"Le métier d'infirmière doit être reconnu en métier pénible et lourd"

La Fédération Nationale des Infirmières de Belgique a adressé une lettre à Daniel Bacquelaine, Ministre des pensions afin de plaider pour la reconnaissance de la pénibilité dans le secteur infirmier. "La pénibilité du métier infirmier est particulièrement évidente dans le cadre de cette crise sanitaire sans précédent", martèle la présidente de la FNIB dans le courrier. Le voici en intégralité :

Monsieur le Ministre,

Nous vous adressons la présente au nom de la FNIB (Fédération Nationale des infirmiers de Belgique) et de ses associations professionnelles partenaires. La Fédération créée depuis 1922 fédère les infirmiers tant de pratique générale que spécialisée et de pratique spécifique. Elle couvre ainsi tous les aspects de la formation et de l’exercice de la profession infirmière quel que soit le lieu de pratique.

Notre demande de reconnaissance de « pénibilité » n’est pas récente (2016). La pénibilité du métier infirmier est particulièrement évidente dans le cadre de cette crise sanitaire sans précédent !

Les quatre critères de pénibilité retenus sont :

  • La pénibilité des circonstances de travail (contraintes physiques dues aux charges physiques et environnement de travail).
  • La pénibilité de l’organisation du travail.
  • La pénibilité en raison des risques de sécurité élevés.
  • La pénibilité de nature mentale ou émotionnelle.

Ces quatre éléments de pénibilité ont été largement reconnus, démontrés et exacerbés durant cette crise pandémique Covid19.

"Départs anticipés et revalorisation des pensions"

Des situations comme celles vécues par les infirmiers lors de cette pandémie sont fréquentes et régulières. Il faut faire face en permanence à de nombreux risques occasionnels tels que des épidémies ou des situations de déclenchement d’un PUH (attentats, accidents majeurs, etc.) mais également aux risques quotidiens (agressivité des patients et visiteurs, troubles musculo-squelettique, piqûres, contamination, etc.). L’obligation de continuité des soins aux patients et la permanence des risques encourus génèrent de nombreux problèmes de nature physique, psychologique et complexifie la conciliation de la vie professionnelle et privée chez les infirmiers.

Nous estimons que notre métier d’infirmier doit être considéré comme métier pénible au regard des critères précités et doit permettre d’accéder aux dispositions prévues pour les métiers pénibles, en particulier : départs anticipés et revalorisation des pensions des travailleurs.

Un courrier datant de janvier 2017 et adressé aux membres du Comité National des Pensions par l’UGIB (Union Générale des infirmiers de Belgique) et cosigné par nous relate dans les moindres détails (et fort d’exemple) la pénibilité rencontrée par les infirmiers quel que soit le lieu de pratique.

Rien, aucune situation rencontrée (domicile, école, milieu carcéral, hôpitaux, centres spécialisés…) n’est exempte de dangerosité, de lourdeur et chargée de stress !

Les descriptifs des fonctions de référence repris par la Convention Collective du Travail du 28 septembre 2016 démontrent clairement, et cette crise sanitaire Covid19 le confirme, que les infirmiers subissent des contraintes physiques, psychiques et des risques importants de contamination et de santé.

Nous pensons que la situation actuelle parle d’elle-même pour corroborer notre demande.

Besoin de reconnaissance

Nous nous appuyons également sur la reconnaissance des faits par notre Première Ministre, madame Wilmes et de beaucoup d’autres ministres et personnalités publiques à responsabilités (Gouverneurs) publiquement soit en télévision, radiophonie ou réseaux sociaux.

Chacun affirme sa volonté de donner une reconnaissance aux infirmiers et à notre profession. Les infirmiers veulent que cette demande soit enfin prise en compte et formellement soutenue par les politiques.

Une publication des économistes de l’UCLouvain (Arno Baurin et Jean Hindriks) numéro 151 Octobre 2019 dans « Regards Economiques » décrit qu’une objectivation de la pénibilité des métiers au travers d’une seule méthode directe d’évaluation des conditions de travail est difficile. Mais ils proposent alors une méthode indirecte (mais plus fiable) qui s’appuie sur le risque accru de mortalité ou de morbidité lié au métier exercé.

Tout cela nous démontre que notre métier doit être revalorisé et être reconnu en métier pénible et lourd.

Nous vous demandons donc par la présente de nous soutenir dans cette reconnaissance et de la valider. Dans l’attente d’une rencontre et de votre réponse, veuillez recevoir Monsieur le Ministre nos salutations distinguées.

Pour la FNIB, sa présidente DALLA VALLE ALDA



Commentaires - 11 messages
  • Et les infirmiers ?? !!

    Sushi0408 vendredi 19 juin 2020 13:14
  • Il n'y a pas que les infirmiers qui doivent être reconnu mais tout les soignants car en tant que kiné, notre charge de travail en maison de repos est aussi intense voire plus.
    revalorisation, temps de travail, métier lourd,...

    kiné sabine vendredi 19 juin 2020 19:11
  • euh les kinés faudrait peut être pas exagérer ...entre les massages ou vous êtes assis, vous promenez dans les couloirs avec des personnes ... ou est le lourd ? nous infirmières nous ne sommes assises que lorsque c'est la pause !

    joadammi samedi 20 juin 2020 16:27
  • Bonjour,

    Il est évident qu'il faut en faire de même pour nos collègues paramédicaux. Ensemble nous réalisons un travail d'équipe !

    Antoine Allaert dimanche 28 juin 2020 21:18
  • Il faut tenir compte des horaires a poses aussi.tout le monde ne fait pas la nuit we et jours fériés toute sa carrière...

