Les maisons de repos face à la crise Covid : "Une gestion dramatique"

30/06/21
Les maisons de repos face à la crise Covid:

Les maisons de repos ont été durement touchées par la crise sanitaire. Le Comité consultatif de Bioéthique de Belgique dresse un bilan de la situation et propose des pistes pour tourner définitivement la page.

Le premier constat est sans appel : le nombre de décès en maisons de repos, notamment pendant la première vague, a été particulièrement élevé. Et pour le Comité consultatif de Bioéthique, le virus n’est pas le seul responsable : c’est la gestion de la crise toute entière qui a révélé des failles dans le système et précipité les évènements. “Dramatique”, “crise humanitaire” : ce sont les mots employés par Médecins sans frontières pour qualifier la gestion de l’épidémie dans les maisons de repos belges. Plusieurs manquements éthiques ont été observés, ainsi que des inégalités de traitement. “Des ambulanciers avaient reçu des consignes de leurs hôpitaux de référence de ne pas prendre les patients de plus d’un certain âge, souvent 75 ans mais descendant jusqu’à 65 ans parfois”, peut-on lire dans un rapport de MSF.

Si en arriver là n’a pas non plus été systématique, cela reflète bien le manque de préparation des maisons de repos qui ont eu toutes les peines du monde à faire face à une crise qui a pris une ampleur insoupçonnée. Le comité en a tiré les conclusions suivantes : “La multiplicité des lieux de décision, notamment liée à la structure fédérale du pays et à la multitude des acteurs institutionnels de la santé, a rendu la gestion de la crise particulièrement compliquée”, avant de proposer des pistes pour l’avenir qui se traduiraient par des mesures fortes.

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La structure des soins de santé pose problème

Le comité a d’abord insisté sur la nécessité de respecter l’autonomie des personnes âgées. La prise de décisions concernant la prise en charge d’un patient doit être collective : qu’il s’agisse des médecins, des patients ou des proches, personne ne doit être écarté. Les soins et les traitements médicaux à fournir ne doivent pas être pris d’une minute à l’autre et doivent être établis progressivement avec les médecins. Pour amorcer un changement, le comité a donc encouragé l’application du projet de soins personnalisé et anticipé (PSPA).

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La question de la revalorisation des professions du secteur des soins de santé a aussi été remise sur la table. Les responsabilités et le rôle de chaque professionnel seraient ainsi à redéfinir. Le rôle des médecins coordinateurs dans la gestion de l’activité médicale en cas de crise a été souligné, l’accès aux maisons de repos pour les soignants doit être assuré. Les maisons de repos doivent aussi pouvoir compter sur des équipes complètes et polyvalentes (pharmacien, psychologue, dentiste...) alors qu’une revalorisation des salaires et des conditions de travail est toujours attendue. Enfin, l’ensemble du personnel des maisons de repos a besoin d’un accès garanti à d’éventuels soins psychologiques, en plus des résidents.

Le redressement des maisons de repos passe enfin par le renforcement des infrastructures et de l’organisation des soins. Le manque de matériel suffisant a déjà coûté assez cher et doit être compensé par une programmation à l’initiative des autorités. Selon le Comité consultatif de Bioéthique, il faut que les directives soient communes à l’ensemble du pays pour faire face à une éventuelle nouvelle crise. Au sein des maisons de repos, la communication avec l’extérieur (hôpitaux, pharmaciens...) doit se dérouler sans accroc. Le comité précise enfin qu’une plateforme d’échanges entre les maisons de repos pourrait aider toutes les structures à mieux faire face aux attentes.

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