Obligation vaccinale : protection des patients vs pénurie aggravée de soignants

25/11/21
Obligation vaccinale : protection des patients vs pénurie aggravée de soignants

Les réactions pleuvent concernant la future obligation vaccinale pour les professionnel.le.s de la santé. Deux camps s’opposent, le gouvernement et les syndicats. Le premier envisage une meilleure protection des patient.e.s alors que les autres craignent une stigmatisation de la profession, une augmentation de l’absentéisme et donc des conditions de travail encore plus dégradées. Tour d’horizon des différentes positions dans ce dossier brûlant !

[DOSSIER]
- Les soignants, qui refusent la vaccination, seront mis au chômage puis licenciés
- Licencier un soignant non vacciné ? « Une déclaration de guerre ! »
- Ces soignants qui refusent le vaccin : "Applaudis à 20h pour être trahis à 21h !"
- Obligation vaccinale des soignants : la riposte des syndicats

Beaucoup d’encre coule suite à l’annonce du gouvernement le 19 novembre 2021 de l’accord conclu autour de l’obligation vaccinale pour le personnel soignant. Les prises de position ont été relayées dans de nombreux médias faisant part de la confrontation entre les syndicats et les autorités politiques. Les arguments des uns et des autres ne trouvent toujours pas de terrain commun.

Le gouvernement prône la protection des patients

L’une des réactions les plus virulente est celle du virologue Peter Piot, au micro de la RTBF. Il y fait part de son accord avec la décision du gouvernement fédéral considérant qu’il en revient de la responsabilité des professionnel.le.s du secteur des soins. Il ira jusqu’à dire que ne pas être vacciné est « un homicide involontaire ».

De son côté, le quotidien La Libre a relayé les propos, plus nuancés, du vice-premier ministre du gouvernement d’Alexander de Croo, Georges Gilkinet, lors de son passage à l’émission « Il faut qu’on parle » sur DHRadio. Lors de son intervention, il a soutenu l’obligation vaccinale posant l’argument de protéger au mieux les patient.e.s tout en reconnaissant que cette solution n’est qu’une alternative à des problèmes bien plus profonds que sont le « sous-financement chronique des soins de santé et la question de la pénurie d’infirmiers et de médecins. »

L’Avenir.net a repris les propos, plus pédagogiques, du ministre du travail, Pierre-Yves Dermagne qui insiste sur l’importance d’un retour possible en arrière pour les soignant.e.s pas encore vacciné.e.s. En effet, le projet d’avant-loi « laisse un temps de réflexion avec la possibilité d’avoir trois mois de chômage temporaire puis six semaines supplémentaire pour celui qui décide de s’inscrire dans un trajet de vaccination. »

Des syndicats inquiets pour les conditions de travail

Pour les syndicats, cette solution ne suffit pas. Nathalie Lionnet, secrétaire fédérale non-marchand au Setca insiste au micro de Bel RTL sur un échec probable « d’obtenir un taux de vaccination à 100%” grâce à cette obligation. La majorité des travailleurs des soins sont vaccinés. »

Marie-Héléne Ska, secrétaire générale de la CSC, toujours dans l’émission “Il faut qu’on en parle” de la DH Radio, parle d’un « sentiment d’écart entre la volonté affichée […] et la capacité réelle à effectuer cette vaccination. » Elle rappelle l’importance des gestes barrières à propos desquels on sent un fort relâchement général. Selon elle, c’est sur « les mesures de base - à savoir le port du masque, les gestes barrières et la ventilation” qu’il faut appuyer la communication et ainsi sortir d’une “logique de court terme”. » Il est également difficile pour Marie Hélène Ska d’entendre un discours politique qui ne propose aucune « solution concrète pour tenter de résoudre la saturation dans les systèmes de soin. »

Enfin, Sudinfo a publié des chiffres concernant l’absentéisme infirmier qui s’élève entre 10 et 15% dans les hôpitaux. Les raisons sont multiples et liées : les malades du Covid, les burn-out et les démissions. Face au manque de personnel, les professionnel.le.s sur le terrain doivent assumer les tâches de leurs collègues absent.e.s, ce qui crée un surmenage se concluant par des burn-out et des démissions.

Le même journal rendait compte, le 23 novembre 2021, de six démissions au CHC de Liège pour le mois d’octobre.



Commentaires - 1 message
  • Quand on sait que les personnes vaccinées peuvent encore transmettre le virus, on se demande ou il y a encore un minimum d'intelligence chez ceux qui prônent cette obligation, en dépit du bon sens, sans plus aucun respect du personnel soignant et avec l'aggravation de la pénurie de personnel que cela va engendrer... sans même parler des risques liés aux vaccins pour les personnes non à risque de forme grave... Cela ne semble même pas abordé dans votre article (le fait que la vaccination n'empèche pas la transmission..) .... pourquoi?

    isalavieestbelle@yahoo.fr lundi 29 novembre 2021 18:42

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