Les aides familiales : “Un métier de première ligne”

Les aides familiales :

A l’écoute au quotidien des personnes dépendantes, les aides familiales jouent un rôle essentiel dans leur vie. Un métier de contact rendu compliqué par la crise sanitaire mais d’autant plus indispensable.

Peu discutés dans les médias, les aides familiales constituent pourtant un service remarquable d’aide physique et morale aux personnes en perte d’autonomie. Cécile Sohet et Maryline Cornet travaillent au Service Provincial d’Aide Familiale (SPAF). Elles aident non seulement dans les tâches du quotidien comme les courses ou le linge mais elles représentent aussi et surtout une présence réconfortante et une oreille attentive dans la vie des bénéficiaires. Ce métier, qu’elles exercent par conviction, a été chamboulé par l’annonce du virus.

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La peur de la contamination

Dès le début de la crise, les aides familiales ont pris les précautions nécessaires pour éviter tout risque de contamination : équipement de masques, gants, désinfection de la maison... Toutefois, Le respect des mesures est plus compliqué dans certains cas : “Ce qui est difficile aussi, c’est qu’on s’occupe parfois de personnes avec de la démence comme l’Alzheimer. Et là, vous ne pouvez pas leur demander de porter un masque. C’est impossible, ils vont l’arracher”, explique Cécile Sohet au média Matélé.

Malgré les mesures strictes, l’angoisse demeure. Maryline Cornet, mère de 4 enfants, a surtout peur de ramener le virus à la maison. “Au niveau familial, personnel, c’est très dur”, ajoute sa collègue. En outre, devant les bénéficiaires, il faut se montrer rassurant. ”Psychologiquement, c’était très dur. Physiquement aussi, on prend plus de temps et on a dû changer notre manière de travailler”, confie-t-elle.

"Le contact n’est pas du tout le même qu’avant”

Les aides familiales se sont vite adaptées aux mesures sanitaires. Toutefois, ces contraintes sont fort handicapantes car le contact est omniprésent dans leur travail. Pour Maryline Cornet, “ce n’est pas évident, parce que dans le métier du domicile, on a du contact. On doit éviter de toucher les personnes pour essayer le moins possible de les contaminer. On doit rester vigilant.”

De cette distanciation sociale, c’est la frustration et un sentiment d’impuissance qui en ressortent. Par exemple, pour les personnes âgées, seules, sans enfants, “on ne peut même pas leur faire un câlin ou ne serait-ce que toucher l’épaule pour les réconforter. Le contact n’est pas du tout le même qu’avant. C’est moins chaleureux”, regrette Cécile Sohet dans le reportage de Matélé.

Un métier mal connu mais essentiel

Peu connu et peu médiatisé, le métier d’aide familiale est souvent confondu avec celui d’aide-ménagère. Le premier s’occupe du corps et de la santé mentale tandis que le second s’occupe de la maison, explique Cécile Sohet. “C’est vrai que les aides familiales ont été un peu mis de côté par les médias. Or, depuis le mois de mars, on n’a pas arrêté. Matin, midi, soir, on était chez nos bénéficiaires”, ajoute Maryline Cornet.

Pourtant, c’un travail de première importance qui a notamment évité l’affluence dans les hôpitaux. “Beaucoup de bénéficiaires sont restés à domicile grâce aux aides familiales, aux infirmières à domicile, etc.” déclare Cécile Sohet. Ainsi, celle-ci souligne que “nous faisons un métier essentiel de première ligne. On est des petites mains, mais des petites mains essentielles.”

Quant à Maryline Cornet, elle ressent la gratitude des bénéficiaires : “Les gens qui savent ce que sont les aides familiales et ceux qui en bénéficient nous sont reconnaissants d’être courageux, de sortir malgré tout ce qu’on entend et ce qu’on voit.” Ainsi, “on garde le sourire malgré le masque”, conclut-elle.

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