Manifestation de la santé : « Quel est le pire ? 10% de soignants non-vaccinés ou 10% de soignants absents ? »

07/12/21
Manifestation de la santé : « Quel est le pire ? 10% de soignants non-vaccinés ou 10% de soignants absents ? »

Nouvelle journée de mobilisation nationale pour le corps soignant.  Au programme : opposition au projet de loi sur l’obligation vaccinale, demande de plus de moyens humains et matériel et revalorisation du champ professionnel de la santé. Le Guide Social s’est rendu au cœur de la manifestation afin de recueillir les revendications des soignant.e.s à bout de force et de nerfs. 

Un grand groupe de personnes vêtues de bleu descend d’un bus et se dirige vers la musique qui résonne place de la Chapelle, où de nombreuses personnes sont déjà attroupées. Leurs vestes floquées du logo syndical de la CGSLB apportent une nouvelle touche de couleur à un cortège très coloré. On y voit du rouge pour les représentant.e.s du SETCa, du vert pour les syndicats CNE et CSC et même du jaune qui émane des uniformes des quelques pompiers présents. Les différents syndicats de soignant.e.s sont regroupés ce 7 décembre pour dénoncer, entre autres, la loi d’obligation vaccinale et demander son retrait. Après des mois de luttes sans jamais avoir eu d’invitation à participer aux débats, ce 7 décembre 2021 est l’occasion, pour les délégations, d’être reçues par Georges Gilkinet, vice premier ministre. Le cortège a pu rencontrer le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke. 

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Les syndicats au front 

La CNE, le SETCa, la CGSLB, la CGSP et le SLFP unissent leurs revendications dans un communiqué de presse concernant la journée de grève et d’action du personnel soignant de ce jour.  

L’union des syndicats exprime son opposition au projet de loi “d’interdiction professionnelle du personnel de santé” car stigmatisant, discriminant et inapplicable. Les syndicats expriment également leur volonté de “mise en place d’une réelle concertation avec les syndicats du secteur” et exigent des “avancées significatives en matière de tenabilité et d’attractivité des professions de santé”. 

Dans son communiqué de presse, Union4U notifie ” l’abandon du champ professionnel de la santé” par de nombreux professionnel.le.s dû à” des conditions de travail déplorables”. Le syndicat indépendant se dit prêt à participer aux débats. 


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Un personnel à bout de souffle 

Dans le cortège, nous rencontrons Sandra, infirmière qui est présente aujourd’hui afin d’exprimer son désaccord : “ avec l’obligation vaccinale des soignants” et souhaite “soigner tout le monde et ne plus à avoir à prioriser les soins à cause du Covid. Pour cela, "il nous faut des moyens matériels et humains.” Elle précise :  “Nous ne sommes pas anti-vaccin, d’ailleurs il y des personnes vaccinées qui manifestent avec nous aujourd’hui. Nous ne voulons pas de l’obligation vaccinale et des sanctions qui y sont liées.” 

Sandra infirmière en salle d’opération scande  : “L’obligation vaccinale, c’est honteux !” et poursuit “ Au début de la pandémie nous étions sans protection, on nous a demandé de travailler même si nous étions malades et aujourd’hui on veut nous mettre à la porte si nous ne sommes pas vaccinés. Nous sommes déjà en pénurie et le COVID ne fait qu’exacerber cette situation qui sera aggravée par l’obligation vaccinale. Je demande donc la suppression de l’obligation vaccinale, des sanctions qui vont avec et surtout une revalorisation de nos métiers.” 

Nezia, infirmière également confirme : ” On est traité comme des enfants. Si on ne fait pas ce qu’on nous dit, on doit prendre la porte .” 
"Je suis d’accord pour vacciner les gens à risque, mais je veux avoir le choix .” ajoute Fanny, une autre infirmière. 


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Revaloriser les métiers du soin et le service public en général 

Claire, infirmière adjointe cheffe intervient en clamant que l’on se trompe de combat à travers l’obligation. “Est ce qu’on peut tolérer 10% de personnel non-vaccinés ou 10% de personnel absent ?"
Elle observe la création de tensions au sein des équipes depuis le projet de loi de novembre dernier.
"On risque de voir des services fermer faute de personnel suffisant. Je demande aujourd’hui une revalorisation structurelle de notre secteur par une augmentation de nos salaires, la suppression des surtaxes sur les heures supplémentaires que nous sommes obligés de faire, d’obtenir une fin de carrière digne, de valoriser les spécialisations et d’augmenter le ratio patient / infirmiers.” 

Le CPAS de Charleroi était également de la partie. Les travailleuses demandent une révision des normes concernant le ratio patient.e.s / infirmièr.e.s dans les neuf maisons de repos liées au CPAS de Charleroi. Concernant l’obligation vaccinale, certaines se disent frustrées et dénoncent une intrusion dans la vie privée via cette mesure controversée. 

Mais elles étaient également présentes pour soutenir les soignant.e.s et lutter contre leur surcharge de travail. Elles se posent la question de savoir comment le personnel soignant va pouvoir combattre les différentes crises avec moins de personnes sur le terrain. Elles réclament des moyens et dénoncent les politiques successives des différents gouvernements “qui sacquent les services publics dont on voit les conséquences désastreuses aujourd’hui. “Il n’est pas normal qu’un pays soit bloqué du fait que nous n’ayons que 800 lits disponibles en soins intensifs.”  

A. Teyssandier



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