Harold et Victoria, soignants pour demandeurs d’asile

Harold et Victoria, soignants pour demandeurs d'asile

Harold et Victoria travaillent à l’infirmerie dans un centre pour demandeurs d’asile. Ils y pansent les petits bobos comme les gros tout en faisant affaire parfois à des résidents nerveux. Un quotidien pour le moins bien rempli.

Des soignants, on en trouve dans les hôpitaux mais aussi dans les centres d’accueil pour demandeurs d’asile. C’est le cas de Harold et Victoria, qui y travaillent au service d’infirmerie du centre de Neder-Over-Hembeek. Le Samusocial est parti interroger ce binôme qui raconte ses missions principales, les difficultés du métier et ses rapports avec les patients.

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Des maux du quotidien au suivi médical

Parmi les 40 à 50 patients qui entrent chaque jour à l’infirmerie, il y a les résidents qui ne restent pas longtemps, comme les personnes en pré-accueil. En général, ils viennent pour des petits maux et parfois des urgences. Quant aux résidents de plus longue durée, les soignants s’assurent de leur fournir un suivi médical adéquat. “Les pathologies principales chez nos résidents restent les problèmes dentaires et les troubles psychologiques liés à leur parcours”, explique Harold au Samusocial. Les deux soignants collaborent également avec le médecin coordinateur du centre qui s’y rend deux fois par semaine pendant une heure.

Barrière de la langue

Un premier obstacle survient dans leurs missions : celui de la langue, notamment lors de rendez-vous externes avec le SETIS ou Bruxelles Accueil. Pour y remédier, le duo fait appel à des interprètes. “On se doit de s’assurer que nos résidents comprendront et seront compris par leur interlocuteur… On fait appel à un réseau de traducteurs”, indique Harold. Des interprètes dans les services extérieurs donc, mais comment le binôme communique-t-il avec les patients au centre ? Facile : “Ici au centre, Google translate est notre ami. On se débrouille : Victoria parle un peu espagnol, mon vocabulaire arabe se développe, ça fait marrer les résidents.”

Des résidents “nerveux, agressifs, parfois alcooliques”

A côté des difficultés linguistiques, les deux travailleurs doivent aussi faire face à l’agressivité de certains résidents. Victoria cite “les nouveaux venus qui exigent immédiatement une médication lourde pour venir à bout de leurs problèmes psychiques.” Malheureusement, certains produits apparentés à des drogues ne peuvent être fournis sans prescription. “Cela donne parfois lieu à de l’agressivité”, pointe la jeune femme au Samusocial.

Harold mentionne aussi les cas disciplinaires : “Ils sont souvent nerveux, agressifs, parfois alcooliques. Les « cas disc » sont la plupart du temps des « cas psy ». On a déjà été menacés de mort, mais on savait que la personne n’irait pas plus loin.” Enfin, face au désespoir de certains résidents, les professionnels se sentent impuissants.

Un binôme complémentaire

Ce métier est avant tout un travail d’équipe. Harold qualifie d’ailleurs leur duo de complémentaire. En effet, Victoria apporte son expertise d’urgentiste tandis que lui est rapide pour prendre des décisions. “On essaye de rester décontractés malgré les aléas du quotidien…On est plutôt complices !” s’exclame le jeune homme.



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