditions indignes à cause de la pénurie du personnel.

Le plaidoyer propose de créer des lieux d’écoute et de paroles afin de prévenir la maltraitance envers les seniors mais aussi afin de tenir compte du bien-être des travailleurs. Les résidents et les soignants y pourront exprimer leurs peurs et leurs angoisses.

- [A lire] : Rapport d’Amnesty : le personnel des homes abandonné à leur sort



Commentaires - 2 messages
  • Il est plus que temps que ce secteur soit tout autrement régulé vu les graves dérives constatées
    par les résidents eux-mêmes très mal pris et leurs familles.
    Si le politique et les pouvoirs publiques ne peuvent rien faire, à quoi servent-ils ?

    Bee jeudi 11 février 2021 12:01
  • J'ai dirigé plusieurs Maisons de repos. J'ai été Attachée au Cabinet du ministre G.Désir, Région Bruxelles-Capitale qui avait les compétences des "maisons de repos", J'ai fait fermé des Maisons de Repos indignes, le problème et là je n'ai pu agir il manque des inspecteurs coté cocom et cocof. Il faut nommer des personnes connaissant la législation et si pas en règle pas d'agrégations donc pas de subventions Là les Directions réagiront.

    Princesse samedi 13 février 2021 13:55

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