Le Conseil d’Etat valide l’obligation vaccinale des soignants

13/01/22
Le Conseil d'Etat valide l'obligation vaccinale des soignants

Une nouvelle étape a été franchie dans la mise en application du projet de loi d’obligation vaccinale des soignant.e.s. Le Conseil d’Etat a rendu un avis positif le concernant. Cette nouvelle ouvre-t-elle la voie à l’obligation vaccinale pour l’ensemble de la population ? En tout cas, les maisons de repos et de soins subissent de plein fouet l’augmentation exponentielle des contaminations au nouveau variant Omicron, découlant sur de nouvelles dispositions quelques peu paradoxales. Les soignants contaminés mais asymptomatiques sont autorisés à continuer le travail sur le terrain...

La proposition de loi sur l’obligation vaccinale des soignant.e.s a eu un écho positif au sein du Conseil d’Etat et propose même des consignes au-delà des attentes du gouvernement. Cette nouvelle étape législative renvoie à une question que l’on peut lire sur beaucoup de lèvres, quid de la vaccination obligatoire pour l’ensemble de la population. Les psychologues de la Taskforce Psychologie et Corona, spécialistes de la motivation, se positionnent favorablement à cette éventuelle future décision. Cependant, la réalité du terrain des maisons de repos et de soins est toujours plus alarmante et démontre un paradoxe criant des discours.

Un texte “légitime”

Le conseil d’Etat vient de rendre son avis concernant le projet de loi sur l’obligation vaccinale des soignant.e.s. Obligation qui, si elle n’est pas respectée, pourra entraîner le licenciement du personnel concerné à partir du 31 mars 2022.

Le conseil d’Etat valide la proposition considérée “légitime” et proportionnée compte tenu de “l’intérêt général” de protection “des soignants, de la population, des patients” et le maintien du système de santé. De cette décision résulte la possibilité pour les employeurs de corréler l’obligation vaccinale au contrat de travail. La connaissance du statut vaccinal d’un.e travailleur.se représente une atteinte au respect de la vie privée. Cependant, le conseil d’Etat fait l’impasse sur cet élément convoquant sa légitimité au regard des buts de protection des individus que le texte poursuit.

Il va même plus loin, en plaidant une vaccination obligatoire pour l’ensemble du personnel pouvant se trouver en contact avec les patient.e.s comme les secteurs administratifs, d’entretien et de restauration.

- A lire : Obligation vaccinale des soignants : la riposte des syndicats

L’obligation face à la motivation

Le corps médical ne sera peut-être bientôt plus le seul concerné par l’obligation vaccinale. En effet, la question de l’imposer à l’ensemble de la population prend de plus en plus de place dans les débats au sein du gouvernement. Les membres de la Taskforce Psychologie et Corona ont déclaré le 12 janvier 2022 être en faveur de cette idée.

Constituée de psychologues des universités de UGand, UCLouvain et de l’ULB, la Taskforce Psychologie et Corona étudie, depuis le début de la pandémie, l’impact de la motivation des individus sur l’évolution des contaminations et par répercutions, des décès. Dans un article du 2 mars 2021 de la RTBF, les données récoltées démontraient une corrélation entre l’augmentation des contaminations dans les 8 semaines et des décès dans les 10 semaines suivant une baisse de motivation d’application, entres autres, des gestes barrières. Face à ce constat, les psychologues préconisaient une communication positive sur le but à atteindre collectivement avec la définition d’objectifs ciblés. Quasiment un an plus tard, ce même groupe de travail se positionne de manière positive concernant l’obligation vaccinale.

Maarten Vansteenkiste déclare “ La motivation volontaire était jusqu’à ce jour un choix juste, mais nous sommes à un tournant.” (Belga) Face à la politique menée qui divise la population en deux camps : les vaccinné.e.s et les non-vacciné.e.s, le psychologue ajoute qu’”une obligation peut aussi être plus souhaitable” précisant que la politique actuelle “peut -être considérée comme une obligation déguisée”.

-  A lire : Obligation vaccinale : protection des patients vs pénurie aggravée de soignants

La réalité du terrain

En maison de repos et de soins, le grand nombre de contaminations du personnel entraîne un fort manque de professionnel.le.s sur le terrain. La Défense a mis à disposition 1500 militaires pour soutenir les maisons de repos. Face à cette situation, un porte-parole de la Cocom a précisé qu’il serait envisageable, en dernier recours et sans obligation, que du personnel contaminé mais asymptomatique puisse garantir les soins dans les unités Covid. Il est demandé à ce qu’une concertation soit établie en amont entre “la direction, le médecin coordinateur et le membre du personnel concerné” dévoile l’agence Belga.

La porte-parole de l’Agence wallonne pour une Vie de Qualité (AViQ), Lara Kotlar a déclaré que cette disposition est déjà effective en Wallonie et que “des discussions sont actuellement en cours pour éventuellement élargir cette possibilité aux “non-Covid”, avec protection renforcée du personnel.

Discussions qui font froncer les sourcils. Dans une situation de pénurie aussi grave, il est envisagé de rendre possible l’exercice d’un personnel malade auprès de patient.e.s sain.e.s. Quid de l’objectif de “protéger les individus” ?

- A lire : Obligation vaccinale des soignants : la riposte des syndicats

A. Teyssandier



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