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Le racisme répandu parmi les élèves

05/09/07
Le racisme répandu parmi les élèves

L’appartenance sociale continue à déterminer l’orientation scolaire dans le secondaire, conclue une étude d’Andrea Rea et Dirk Jacobs, de l’ULB. L’étude, publiée dans la revue Brussels studies, indique également des pratiques de racisation, particulièrement verbales, fort répandues.

L’étude a questionné 646 élèves de rétho, inscrits dans 13 des 14 écoles bruxelloises francophones. L’étude couvre plus des 2/3 des réthos inscrits dans les différentes orientations : général, technique, professionnel, artistique.

Les classes sociales les moins aisées continuent d’alimenter les flux d’élèves de l’enseignement technique et professionnel, notent les chercheurs. La trajectoire de la mère influencerait de manière importante la différenciation de l’orientation scolaire. 3/4 des enfants dont la mère n’a pas fait d’études se retrouvent dans l’enseignement technique et professionnel. Inversément, 87% des enfants ayant une mère universitaire sont dans l’enseignement général.

La différenciation du type d’enseignement selon l’origine ethnique / nationale reste forte. Un peu plus de 40% des parents d’élèves dans l’enseignement général sont nés à l’étranger. Dans l’enseignement technique et professionnel, c’est le cas pour 80% des parents d’élèves. Malgré la grande proportion d’élèves qualifiés de "non-Belgo-Belge" (au moins un parent né à l’étranger), la plupart (87,5%) ont la nationalité belge.

Le racisme, surtout verbal, est fort répandu parmis les élèves. 43% des élèves indiquent avoir déjà été victimes d’insultes racistes. A noter que le racisme va dans les deux sens. Les agresseurs proférant des insultes sont dans 53,7% des cas des "Belgo-Belges", et dans 62,6% des "non-Belgo-Belges". Certains élèves francophones Belgo-Belges seraient traités de "Flamand" par des jeunes issus de l’immigration marocaine, et ces premiers considéreraient ce terme comme une insulte raciste. Les insultes sont significativement moins élevées dans l’enseignement général que dans le technique, le professionnel ou l’artistique.

L’ethnicisation des rapports sociaux parmi les jeunes paraît très présente. La méfiance des élèves reste forte envers les jeunes issus de l’immigration marocaine. Pourtant, dans la délinquance auto-révélée, il n’y a que peu de différences, indiquent les chercheurs. Les élèves reproduiraient les préjugés sur l’insécurité, "résultat de représentations dominantes participant à un référentiel globalement partagé".



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