Mobilisation de la santé : le cri de détresse des professionnels

Mobilisation de la santé : le cri de détresse des professionnels

Environ 2000 personnes (infirmiers, aides-soignants, passants, sympathisants...) se sont mobilisées ce samedi 29 mai à Bruxelles pour dénoncer le sous-financement des soins de santé, fragilisés par la crise sanitaire. La seule manifestation autorisée par les autorités ce jour-là.

De l’avis de certains participants, le secteur entier est littéralement sur les rotules : “On est dans un système où on a l’impression qu’on est devenus des robots à faire du soin", témoigne Mounia, présente dans la foule, à la RTBF. "On est soumis à des directives de rentabilité. Il faut faire plus, plus vite." Un autre manifestant enchaîne : “On n’en peut plus physiquement, et ce, déjà avant la crise du covid qui n’a fait que mettre en évidence des situations déjà présentes avant.”

Des professionnels de santé confrontés à des dilemmes aux quotidien

Adèle Godrie, kinésithérapeute, confie au micro de la RTBF : “Mon rôle en tant que kiné pour l’instant c’est de faire survivre les gens, de les faire tenir plus longtemps au travail ?! Ce n’est pas mon rôle, normalement je suis censée rendre la vie plus belle aux gens et je n’ai pas l’impression de faire ce travail-là. Je dois choisir entre : est-ce que je soigne quelqu’un ou est-ce que je fais de la prévention, (…) est-ce que je me forme moi à mieux soigner ou est-ce que je prends quelqu’un en plus parce que je travaille plus longtemps pour soigner plus de personnes ?”

- Lire aussi : Le bulletin social : "Manifestation pour la santé : et maintenant ?"

Même son de cloche du côté des patients présents à cette nouvelle mobilisation, après celle de septembre dernier : “A un certain moment, j’ai dû passer plusieurs nuits à l’hôpital et l’infirmière de nuit n’arrivait qu’une ou deux fois en huit heures. Pendant ce temps-là, moi je me retrouvais dans ma souffrance et j’étais seule dans ces moments-là.”

Rien n’a changé depuis la manifestation de septembre dernier

Faiza Hirach, présidente du collectif Santé en lutte, liste les raisons de cette persistance : “On n’a pas été entendus, loin de là. Aucune mesure concrète et solide n’a été mise en place. Aujourd’hui, la pénurie en termes de personnel et en termes de moyens est toujours énorme, la population et les travailleurs/euses subissent encore largement le sous-investissement au niveau de la santé et cela devient intenable, il y a énormément de souffrance et d’épuisement dans les équipes...”. Pour le moment, le secteur de la santé attend encore d’être entendu et la pandémie n’a fait qu’accentuer les difficultés rencontrées depuis déjà plusieurs années. “On ne se sent pas entendus, il y a vraiment un épuisement”, conclut une participante.



Commentaires - 1 message
  • bonjour,
    La santé en lutte n'est pas une asbl mais un collectif sans personnalité juridique; et le collectif fonctionne en autogestion et n'a donc pas de représentant.e; nous prenons tour à tour le rôle de contact pour la presse. merci de corriger

    faiza hirach lundi 31 mai 2021 21:03

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