    Chris.2001 lundi 14 septembre 2020 00:26
  • tous les paramédicaux je dis NON infirmières et aides soignantes OUI ! Quand je vois les ergos non mais vous rigolez ou est le lourd ???? Je veux bien aussi danser, jouer à la balle, lire des histoires, chanter et j'en passe. Elles ne font PAS de coupés, PAS de nuits, PAS de week end ! Il n y a pas de comparaisons avec les soignants !!!! Y a un moment ou il ne faudrait quand même pas exagérer à ce point .....

    joadammi mercredi 16 septembre 2020 17:58
  • Joadami....... un métier de tout repos ?le massage est révolu, la mobilisation des patients à qui on doit apprendre à s'asseoir, se relever , faire marcher , mobiliser des patients intubés , oui travailler le we (pas d'horaires décalés ok ) .... oui c'est la raison pour laquelle malgré vos doutes c'est la raison pour laquelle j'ai usé ma colonne prématurément...

    Floris1 jeudi 24 septembre 2020 16:55
  • Je suis kiné et vous nous décrivez comme des fainéants, et oui nous travaillons difficilement également. Tout dépend de l'endroit où nous sommes mais il y a des levers, des résidents lourds à soulever seule ! Des week-end de garde et des soignants assis dans la salle de soins à bavarder. Alors ne commentait pas ce que vous ne savait pas, et arrêtait de dénigrer les professionnels que vous n'êtes pas.

    Sabine kiné lundi 5 octobre 2020 20:03
  • Très cher sabine. Faut arrêter de mélanger torchon et serviettes... lever des personnes lourdes c'est dur physiquement mais bon... Les infirmières et aides soignantes font la même chose que vous 2 a 3 fois par jour et pour bcp plus de patients. En plus, nous nous faisons frapper, insulter, malgré nos gants nous avons les mains dans les excréments, le sang les urines le vomis parfois de nos patients malades. Vous pouvez en dire autant? Je ne pense pas!! Sans parler de la pression des médecins, des familles et parfois de vous leq paramédicaux que l'on subit tous les jours... Et quand je lis qu'on passe notre temps assis dans la salle de soins à bavarder non mais on se moque de qui ? On a une malheureuse pause dans notre poste que l'on ne peut pas prendre tout le temps. Combien de fois ai-je du mettre fin à ma pause commencé ya 5 minutes à cause d'un médecin, d'un patient, d'une famille ou d'un paramédical qui estime opportun le moment de ma pause pour me poser des questions non urgentes.
    Donc oui j'estime que les infirmières (que je suis) et les aides soignantes ont une penibilite physique et psychologique plus importante.

    Ps: j'ai déjà vu également plusieurs fois des kinés en train de rire a pleine gorge pendant que leurs patients attendaient les consignes en salle de reva donc à bon entendeur

    Nicosom dimanche 18 octobre 2020 23:53
  • Bonsoir,
    ça commence un peu à me faire marrer ces infirmières qui se plaignent de surcharge de boulot, elle l'ont choisi leur boulot, tout comme nous les aides-familiales, nous l'avons choisi notre boulot, aide aux personnes...les covid qui sortent de l'hôpital pcq plus de place, et que l'oxygène peut être installée à la maison, nous aussi nous les avons nos petits positifs, nous avons aussi beaucoup de boulot sur les épaules, mais c'est notre choix, on aime son boulot ou on ne l'aime pas ....c'est pas rose tous les jours, des fois on n'a même pas envie de s'y rendre pcq on sait qu'on va avoir des râleurs.....et alors, des fois ces pauvres gens ne voient que nous sur toute leur semaine, alors il faut bien qu'ils aient quelqu'un sur qui envoyer leur mauvaise humeur...mais on le sait, et quand on voit leur grand sourire de nous voir arriver, pcq ils nous attendent nos braves gens, et nous aussi on les lave, on les change, on les porte....mais j'aime mon travail....

    Sofanie1 vendredi 30 octobre 2020 23:13
  • Je pense qu il ne faut pas tout confondre, ni jalouser son collègue paramédical. Ici il y a des critères de penibilites qui sont clairs pour le personnel de soins infirmiers et aide soignants. On ne dit pas que les autres metiers ne sont pas difficiles, nous parlons du notre et cela n a rien avoir avec aimer ou pas aimer son metier, vous pouvez l aimer si a un certain âge vous n êtes plus capable parce que vous êtes usés, vous piuvez l aimer cela ne changera rien. En maison de repos je faisais les nuits (seul pour 60 patientssur 4 etages a monter et descendre à pieds), les we, les jours fériés et de fêtes, les levers de patients (45 patients que je soulevaient plusieurs fois pour les changes suotidien parce que "je suis un homme"), les mobilisations multiples pour les levers, les couchers, les marches, vous nager dans les excréments, l urine, et tous les fluides corporels quelqu ils soient, vous etes en première ligne fasse à la mort, aux desarois des familles et ceci à un rythme effréné. Je pense que dans ce contexte un infirmier n atteindra et ne pourra atteindre l âge de 67 ans de sa pension et je pense même difficilement 60 ans. J ai 49 ans et mon dos est detruit par la charge au point que je viens travailler sous anti inflammatoires. Ce n est pas une plainte mais une réalité de vie professionnelle. J aime mon métier mais je n arriverai pas à temps plein à l âge de ma pension en travaillant dans ses conditions. Oui notre metier est très très dur...

    L infirmier samedi 28 novembre 2020 09:04

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